IIème Dimanche de carême A : «O mon peuple, si tu pouvais m’écouter»!

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Textes: Gn 12,1-4a; 2 Tim 1,8b-10; Mt 17,1-9

Le premier dimanche de carême, nous étions conduits avec Jésus dans le désert, ce lieu traditionnel de la mise à l’épreuve. Le peuple de Dieu y succomba face aux rudes épreuves. L’homme et la femme «au commencement» avaient succombé, nous rappelait la première lecture de dimanche dernier. Seul Jésus, qui avait pour socle la Parole de Dieu, repoussa toutes les tentations dans le désert.

Aujourd’hui, nous voici invités à suivre, à nouveau, Jésus sur la montagne, la même montagne qui se veut aussi lieu traditionnel de la révélation. Que de théophanies, que des manifestations de la gloire de Yahvé sur ces sommets, d’où la prière de Moïse: «Fais-moi, de grâce, voir ta gloire!» (cf. Ex 33,18). C’est là, au Mont Thabor, que le Christ révèle sa divinité à trois disciples privilégiés. La lumière divine resplendit, signe que le Christ est bel et bien la lumière du monde, (cf.  Jn 9,5), cette «lumière qui luit dans les ténèbres» (cf. Jn 1,5).

Et de cette nuée lumineuse, une voix se fait entendre, la même lors du baptême, sur les bords du Jourdain. Jésus est encore confirmé comme le Fils bien-aimé du Père, et de toujours ajouter: «Ecoutez-le»!

Ecouter Jésus, parce qu’il est l’envoyé de Dieu. Il est ce serviteur choisi, annoncé par les prophètes. Pour preuve: la présence de Moïse et d’Elie s’entretenant avec lui. Ces deux personnages résument les Ecritures (la Loi avec Moïse et les prophètes avec Elie).

Mes sœurs, mes frères dans le Christ, il est demandé à Pierre, Jacques et Jean, représentant les autres et nous avec, d’apprendre à écouter Dieu. Abraham sut écouter la voix de Dieu et il «quitta son pays et la maison de son père» et partit vers une terre inconnue…

Les prophètes en firent autant, Moïse, lui-même, obéït à l’appel du Dieu des pères des fils d’Israël pour sa mission. Un à un, les disciples, sur appel de Jésus, le suivirent. Et par la suite, se réalise la promesse de Dieu à Abraham, notre père dans la foi. Nous faisons partie de ce peuple nombreux qui a opté être à l’écoute de Dieu. Rappelons-nous le «Shema Israël» (Ecoute, Israël), qu’aime redire, chaque jour, tout pieux Israélite, pour se pénétrer de la volonté de son Dieu (cf. Deut 6,4). Ecouter, accueillir la Parole de Dieu veut dire lui ouvrir son cœur, mettre en pratique cette parole (cf. Mt 7,24ss). C’est donc obéir. Mais que de fois Dieu ne s’en est-il pas plaint face à ce peuple «au cœur endurci, à l’oreille sourde»! Comme il reste sourd aux appels, c’est là son drame. Jésus l’a expérimenté, pendant sa vie publique: «Vous ne pouvez écouter ma parole… Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu; si vous n’entendez pas, c’est que vous n’êtes pas de Dieu» (cf Jn 8,43-47).

Nous prierons Marie, pendant ce carême, elle qui savait garder en son cœur les paroles de Dieu (Lc 2,19-51); elle qui a cru en la parole qui lui fut dite (Lc 1,45); elle qui fut béatifiée par son Fils Jésus: «Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la gardent» (cf. Lc 2,28).

Fais-toi humble, ma sœur, mon frère, fais-toi pauvre de coeur, fais-toi doux et Dieu t’écoutera, à ton tour!

En ce jour où est faite mention de la Transfiguration du Seigneur, ayons en Esprit cette nuée qui guidait les Hébreux dans le désert. L’Eglise et nous, ce peuple de croyants, n’avançons pas à tâtons; nous ne sommes pas dans l’obscurité. La même nuée, qui avait pris sous son ombre Pierre, Jacques et Jean, éclaire notre route jusqu’au bout. Notre exode se poursuit, la croix du Christ ouvre pour tous, le monde de gloire.

Formulons cette prière: «Seigneur, Jésus, tu es le prophète de Dieu. C’est toi que nous entendons dans les Ecritures. Toi le Verbe de Dieu. Nous voulons t’écouter. Tu es le Juste que Dieu a ressuscité pour nous faire partager ta gloire». Transfigure-nous! Amen!

Abbé Antoine MADINGOU
Archiviste - Cec/Cio (Brazzaville)