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ARCHIDIOCESE D’OWANDO : Le nonce apostolique a imposé le pallium à l’archevêque d’Owando

ARCHIDIOCESE D’OWANDO : Le nonce apostolique a imposé le pallium à l’archevêque d’Owando

Elevé à la dignité d’archevêque métropolitain le 30 mai dernier par le Pape François, Mgr Victor Abagna Mossa a reçu son pallium dimanche 9 août dernier, 19e dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique A, des mains de Mgr Francisco Escalante Molina, nonce apostolique au Congo et au Gabon. La messe de l’imposition du pallium au tout premier archevêque métropolitain d’Owando a eu pour cadre la place mariale de la cathédrale Christ-Roi, près du parvis de l’archevêché. C’était une grande fête avec chants, danses et le rituel du repas qui clôture ces moments importants.

Il est 10 h 30 lorsque les enfants de chœur avec tout le clergé et tout l’épiscopat en procession d’entrée partis de l’archevêché, atteignent la place mariale, aux sons des chorales Saint Achille de Makoua, Sainte Thérèse de Kangini et Notre-Dame des Victoires d’Owando, toutes trois jumelées portant l’uniforme en pagne. Le pallium est porté par un diacre permanent et le nouvel archevêque est encadré par deux prêtres. C’est Mgr Francisco Escalante Molina qui a présidé le rite d’entrée, avant qu’il ne cède la place au nouvel archevêque pour la suite de la messe.
Les grands temps forts qui ont marqué cette célébration sont: la motivation du Saint-Père sur l’érection de la province ecclésiastique du Nord, par l’abbé Guy Noël Okamba; la lecture du mandat apostolique par l’abbé Kani, chancelier de l’archevêque d’Owando; l’imposition du pallium par le nonce apostolique; l’homélie de Mgr Victor Abagna Mossa et le mot d’accueil de la Conférence épiscopale du Congo. L’abbé Guy Noël Okamba a expliqué au peuple de Dieu la quintessence de cette cérémonie en trois volets: l’érection de la province ecclésiastique du Nord, l’imposition du pallium par le nonce apostolique qui a reçu mission du Pape François, le rôle et la mission d’un archevêque métropolitain (sa charge dans la province ecclésiastique, ses limites et où il doit porter son pallium selon le droit canonique).
Puis, l’abbé Kani a fait la lecture de la Bulle papale qui nomme Mgr Victor Abagna Mossa, archevêque métropolitain d’Owando et érige la province ecclésiastique du Nord.
Le cérémoniaire a invité le nouvel archevêque à s’agenouiller devant le nonce apostolique pour professer sa foi en jurant fidélité à l’Eglise catholique. L’imposition du pallium par le nonce apostolique terminée, la messe s’est poursuivie normalement. Elle a été concélébrée par NN.SS Daniel Mizonzo, évêque de Nkayi et président de la Conférence épiscopale du Congo (CEC); Miguel Angel Olaverri, archevêque métropolitain nommé de Pointe-Noire et de la province ecclésiastique du Sud; Bienvenu Manamika Bafouakouahou, archevêque coadjuteur de Brazzaville et administrateur apostolique de Dolisie; Yves Marie Monot, évêque de Ouesso; Urbain Ngassongo, évêque de Gamboma; Daniel Franck Nzika, évêque d’Impfondo; Ildevert Mathurin Mouanga, évêque de Kinkala et Louis Portella Mbuyu, évêque émérite de Kinkala.
De nombreux prêtres venus de tous les diocèses ont témoigné de leur affection et de la solidarité pastorale au nouvel archevêque. Les abbés Brice Armand Ibombo et Guy Noël Okamba, respectivement secrétaire général de la CEC et recteur du grand séminaire de philosophie Mgr Georges Firmin Singha, ainsi que le père Pascal Taty, vicaire épiscopal de Brazzaville, chargé de la pastorale générale, à compter du 1er septembre 2020, représentant Mgr Anatole Milandou, archevêque métropolitain de Brazzaville en mission, y étaient présents.
Cérémonie émouvante malgré la pandémie de la COVID-19 et les mesures barrières respectées avec le port obligatoire du masque. Les chrétiens étaient venus de Boundji, Makoua, Kellé, Ewo, Loukolela, Mbomo, Mbama et des villages environnants pour vivre cet événement qui marque la consécration d’un fils du terroir qui porte pour la première fois dans l’histoire de ce diocèse le pallium qui fait de lui un archevêque métropolitain.
Les délégations parties de Brazzaville en véhicule, notamment les journalistes de La Semaine Africaine ont bravé les vicissitudes de la route nationale n°2 en état de délabrement, surtout dans le tronçon Etsouali-Ngo, contraintes à des escales dans divers postes de santé installés le long de la route nationale, postes de police et brigades de Gendarmerie, COVID-19 oblige, pour un contrôle de température à l’aide de thermo flash. Des invités de marque ont fait le déplacement d’Owando: le vice-premier ministre, Firmin Ayessa, le ministre du Tourisme et de l’environnement, Arlette Soudan Nonault, le préfet du département de la Cuvette, Jean-Christophe Tchycaya, des sous-préfets d’Owando et d’Oyo, ainsi que des parlementaires de haut rang.
Au cours de son homélie, Mgr Victor Abagna Mossa s’est interrogé: «Qui suis-je pour que les personnes viennent me voir au bord de la rivière Kouyou? Les personnes allaient être très nombreuses, si ce petit machin, cet être invisible, le coronavirus ne nous était pas imposé dans notre pays. Le pallium est mon union avec Pierre qui est à Rome. Que l’érection des provinces ecclésiastiques ne nous sépare pas. Les problèmes qui s’opposent à l’Eglise du Congo demeurent, mais l’érection des provinces ecclésiastiques est une bonne chose pour mieux évangéliser».
Des dons ont été apportés par les religieuses, les mouvements d’apostolat pendant le chant d’action de grâces, question de soutenir le nouvel archevêque dans sa lourde charge. L’Amicale des Salvadoriens (Association des anciens élèves du Lycée Salvador Allendé de Makoua) est venu pour Ya Vicky, son petit sobriquet d’enfance du temps où il électrisait les foules au stade du séminaire Saint Pie X de Makoua par son talent de footballeur.
Vers la fin de la messe, le nonce apostolique a rappelé: «il revient à la province ecclésiastique d’approfondir les questions pastorales dans l’intérêt commun dans les domaines de la catéchèse, des sacrements, de la liturgie; à rassembler divers services diocésains à un niveau plus pratique, en priorité les tribunaux ecclésiastiques, ces structures plus restreintes comme Caritas, la pastorale de la famille, justice et paix, la formation permanente des prêtres, des séminaristes, des laïcs et des mouvements d’apostolat, ainsi que la catéchèse. Il favorisera également l’autorisation, le développement de la même langue liturgique, le lingala déjà reconnu comme langue liturgique dans cette partie septentrionale». A la question de savoir pourquoi le Saint-Père a créé deux nouveaux archidiocèses au Congo, le nonce apostolique a indiqué que cette restructuration de l’Eglise au Congo n’est pas le résultat des calculs humains, de régionalisme ou de tribalisme, l’unique motivation, c’est la pastorale des fidèles. La raison ultime et fondamentale de tout ce que l’Eglise fait, c’est le salut humain, la loi suprême de l’Eglise et le salut des hommes. Ces principes doivent être présents dans la promulgation et dans l’application des droits canoniques. Ce sont donc ces principes qui ont motivé le Saint-Père à créer ces deux archidiocèses». Aussi, a-t-il renchéri «permettez-moi aussi, de vous informer que le 23 août prochain, nous aurons une célébration pareille à Pointe-Noire pour imposer le pallium à Mgr Miguel Angel Olaverri, nouvel archevêque de Pointe-Noire et de la province ecclésiastique du Sud. Rendons grâce à Dieu pour ses bienfaits en terre congolaise et prions pour le Pape François qui nous a fait cette année, le don des évêques d’Impfondo et Kinkala, don de l’archevêque coadjuteur de Brazzaville, et dans quelques mois aussi, les nouveaux évêques de Ouesso et Dolisie. Merci à Mgr l’archevêque d’Owando pour son hospitalité, merci à tous les évêques du Congo pour leur présence fraternelle, expression de leur communion. C’est la joie d’Owando, mais c’est avant tout un événement de l’Eglise du Congo, donc de la Conférence épiscopale du Congo», a affirmé le nonce apostolique.
Mgr Daniel Mizonzo a commenté l’article de l’abbé Lys Mokoko, prêtre du diocèse de Ouesso paru dans La Semaine Africaine n°3977 du mardi 23 juin 2020, intitulé: «Erection des provinces ecclésiastiques au Congo Brazzaville: Défis et perspectives pour une évangélisation plus efficace et agissante» et a invité toute personne à le lire.
En rappel, c’est le 30 mai 2020 que le Pape François a nommé deux nouveaux archevêques et érigé deux nouvelles provinces ecclésiastiques: Pointe-Noire et Owando. La nomination de ces deux nouveaux archevêques et l’érection de deux nouvelles provinces ecclésiastiques font suite aux nombreuses sollicitations des évêques du Congo auprès du Saint-Père pour une pastorale de proximité plus structurée en faveur des fidèles laïcs.

Pascal BIOZI KIMINOU (De retour d’Owando)

Qui est le nouvel archevêque d’Owando?
Né le 18 juin 1948, Mgr Victor Abagna Mossa a été nommé évêque résidentiel d’Owando le 11 février 2011 par le Pape Benoît XVI. Il a reçu l’ordination épiscopale des mains du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa (République Démocratique du Congo) le 26 mars 2011 au stade Félix Eboué à Brazzaville, avec pour parole de vie «Me voici, Seigneur Jésus, chez moi, chez les miens, appelé par vous, ici, à être le père, l’enseignant». Sa prise de possession canonique du siège diocésain d’Owando a eu lieu le dimanche 3 avril 2011 par Mgr Anatole Milandou, archevêque métropolitain de Brazzaville, à la place mariale de la cathédrale Christ-Roi.
Pour la petite histoire, le vicariat apostolique du Haut-Congo français a été érigé le 14 octobre 1890, par la division du vicariat du Congo français, modifié sous le nom de l’Oubangui, le 15 janvier 1894. Il est divisé sous le nom du Moyen-Congo le 8 mai 1909 (préfecture de l’Oubangui-Chari). Il prend le nom de Brazzaville le 21 juin 1922. Il est divisé le 21 décembre 1950 (vicariat de Fort-Rousset) qui devient diocèse d’Owando le 14 septembre 1955, date de l’érection de l’archidiocèse de Brazzaville. Les évêques qui ont œuvré dans ce diocèse sont: Mgr Emile Verhille (1955-1968), Mgr Benoît Gassongo (1968-1970), Mgr Georges Firmin Singha (1970-1988), Mgr Ernest Kombo (1988-2008), Mgr Louis Portella Mbuyu, administrateur apostolique (2008-2011) suite à la mort de Mgr Kombo, Mgr Victor Abagna Mossa, depuis 2011.

Qu’est-ce qu’un archevêque métropolitain?
Les évêques des sièges métropolitains portent le titre d’archevêque. L’insigne propre à leur fonction est le pallium, bande de laine que leur remet le Pape et qu’ils portent au cou sur leurs chasubles, leurs vêtements liturgiques. Le chef-lieu de la province porte le nom de métropole. C’est pourquoi, à la tête de chaque province ecclésiastique est placé un archevêque métropolitain. Le diocèse dont l’évêque est un métropolitain porte le nom d’archidiocèse.

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Heure de Brazzaville

24 septembre 2020, 07: 47

Editorial

MUTATIONS?

Ni les quatre ans passés depuis les dernières élections, ni la période de confinement que nous venons de subir ne semblent avoir prise sur nous. Oui, nous nous plaignons bien des gênes occasionnées par les masques contre la COVID-19, dénonçons l’inutilité du couvre-feu nocturne, donnant à voir l’impossibilité à maintenir une distanciation dans les marchés, les guichets et les quartiers. Mais dans la réalité, l’impact profond que nous étions en droit d’attendre d’un tel chambardement du monde a du mal à se dessiner.

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