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49e Assemblée plénière de la Conférence épiscopale du Congo : Une réflexion approfondie sur la vocation et la formation sacerdotale 

49e Assemblée plénière de la Conférence épiscopale du Congo : Une réflexion approfondie sur la vocation et la formation sacerdotale 

Les évêques du Congo ont tenu leur 49e Assemblée plénière du 12 au 18 octobre 2020 au Centre interdiocésain des Œuvres (CIO), à Brazzaville, pour réfléchir sur la vocation et la formation sacerdotale. Comme thème principal, avec un sous-thème, «Venez à ma suite, je ferai de vous les pêcheurs d’hommes» (Marc 1, 17).

Les travaux se sont déroulés sous les auspices de Mgr Daniel Mizonzo, évêque de Nkayi, président de la Conférence épiscopale du Congo (CEC). Tous les évêques y ont pris part: NN.SS Victor Abagna Mossa, archevêque métropolitain d’Owando, vice-président de la CEC; Anatole Milandou, archevêque métropolitain de Brazzaville; Miguel Angel Olaverri, archevêque métropolitain de Pointe-Noire; Bienvenu Manamika Bafouakouahou, archevêque coadjuteur de Brazzaville, administrateur apostolique de Dolisie; Yves Marie Monot, évêque de Ouesso; Urbain Ngassongo, évêque de Gamboma; Daniel Franck Nzika, évêque d’Impfondo; Ildevert Mathurin Mouanga, évêque de Kinkala; Louis Portella Mbuyu, évêque émérite de Kinkala. Les abbés Armand Brice Ibombo, secrétaire général de la CEC; Lambert Kionga, secrétaire général adjoint, gestionnaire de la CEC; Antonio Mabiala, secrétaire général de l’Association des Conférences épiscopales de la région de l’Afrique centrale (ACERAC); les recteurs des séminaires ont pris part aux travaux: les abbés Barthel Christel Ganao du Grand séminaire de théologie Cardinal Emile Biayenda et Christophe Maboungou du Grand séminaire de philosophie Mgr Georges Firmin Singha. Ainsi que des vicaires généraux, des religieuses, des membres des commissions épiscopales, du bureau du CNALC et des mouvements d’apostolat nationaux.
La conférence inaugurale a été donnée par Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, archevêque coadjuteur de Brazzaville, chargé des séminaires, sur le thème: «L’Eglise et la formation des futurs prêtres: enjeux et défis». Il ressort de cette conférence, la nécessité de faire que l’Eglise de demain soit véritablement une Eglise qui prêche la Parole de Dieu ou règne l’amour et non les intrigues. Cette conférence inaugurale a été approfondie et enrichie par une série de communications faites par des éminents orateurs.
Les communications ont été faites comme prévu dans le programme. La modération de toutes les communications a été faite par l’abbé Alain Loemba Makosso, vicaire général de Pointe-Noire.
La «Vocation et la formation dans les Ecritures Saintes» a été le thème abordé par l’abbé Jean Gilbert Mavoungou qui a fait un bref aperçu sur l’historique de la Bible, afin de mieux comprendre le sacerdoce de Jésus dans le Nouveau Testament dans l’épitre aux hébreux 7, 24. Dieu attend une réponse de l’homme, en toute liberté. Cette réponse est tantôt spontanée, tantôt hésitante, teintée de doute et de complexe d’infériorité par rapport aux exigences et à la grandeur de la mission, pouvant susciter peur et tentative de dérobade.
L’abbé Edouard Mougnelet a développé le sous-thème de «lLa Vocation et la formation, selon le Magistère de l’Eglise pour une lecture comparée de Pastores Dabo vobis et Optatam Totius». Il s’agit de susciter les vocations sacerdotales et assurer leur formation. Ce sont là des tâches permanentes que l’Eglise doit prendre avec beaucoup de sérieux. Le préambule du décret Conciliaire Optatam Totius dit expressément «le renouveau de l’Eglise entière, souhaité par tous, dépend pour la grande part, du ministère des prêtres, animé par Jésus-Christ», a rappelé l’abbé Edouard Mougnelet.
L’abbé Alexis Tobangui, curé de la paroisse Saint Jean-Baptiste de Talangaï, s’est appesanti sur la «vocation sacerdotale aujourd’hui, dans le monde et au Congo: aspect sociologique». Il a articulé sa communication sur l’évolution de la perception de la vocation dans l’histoire sociale de l’Eglise catholique. En Afrique, à l’occasion de la publication de l’Annuaire statistique du Saint-Siège, le nombre de prêtres dans l’Eglise catholique a augmenté de 80%, comme celui des religieuses de 60% et celui des séminaristes a quadruplé. Il s’agit de servir Dieu et le Christ, sauver les âmes, mais des personnes pensent que la vocation en Afrique serait un moyen d’ascension ou de promotion sociale. L’abbé Tobangui à illustré ses propos, en prenant appui sur l’ouvrage du cardinal Joseph Malula, archevêque de Kinshasa en RDC, d’illustre mémoire, publié en juin 1987, intitulé: «Les Eglises chrétiennes et la politique du ventre: Le partage du gâteau ecclésial, dressait un portrait critique des jeunes prêtres de son pays». Le cardinal Malula déplorait trois grandes tendances de la nouvelle génération sacerdotale: la recherche exagérée de l’argent, la vie facile, la soif du pouvoir. Ces critiques sont encore d’actualité dans nos diocèses du Congo.
La sœur Rolande Solange Milandou Niakissa de la Congrégation Franciscaine missionnaire de Marie a parlé de la «Vocation et de l’affectivité». En effet, le Seigneur appelle chaque baptisé avec tout son passé. Il appartient à celui qui a été appelé d’accueillir Dieu chez lui pour qu’il purifie les zones d’ombre de son histoire, pour que ce qui était nuit devienne lumière. Ainsi l’affectivité pourra devenir un outil puissant qui permet à celui qui a été appelé d’entrer dans une relation de don de soi à Dieu et à l’autre.
M. Côme Chancel Likouka, secrétaire national de la jeunesse a parlé de la «Jeunesse et la vocation». Illustrant son propos, il s’est appuyé sur les conclusions de la 34e Assemblée plénière des évêques du Congo tenu en 2006 sur le thème «La formation des prêtres dans nos séminaires», ainsi que sur l’exhortation apostolique post-synodale Christus Vivit du Pape François. Il est plus que nécessaire d’aider les jeunes à discerner leur vocation. Cela se passe par l’engagement pour reconnaître sa propre vocation, requérir des espaces de prière, de solitude, de questionnement et de silence.
«La Famille et la vocation» a été développé par le frère Jonas Kitelemono, secrétaire général du Conseil national pour l’apostolat des laïcs du Congo (CNALC). Il s’est appuyé sur les textes bibliques de Genèse 1, 27; 1, 28. Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance, homme et femme il les créa. Dieu les a créés deux personnes de sexes différents pour rendre possible la procréation et perpétuer l’espèce. La famille qui est l’ensemble de ceux qui vivent sous le même toit est la cellule de base de la société. La famille est le berceau, le lieu de naissance des premières initiations à la vie consacrée.
Les sœurs Ursule Tsimambakidi et Hortense Thècle Nsimba de la congrégation des sœurs Servantes de Cana ont parlé de «la pastorale des vocations aujourd’hui». Une bonne pastorale des vocations garantit la qualité des ouvriers apostoliques dans la vigne du Seigneur qui est une étape déterminante dans le processus de la formation sacerdotale.
L’abbé Guy Noël Okamba, recteur sortant du Grand séminaire de philosophie Mgr Georges Firmin Singha, a défini la thématique des Provinces ecclésiastiques au Congo. Il a fait la genèse sur l’histoire de l’Eglise du Congo, partant de 1883, année de l’arrivée des premiers missionnaires spiritains qui fondent le vicariat apostolique du Congo français et qui connaîtra plusieurs modifications avec la création du vicariat apostolique du Moyen Congo qui donna naissance au vicariat apostolique de Brazzaville (Linzolo), Loango (Pointe-Noire) et Fort-Rousset (Owando). De trois diocèses, on est passé à neuf avec trois archidiocèses, ainsi qu’à la création des Provinces ecclésiastiques. Province ecclésiastique du centre: Archidiocèse de Brazzaville, Gamboma et Kinkala comme diocèses suffragants; Province ecclésiastique du Sud-Ouest: Archidiocèse de Pointe-Noire, Dolisie et Nkayi comme diocèses suffragants; Province ecclésiastique du Nord: Archidiocèse d’Owando, Ouesso et Impfondo comme diocèses suffragants. Il a émis quelques suggestions reparties sur trois volets. D’abord, la Pastorale: il faudrait analyser, évaluer et trouver des modes spécifiques d’action en réorganisant la catéchèse et la liturgie au niveau provincial. Ensuite, le développement: créer des moyens de survie et ceux liés à l’affectivité dans l’annonce de l’évangile. Se doter d’un centre hospitalier ou d’une clinique de référence. Aussi, les écoles constituent-elles une bonne chose mais il faut rêver de lycées de référence et d’une université catholique. Enfin, la Formation: former, éduquer c’est soutenir le développement. Il faut bien former les prêtres, les religieuses, les catéchistes et autres laïcs dans tous les domaines de la vie.
A la fin des différentes communications, Mgr Daniel Mizonzo a indiqué que ces exposés ont été riches en contenu. Il faut mettre l’accent sur la formation humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale pour avoir de vrais prêtres qui soient à la dimension et à la hauteur de ce que l’Eglise veut. Mais avant tout, un travail d’écoute et de discernement doit se faire dans les paroisses en mettant en place une commission de suivi des séminaristes élargi aux laïcs (Conseils pastoraux paroissiaux).

Pascal
BIOZI KIMINOU

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A propos de l'auteur

Heure de Brazzaville

2 décembre 2020 13 h 39 min

Editorial

Système

Il n’y a pas idée plus répandue dans l’opinion que celle d’ériger en système les pratiques les plus généralement décriées dans la société. Vous parlez de corruption, de passe-droit, de détournement, d’impunité, de faible engagement à contrer les anti-valeurs, de comportements arrogants et insouciants devant le bien public ? On vous présente «le système» comme bouclier et justification à tout. C’est le système !

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