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80 ANS DU MANIFESTE DE BRAZZAVILLE : Denis Sassou-Nguesso demande que l’Afrique soit associée aux décisions de la planète

80 ANS DU MANIFESTE DE BRAZZAVILLE : Denis Sassou-Nguesso demande que l’Afrique soit associée aux décisions de la planète

La capitale du Congo, Brazzaville, a abrité du 27 au 28 octobre dernier un colloque international pour le 80e anniversaire du Manifeste de Brazzaville, Appel du général De Gaulle à la résistance contre l’Allemagne nazie pendant la Seconde guerre mondiale. Placées sous le thème: «De Gaulle et Brazzaville, une mémoire partagée entre la France, le Congo et l’Afrique», les festivités ont été patronnées par le Président Denis Sassou-Nguesso. Plusieurs Chefs d’Etat y ont pris part: le Président Idriss Deby Itno du Tchad; Félix Antoine Tshisekedi de la République Démocratique du Congo; Faustin Archange Touadera, de la République centrafricaine; Joseph Dion Ngute, Premier ministre camerounais; Rose Christian Ossouka, Premier ministre du Gabon; Jean Yves le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères; Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), etc.

Le maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, a estimé que ce colloque offrait l’occasion de revisiter une page importante de l’histoire et de réaffirmer les liens séculaires d’amitié et de coopération qui ont toujours caractérisé la France et les pays de l’Afrique équatoriale française.

Jean Yves le Drian

Le président de la Fondation Charles de Gaulle, Hervé Gaymard, a rappelé que la France libre fut africaine. «C’est parce que le sang versé était multicolore qu’il fut tricolore. Brazzaville, c’est la capitale de la France libre. C’est ici le début de la longue construction de l’Etat. C’est ici qu’est créé le Conseil de défense de l’Empire, esquisse du futur Gouvernement provisoire de la République française. C’est ici qu’est créé l’Ordre de la libération; c’est ici que Radio Brazzaville a permis à la France libre de s’exprimer en toute liberté à destination de l’Afrique, puis au monde entier à partir de juin 1943; c’est ici à Brazzaville que le général De Gaulle a opéré sa mue de chef de guerre en chef d’Etat. Brazzaville fut le refuge de la souveraineté de la France et la plaque tournante dans la géographie des résistances qui s’organisaient en Afrique par la force de son exemple, elle en devient l’un des premiers lieux symboliques, accompagnant le ralliement des autres territoires dans le combat historique qui allait amener à la libération de la France occupée et à la victoire sur la barbarie nazie. Brazzaville scande le destin mêlé de l’Afrique et de la France à trois reprises: 1940, 1944 et 1958», a-t-il déclaré.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a rappelé l’importance de la ville de Brazzaville dans l’histoire de la France Libre. «Brazzaville, à mes yeux, mérite une place pleine et entière parmi les lieux de mémoire qui comptent pour la France. Car, s’il est une ville d’Afrique où s’est joué le sort de mon pays, une ville d’Afrique à laquelle nous devrons continuer à écrire notre histoire contre l’adversité, c’est bien celle-ci», a-t-il affirmé.
Pour Jean Yves Le Drian, il est important de travailler à la reconstruction de cette mémoire partagée: «Il nous faut faire bloc ensemble. C’est ça aussi l’esprit du manifeste de Brazzaville».
Quatre-vingt ans après le manifeste de Brazzaville, le combat pour la liberté reste d’actualité, a dit Félix Antoine Tshisekedi. Face au terrorisme aveugle auquel est confronté son pays à l’Est, le président de la RDC a appelé à la solidarité et à la conjugaison des efforts pour éradiquer ce fléau du siècle. «L’avenir de nos enfants est à ce prix», a-t-il souligné.
Pour le président Faustin Archange Touadera, l’unité africaine ne peut se réaliser que si les dirigeants africains font preuve de solidarité et de coopération sincères dans la recherche des solutions aux maux qui minent le continent.

Félix Antoine Tshisekedi

Il a plaidé pour une levée totale de l’embargo sur les armes, décrété par le Conseil de sécurité des Nations Unies, privant ainsi son pays d’un outil de défense.
Le président Idriss Deby Itno a estimé que la route des temps nouveaux, «c’est la paix, la sécurité et la stabilité qui doivent être notre préoccupation de tous les instants». Il a insisté sur la question du terrorisme, notamment dans le Sahel qui, selon lui, est un défi majeur. «Il est donc urgent de mettre l’accent sur la conjugaison des moyens entre nos Etats et la France», a expliqué le président tchadien qui a réitéré l’engagement de son pays à s’investir pour éradiquer le terrorisme. «C’est une guerre qu’il faut mener. Car il s’agit de l’avenir de nos pays et de nos peuples», a-t-il assuré.
Idriss Deby Itno a également évoqué la pauvreté qui alimente le terrorisme. «C’est pourquoi, nous devons dans le cadre de notre partenariat inscrire la question du terrorisme au premier plan», a-t-il suggéré.
A la faveur de ce colloque, le président tchadien a manifesté son indignation de voir qu’aucune stèle mémorielle des soldats africains tombés sur le champ de bataille pour la libération de la France n’est érigée en France. «Cet effort doit être reconnu et inscrit dans les programmes d’histoire. C’est aussi cela l’exigence de la mémoire partagée».
Prenant la parole, le Chef de l’Etat Denis Sassou-Nguesso a revendiqué une pleine reconnaissance du rôle de l’Afrique dans la libération du monde des vices du nazisme. Il a réclamé une «participation africaine à la prise des décisions planétaires avec droit de veto», notamment au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies.
«L’Afrique ne peut continuellement s’accommoder d’être marginalisée dans les cercles où se décide l’avenir du monde. Les pays africains doivent être entendus y compris au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies où les anciens alliés de la Seconde guerre mondiale qui ont toujours voix au chapitre devraient leur faire de la place en tant que membres permanents à part entière avec droit de veto», a-t-il déclaré.
Le Chef de l’Etat congolais appelle à une transformation de la perception de l’Afrique, et à une restauration de son histoire. «L’Afrique ne peut indéfiniment présenter aux yeux du monde toujours affublée du masque hideux de l’arriération et de la misère», a-t-il protesté.
Un film retraçant le rôle des troupes africaines dans la libération de la France sous emprise allemande au cours de la seconde guerre mondiale a été projeté. S’en est suivie la leçon inaugurale par le professeur Abraham Constant Ndinga Mbo, sous le thème: «Le général De Gaulle et Brazzaville». Différents thèmes ont été développés au cours de ce colloque.

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A propos de l'auteur

Heure de Brazzaville

2 décembre 2020 12 h 59 min

Editorial

Système

Il n’y a pas idée plus répandue dans l’opinion que celle d’ériger en système les pratiques les plus généralement décriées dans la société. Vous parlez de corruption, de passe-droit, de détournement, d’impunité, de faible engagement à contrer les anti-valeurs, de comportements arrogants et insouciants devant le bien public ? On vous présente «le système» comme bouclier et justification à tout. C’est le système !

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