Message de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI pour le carême 2011 : «Ensevelis avec le Christ lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui» (Cf. Col 2,12)

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Bientôt le carême! Pendant quarante jours, il nous conduira vers Pâques, où nous célébrerons la mort et la résurrection du Christ. Pour ce faire, comme chaque année, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI a donné, le 4 novembre 2010 au Vatican, un message dans lequel il nous replonge dans les profondeurs de «la fête la plus joyeuse et solennelle de l’année liturgique» et nous exhorte à «nous laisser guider par la Parole de Dieu», à «mener fermement notre existence selon sa volonté» et à «nous libérer de notre égoïsme». 

Chers frères et sœurs,

Le carême, qui nous conduit à la célébration de la Pâques très Sainte, constitue pour l’Eglise un temps liturgique vraiment précieux et important. Aussi c’est avec plaisir que je vous adresse ce message, afin que ce carême puisse être vécu avec toute l’ardeur nécessaire. Dans l’attente de la rencontre définitive avec son époux lors de la Pâque éternelle, la communauté ecclésiale intensifie son chemin de purification dans l’Esprit, par une prière assidue et une charité active, afin de puiser avec plus d’abondance, dans le mystère de la Rédemption, la vie nouvelle qui est dans le Christ Seigneur (cf. Préface I de carême).

1. Cette vie nous a déjà été transmise le jour de notre baptême lorsque, «devenus participants de la mort et de la résurrection du Christ», nous avons commencé «l’aventure joyeuse et exaltante du disciple» (Homélie en la fête du baptême du Seigneur, 10 janvier 2010). Dans ses épîtres, Saint Paul insiste à plusieurs reprises sur la communion toute particulière avec le Fils de Dieu, qui se réalise au moment de l’immersion dans les eaux baptismales. Le fait que le baptême soit reçu le plus souvent en bas-âge, nous indique clairement qu’il est un don de Dieu: nul ne mérite la vie éternelle par ses propres forces. La miséricorde de Dieu, qui efface le péché et nous donne de vivre notre existence avec «les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus» (Ph 2,5), est communiquée à l’homme gratuitement.

Dans sa lettre aux Philippiens, l’apôtre des gentils nous éclaire sur le sens de la transformation qui s’effectue par la participation à la mort et à la résurrection du Christ, en nous indiquant le but poursuivi: «le connaître lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre les morts» (Ph 3,10-11). Le baptême n’est donc pas un rite du passé, il est la rencontre avec le Christ qui donne forme à l’existence tout entière du baptisé, lui transmet la vie divine et l’appelle à une conversion sincère, mue et soutenue par la grâce, lui permettant ainsi de parvenir à la stature adulte du Christ.

Un lien spécifique unit le baptême au carême en tant que période favorable pour expérimenter la grâce qui sauve. Les Pères du Concile Vatican II ont lancé un appel à tous les pasteurs de l’Eglise pour que soient «employés plus abondamment les éléments baptismaux de la liturgie quadragésimale» (Const. Sacrosanctum Concilium, 109). En effet, dès ses origines, l’Eglise a uni la veillée pascale et la célébration du baptême: dans ce sacrement s’accomplit le grand mystère où l’homme meurt au péché, devient participant de la vie nouvelle dans le Christ ressuscité, et reçoit ce même Esprit de Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts (cf. Rm 8,11). Ce don gratuit doit être constamment ravivé en chacun de nous, et le carême nous offre un parcours analogue à celui du catéchuménat qui, pour les chrétiens de l’Eglise primitive comme pour ceux d’aujourd’hui, est un lieu d’apprentissage indispensable de foi et de vie chrétienne: ils vivent vraiment leur baptême comme un acte décisif pour toute leur existence.

2. Pour emprunter sérieusement le chemin vers Pâques et nous préparer à célébrer la résurrection du Seigneur - qui est la fête la plus joyeuse et solennelle de l’année liturgique -, qu’est-ce qui pourrait être le plus adapté si ce n’est de nous laisser guider par la Parole de Dieu? C’est pourquoi l’Eglise, à travers les textes évangéliques proclamés lors des dimanches de carême, nous conduit-elle à une rencontre particulièrement profonde avec le Seigneur, nous faisant parcourir à nouveau les étapes de l’initiation chrétienne: pour les catéchumènes en vue de recevoir le sacrement de la nouvelle naissance; pour ceux qui sont déjà baptisés, en vue d’opérer de nouveaux pas décisifs à la suite du Christ, dans un don plus plénier.

Le premier dimanche de l’itinéraire quadragésimal éclaire notre condition terrestre. Le combat victorieux de Jésus sur les tentations qui inaugure le temps de sa mission, est un appel à prendre conscience de notre fragilité pour accueillir la grâce qui nous libère du péché et nous fortifie d’une façon nouvelle dans le Christ, chemin, vérité et vie (cf. Ordo Initiationis Christianae Adultorum, n. 25). C’est une invitation pressante à nous rappeler, à l’exemple du Christ et en union avec lui, que la foi chrétienne implique une lutte contre les «puissances de ce monde de ténèbres» (Ep 6,12) où le démon est à l’œuvre et ne cesse, même de nos jours, de tenter tout homme qui veut s’approcher du Seigneur: le Christ sort vainqueur de cette lutte, également pour ouvrir notre cœur à l’espérance et nous conduire à la victoire sur les séductions du mal.

L’évangile de la Transfiguration du Seigneur nous fait contempler la gloire du Christ qui anticipe la résurrection et annonce la divinisation de l’homme. La communauté chrétienne découvre qu’à la suite des apôtres Pierre, Jacques et Jean, elle est conduite «dans un lieu à part, sur une haute montagne» (Mt 17,1) afin d’accueillir d’une façon nouvelle, dans le Christ, en tant que fils dans le Fils, le don de la grâce de Dieu: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le» (v.5). Ces paroles nous invitent à quitter la rumeur du quotidien pour nous plonger dans la présence de Dieu: il veut nous transmettre chaque jour une parole qui nous pénètre au plus profond de l’esprit, là où elle discerne le bien et le mal (cf. He 4,12) et affermit notre volonté de suivre le Seigneur.

 

Du Vatican, le 4 novembre 2010
BENEDICTUS PP.

(A suivrre)

 

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