Décès en France du frère André Saulnier, marianiste : «Il était jovial et souvent prêt à faire la fête»

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La province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher frère, André Saulnier, de la communauté marianiste de Saint-Hippolyte, décédé au service de la Très Sainte Vierge, Ie 4 janvier 2011 à Colmar, en France à 84 ans, dont 67 ans de profession religieuse. Notre frère André Saulnier est né Ie 7 avril 1926 à Chaux-sur-Champagny dans Ie Jura. Ses parents ont donné naissance à quatre garçons. Son père était facteur. «Des gens simples, qui ont travaillé durement dans leur vie, mais qui savaient si bien accueillir et faire la fête avec les amis...». 

II avait quitté la maison familiale pour Ie postulat de La-Tour-de-Sçay en 1938 et il fut admis au noviciat d’Antony en 1942 où il émit ses premiers vœux un an plus tard. Après Ie scolasticat à Antony, il commence sa carrière d’enseignant à St Claude en 1945, interrompue par Ie service militaire en 1946-1947. De ce service militaire à Rennes, nous avons Ie témoignage suivant d’un de ses compagnons devenu prêtre: «Il y avait une fille magnifique, qui apparemment, avait pris Ie béguin pour André. Et tout Ie monde s’attendait à ce qu’André après son service militaire envisage de I’épouser. Or, surprise, André déclare: «Je suis religieux, je suis fidèle à mes engagements». Son colonel en fut extrêmement frappé et admiratif. Et ce compagnon, qui hésitait à répondre à une vocation, se sentit conforté par cet exemple, et il est devenu un prêtre bien connu du clergé de France».

En 1947, il rejoint la communauté de Sainte Marie de Monceau à Paris et fait Ie trajet jusqu’à Versailles chaque jour pour suivre les cours de l’Institut libre d’éducation physique supérieur dont il sera diplômé en 1950. Dès cette année, il est en communauté à Belfort ou il marque beaucoup ses élèves: «C’était un sportif de qualité, un prof de gym que j’ai bien aimé pour ses exigences à mon égard (...). Je me souviens aussi être ailé à Bordeaux avec André Saulnier aux championnats de France universitaire...». Il avait adhéré à I’Ugsell (Union générale sportive de l’enseignement catholique) dont les responsables voulurent assez vite lui donner des responsabilités, ce qui n’était pas du goût des supérieurs...

Depuis son entrée au noviciat, André désirait partir en mission, voici ce qu’il a écrit dans les années 1950 au provincial: «Une lettre de Monsieur Ie Directeur de Brazzaville m’invite à vous présenter une fois de plus mon désir de partir aux missions. Indépendamment de mon désir lointain et toujours renouvelé, qui a été à I’origine de mon entrée dans la S.M., de me faire «missionnaire...». Le départ tant attendu aura lieu en 1955 où il rejoindra Ie collège Chaminade de Brazzaville qui deviendra lycée en 1964. Professeur d’éducation physique et sportive, il devint I’un des responsables de Ugsell du Congo en 1959. II organisa de nombreuses rencontres sportives et développa I’enseignement physique et sportif au niveau de I’Afrique équatoriale française. Durant cette période, il entraîna des athlètes congolais qu’il a accompagnés aux premiers «Jeux de I’Amitié» à Madagascar. Son séjour africain a été interrompu par Ie second noviciat à Castel Gondolfo en 1961. De là, il rejoint Bangui en 1962, où il assure I’économat au collège des Rapides. Le frère André retrouve Brazzaville en 1963 où il est plus largement au service de l’enseignement catholique pour I’archidiocèse comme sous-directeur. II s’engage dans I’action sociale et a Ie désir de créer des coopératives agricoles. En 1965, il participe à I’organisation des premiers jeux olympiques panafricains à Brazzaville. C’est à cette période que l’Etat congolais nationalise I’enseignement et que la plupart des religieux marianistes quittent Brazzaville. Après ces événements, il rentre en France et se forme aux techniques de I’agriculture. En septembre 1966, il s’installe à la mission de Voka, à 120 km de Brazzaville, où il fonde un centre de développement rural qui deviendra la ferme de Voka actuelle.

Suite à un accident de la route fin 1977, il quitte Ie Congo et repartira, en 1978, en Cote d’Ivoire. A Dabou, à une quarantaine de kilomètres d’Abidjan, il crée un centre d’élevage de bovins, de lapins, de poules et initie des catéchistes en formation à I’élevage, pour qu’ils aient des ressources lorsqu’ils seront envoyés en mission dans un village de brousse par I’évêque. Le poste ayant été confié à un laïc, André rentre en France en 1983 et repart I’année suivante pour s’installer à Kouto dans Ie nord de la Cote d’Ivoire où il fonde un centre pour I’agriculture et élevage. II développe la culture attelée en utilisant la traction bovine. Tous les ans, des jeunes agriculteurs de la région venaient se former pendant quelques mois, puis rentraient chez eux où Ie frère André allait les visiter et les conseiller. II a poursuivi cette mission jusqu’en 1996 et rentrera définitivement