A Noël, Dieu nous dit tout son amour dans le visage de ce Nouveau-né : Textes: Is. 9,1-6, Tite 2,11-14; Lc 2,1-14

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Une famille se met en route! Joseph quitte la ville de Nazareth pour monter en Judée. Mobile du voyage: un recensement. Le chef de famille va donc se faire recenser avec Marie, son épouse, qui était enceinte, nous rapporte Luc. Et pendant le séjour à Bethléem, au cours de la nuit s’accomplit la promesse. L’ange publie la Bonne Nouvelle aux bergers qui montaient la garde de leurs troupeaux: «… Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple «Aujourd’hui vous est né un sauveur. Il est le Messie, le Seigneur». Frères et sœurs dans le Christ, voilà une nuit qui va changer le monde; les temps sont accomplis «Dieu vient sauver son peuple! Grande joie donc, pour vous tous, créatures de Dieu. Le créateur vient se réconcilier avec sa créature. «Nous obtenons en Lui (Le Christ), comme le relèvera Paul dans l’épitre aux Romains et dans la deuxième lettre aux Corinthiens, d’être réconciliés avec le Père» (Cf. Rm 5; 2Cor 5.18).

Dieu vient visiter son peuple. Grande joie pour vos familles! Grande joie pour tous les peuples de la terre! L’espérance est là. Il n’est permis à personne d’être triste. C’est vrai, les réalités terrestres sont telles que, quand nous sommes invités à la joie, à l’allégresse, quand l’invite est à la paix, à Noël, beaucoup sont en prison ou à l’hôpital, certains sont seuls, abandonnés; d’autres traversent famine, sécheresse, inondation, tempêtes; d’autres encore entendent crépiter les armes. Comment être dans l’allégresse quand il y a bon nombre de gens qui connaissent au plus profond de leurs existences, la détresse, l’angoisse, la misère, la pauvreté, l’exclusion? Réponse pleine d’espérance dans Isaïe 9: «Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière…Car le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane». Toutes les chaussures des soldats qui piétinaient bruyamment le sol, tous leurs manteaux couverts de sang, les voilà brulés; le feu les a dévorés. Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné, l’insigne du pouvoir est sur son épaule; on proclame son nom: «Merveilleux Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix». Nous le constatons, la paix n’est plus promise mais elle nous est envoyée, elle nous est donnée: «Paix sur terre aux hommes de bonne volonté». En ce petit enfant, Dieu nous manifeste qu’il est quelqu’un qui nous aime. Nous avons dit, plus haut, que le créateur a rejoint sa créature. Dieu est le grand créateur du monde, le Dieu éternel et tout puissant. Le Dieu tout autre. Aujourd’hui, il se présente d’abord comme celui qui s’engage à nos côtés et veut notre bonheur. Il est Emmanuel, Dieu parmi-nous. Dieu, en le laissant naitre, dans une étable, comme un pauvre, nous donne le message, qu’il ne vient pas nous imposer sa puissance, sa domination, mais qu’il nous envoie son Fils, pour offrir à toutes les familles de la terre, la bénédiction. Alors Dieu se fait un de nous, pour que nous devenions ses enfants, des fils de Dieu. Son fils est donc notre frère «Le verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous.» Par sa mort sur la croix, l’enfant de Bethléem nous entraînera avec Lui chez son Père. Oui ! Dieu est quelqu’un qui nous aime. En venant rencontrer le Christ, c’est tout homme qui découvre le mystère de sa propre vie. Et l’enfant de Bethléem, l’amour du Père nous l’envoie, pour nous combler de joie, pour nous libérer. Lui s’appelle «Emmanuel», c’est-à-dire Dieu parmi nous. N’est-ce-pas la preuve d’amour de ce Dieu qui vient partager notre condition d’homme? Ce Dieu-là s’appelle «Amour». Cet amour est partage: «donner et recevoir». Et l’enfant de Bethléem, Dieu, son Père, nous l’envoie, pour que le ciel et la terre se donnent «rendez-vous» pour l’Alliance sans fin. Dieu, dès la Nuit de la Nativité jusqu’à l’Aube de la Résurrection, vient rétablir une Alliance nouvelle et éternelle avec l’humanité! Aussi, à partir d’aujourd’hui, la terre a un avenir, c’est ce Prince de la Paix qui vient la renouveler: «Voici, je fais l’univers nouveau» (Apoc. 21.5). A partir de cette douce et sainte Nuit, Dieu montre à l’homme son visage et son cœur. Devant Jésus prend place toute l’histoire humaine: «notre présent et l’avenir du monde sont éclairés par sa présence. Il est là ce Merveilleux-Conseiller! Pourquoi encore trembler, avoir peur? «Ne craignez pas», dit l’ange aux bergers. «Ne craignez rien», réconforte Jean Paul II, en s’adressant à notre monde. Et l’enfant de Bethleem, Dieu nous l’envoie, comme «Dieu-Fort, Père à jamais», «Prince de la paix». Il vient comme le Rassembleur des enfants de Dieu, alors «dispersés», hommes et femmes de tout pays, de toute nation, de toute race, de toute langue. Mais, cette paix envoyée et donnée au monde, à la terre, pour s’établir a besoin des hommes et des femmes de bonne volonté, des artisans de paix. C’est une mission à laquelle nous devons tous nous atteler. Aujourd’hui, nous qui avons entendu cette bonne Nouvelle de la Nativité et qui sommes venus adorer le Fils de Dieu, portons- là, à notre tour aux personnes qui nous sont proches et lointaines. Prions Saint Joseph, témoin incontesté de l’avènement qui a changé le monde, ce bon maître de la famille de Nazareth de nous protéger et de nous accompagner. Et relevons ici l’invite du Pape Benoît XVI, concluant son Exhortation Apostolique Post-Synodale «Africae Munus». L’engagement de l’Afrique: «Que la prière de Marie, Reine de la Paix, dont le cœur est toujours orienté vers la volonté de Dieu, soutienne tout effort de conversion, qu’elle consolide et affermisse tout effort en faveur de la Paix dans un monde qui a faim et soif de justice.» (Cf Matth. 5.6)
Frères et sœurs dans le Christ, «Bonnes fêtes de la Nativité et paix des cœurs!» Amen!

Abbé Antoine MADINGOU
Archiviste Cec/Cio


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