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Changement climatique : Une collaboration «plus judicieuse» entre donateurs pour atteindre l’objectif d’une Afrique résiliente

Changement climatique : Une collaboration «plus judicieuse» entre donateurs pour atteindre l’objectif d’une Afrique résiliente

Organisé en visioconférence en septembre dernier par la Banque africaine de développement (BAD), le Forum mondial de la philanthropie 2020 a réuni nombre d’experts qui ont appelé à une collaboration accrue entre bailleurs de fonds pour faire face à la grave menace que représente le changement climatique pour le développement de l’Afrique. Ils ont soutenu que la crise provoquée par la pandémie de COVID 19 a montré l’urgence de reconstruire des économies plus saines, plus inclusives et plus résilientes.

La rencontre virtuelle, animée par Emily Ojoo-Massawa, déléguée principale du Partenariat mondial pour l’adaptation au changement climatique, a débuté par un appel à l’adoption de moyens durables permettant à l’Afrique de sortir plus fort de la pandémie de COVID-19.
«La voie vers une reprise durable face à la COVID-19 nécessitera des investissements qui s’attaquent simultanément à la pandémie elle-même et aux risques avérés en matière de changement climatique, tout en offrant des avantages indirects attractifs», a déclaré Al Hamdou Dorsouma, directeur chargé de la lutte contre le changement climatique et de la croissance verte à la Banque.
«L’heure est aujourd’hui à l’adaptation. Il est intéressant de noter que nous recevons l’attention d’organisations philanthropiques, du secteur privé et d’investisseurs non traditionnels qui souhaitent investir dans le but d’exploiter les nouvelles opportunités qui se présentent dans le domaine de l’adaptation au changement climatique», s’est réjoui Arame Tall, spécialiste de l’adaptation et de la résilience au Groupe de la lutte contre le changement climatique de la Banque mondiale. «Nous avons besoin que les ministères des Finances participent à une définition des opportunités d’investissement en faveur de l’adaptation dans les pays afin de pouvoir mieux exploiter ces opportunités, notamment en ce qui concerne des objectifs clairs en termes d’investissements et de plans sectoriels», a-t-il ajouté.
Avec moins de 2 % des financements consacrés à la lutte contre le changement climatique, les bailleurs de fonds sont confrontés à un obstacle majeur. La solution: collaborer davantage et de manière plus judicieuse pour pouvoir atteindre des objectifs ambitieux et s’assurer l’appui de tous les secteurs, ont noté les participants qui ont attiré l’attention de l’humanité sur les difficultés sans précédent posées par la pandémie de COVID 19.
Pour Atsuko Toda, directrice chargée du Financement agricole et du développement des infrastructures rurales à la BAD, «la collaboration est importante pour jeter des bases solides permettant de déboucher sur un avenir plus vert dans l’après-COVID 19.» Aussi a-t-elle a appelé à un changement radical dans les modes de financement en faveur de l’adaptation au changement climatique, en mettant en avant la volonté affichée par la Banque de collaborer avec ses partenaires pour accélérer le processus d’adaptation de l’Afrique.
En octobre 2018, le Conseil d’administration de la Banque a approuvé un plan cadre pour la mise en œuvre du Programme de financement des risques de catastrophes en Afrique (ADRiFi). Celui-ci offre aux pays africains la possibilité de mettre en commun leurs ressources et de transférer leurs risques liés au changement climatique en s’acquittant d’une prime d’assurance souveraine. «Le paiement est effectué immédiatement après une catastrophe», a précisé Atsuko Toda.
La Banque s’est associée à une société d’assurance, la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC), pour garantir la mise en œuvre de l’ADRiFi.

Il y a urgence à reconstruire des économies plus saines

La crise provoquée par la pandémie de COVID 19 a montré l’urgence de reconstruire des économies plus saines, plus inclusives et plus résilientes, ont déclaré les participants.
Le directeur exécutif de l’ARC, Lesley Ndlovu, a souligné la nécessité pour les pays d’anticiper leur exposition aux risques et de renforcer leur résilience. «Au sein de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques, nous collaborons avec les pays pour les préparer à l’exposition aux risques auxquels ils sont confrontés et nous les aidons à se préparer à réagir, notamment en les aidant à créer un fonds de prévoyance. Nous avons également établi un partenariat avec la Banque africaine de développement pour le Programme de financement des risques de catastrophe en Afrique et pour différents autres outils de financement…Nous avons besoin de collaborations plus larges pour surmonter le problème auquel est confronté notre continent. Ce problème étant si vaste, nous avons tous un rôle à jouer», a-t-il déclaré.
Selon la BAD, l’Afrique compte parmi les régions du monde les plus vulnérables au changement climatique, et son coût économique est élevé: jusqu’à 15 milliards de dollars américains en 2020, et il pourrait atteindre 50 milliards de dollars d’ici à 2040, ce qui est équivalent à 7 % du PIB du continent.
Al Hamdou Doursouma a souligné que la Banque mobiliserait 25 milliards de dollars entre 2020 et 2025 pour soutenir les investissements dans la lutte contre le changement climatique.
En 2019, la BAD a donné la priorité au financement de l’adaptation au changement climatique, 55 % de son financement axé sur le changement climatique étant investi dans des mesures d’adaptation. Le financement de la Banque en faveur de l’adaptation est passé de 500 millions de dollars en 2012, à deux milliards de dollars en 2019, soit un montant cumulé de 18,6 milliards de dollars pour cette période.
Pour mémoire, lors d’une session intitulée: «Les économies vertes inclusives: exploiter les opportunités et les solutions innovantes en faveur des investissements dans un développement résilient au changement climatique en Afrique», les participants avaient souligné le rôle essentiel joué par les approches innovantes dans la mobilisation des ressources financières en faveur de l’adaptation au changement climatique sur le continent.

Viclaire MALONGA

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Heure de Brazzaville

25 novembre 2020 2 h 35 min

Editorial

Protestants en marche

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