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CENTRAFRIQUE : Appel des évêques pour un changement structurel de la société

CENTRAFRIQUE : Appel des évêques pour un changement structurel de la société

Dans un message rendu public le dimanche 26 juillet 2020, la Conférence épiscopale centrafricaine souhaite une libération sociale, économique, politique et religieuse du pays. Le message des évêques centrafricains s’articule autour de deux axes : la lutte contre le coronavirus et l’organisation des prochaines élections.

Au sujet du Coronavirus, les évêques déplorent l’insuffisance de structures adéquates de prise en charge des malades les plus graves et se font l’écho des plaintes du personnel de la Santé et des malades qui sont laissés à eux-mêmes. «A quand les mesures d’accompagnement?», s’interrogent-t-ils, tout en rappelant qu’actuellement, la reprise des activités au niveau des églises et des écoles tant à Bangui qu’en provinces demeure encore timide parce que l’avenir sanitaire est incertain. Pour ce faire, la Conférence épiscopale appelle la population à multiplier les actes de solidarité envers les victimes de coronavirus et les personnes vulnérables.
Toujours au sujet du Coronavirus, les évêques centrafricains dénoncent «les marchands de la peur» qui sèment la panique en privilégiant, aux dépens de la population, leur sens des affaires. «Ils profitent de cette pandémie pour s’enrichir. Ils n’hésitent pas à transformer leurs garages en fabriques de cache-nez pour répondre dans le délai aux commandes. La fabrication des masques doit être en conformité avec les directives du ministère de la santé», indiquent-ils, tout en rappelant que la pandémie du coronavirus ne doit pas faire oublier les autres pathologies telles que le VIH/Sida, le paludisme, le diabète, la tuberculose et la rougeole notamment.
Pour ce qui est des élections, les évêques relèvent le fait que le pays continue à être confronté à un sérieux problème d’insécurité qui suscite des incertitudes et des questionnements quant à la tenue des élections d’ici fin décembre 2020. «Il y a un réel problème de libre circulation des armes de tous calibres qui entrave la libre circulation des biens et des personnes. Le processus du DDRR aurait dû gagner en régime en vue de mettre fin à toutes les détentions illégales d’armes dans notre pays. En effet, pour que la population centrafricaine vive en paix, le désarmement et la suppression des groupes armés devraient revêtir en principe un caractère prioritaire à tous les niveaux», écrivent-ils dans leur message. En outre, ils font état des soupçons de faux documents et de dysfonctionnement qui pèsent sur la phase en cours d’enrôlement des électeurs et qui devraient être clarifiées par l’Autorité nationale des élections (ANE). Par ailleurs, les évêques estiment que la prise en charge effective des honoraires de prestations des agents recenseurs apaiserait les mécontentements, les plaintes et les découragements. «Comment expliquer le manque de mobilisation, la démotivation de la population à s’inscrire sur la liste électorale et la faible participation des femmes?», s’interrogent-ils?
Les évêques expriment également leurs préoccupations quant à l’organisation des prochaines élections au regard des difficultés liées au temps matériel défini dans le calendrier électoral et de nombreux défis à relever notamment la situation sécuritaire actuelle qui reste volatile. «Certaines zones sont toujours sous contrôle des bandes armées. Tous les candidats pourront-ils circuler librement dans leur circonscription pendant la campagne électorale? Les électeurs exprimeront-ils librement leur suffrage? Par rapport à la dégradation avancée des routes, les matériels électoraux seront-ils acheminés à temps dans les zones les plus reculées? L’ANE arrivera-t-elle à couvrir toute l’étendue du territoire national dans le délai imparti?», relèvent-ils.
Face à cette situation, la Conférence épiscopale en appelle à une concertation des forces vives de la nation, dans un processus encadré par la loi et qui favoriserait la participation citoyenne. «Pour les élections à venir, la concertation en vue d’un consensus apparaît comme un facteur nécessaire de réussite et de cohésion sociale. Elle permettrait de poursuivre le processus électoral, de reconstruire la confiance entre les principales parties prenantes, de tisser un lien fort de partenariat et de complémentarité entre tous», indiquent les évêques.
En conclusion, la Conférence épiscopale centrafricaine en appelle à une mobilisation générale pour lutter plus efficacement contre la pandémie du coronavirus et à la création des conditions nécessaires pour l’exercice des droits civiques, politiques et pour une meilleure adhésion de tout le peuple centrafricain à un processus électoral démocratique. «Travaillons ensemble aux changements structurels de notre société pour notre libération sociale, économique, politique et religieuse et pour construire le Centrafrique nouveau voulu par Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur», concluent les évêques.

Gislain Wilfrid
BOUMBA

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Heure de Brazzaville

28 janvier 2021 12 h 45 min

Editorial

Des élections en Afrique Centrale

En Centrafrique, la victoire du Président Faustin Archange Touadéra a été confirmée par la Cour Constitutionnelle. Avec un peu plus de 53% de voix, mais sur seulement 35% des ayants-droit au vote, cette victoire a été entérinée par la communauté internationale. Certains des opposants -une première en Afrique Centrale – se sont même inclinés devant le vainqueur.

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