Rentrée académique aux grands séminaires de Kinsoundi (Brazzaville) : Mgr Jan Romeo Pawlowski a ouvert l’année académique 2011-2012

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Le nonce apostolique au Congo et au Gabon, Mgr Jan Romeo Pawlowski, a présidé dimanche 9 octobre 2011, la messe d’ouverture officielle de l’année académique 2011-2012 aux grands séminaires. Lors de cette messe, Mgr Jan était entouré des prêtres formateurs des deux maisons de formation, parmi lesquels, les abbés Gervais Protais Yombo et Antonio Mabiala, respectivement recteurs du théologat cardinal Emile Biayenda et du philosophat Mgr Georges Firmin Singha. C’était en présence des grands séminaristes et des «Amis du quartier», ces fidèles du Christ qui ont pris l’habitude de se joindre à la communauté des deux grands séminaires, pendant les messes en semaine et dominicales.

L’homélie du nonce apostolique avait pour fil conducteur une question majeure qui conditionne tout cheminement vocationnel: «Pour-quoi veux-je devenir prêtre»? Il a constaté que dans les démarches administratives, les candidats à la vie sacerdotale énumèrent une flopée de motivations, entre autres: annoncer l’évangile, servir les frères et sœurs, etc. Cependant, a-t-il martelé, on peut annoncer l’évangile, servir les autres, passer toute la vie en soutane et être condamné, «jeté pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres; là où il y aura des pleurs et des grincements de dents» comme le souligne à juste titre l’évangile du jour (Mt 22,1-14).
Finalement, poursuit-il, le plus important consiste à gagner la rédemption quel que soit le choix de vie opéré. Car, la soutane, les titres, l’ordination sacerdotale… ne constituent pas un gage de salut. Le prêtre se sauve jour après jour en imitant Jésus pauvre, humble et chaste.
A en croire Mgr Jan, la tragédie de notre Eglise découle du fait que les prêtres disent, mais ne font pas. Ils conduisent le peuple de Dieu sur les chemins du paradis, mais eux-mêmes s’en éloignent. Or, c’est en pensant à sa propre rédemption qu’on peut aussi inviter les autres à s’y atteler. En effet, Jésus est le Roi qui vient à nous tous les jours à travers le banquet de l’eucharistie pour nous former, nous aider à être des témoins fidèles de son amour. Quitte à nous de veiller à ce qu’il nous trouve en vêtement de noce, a t-il conclu.


Avant le chant d’action de grâces, l’abbé Gervais Protais Yombo, au nom de la communauté des deux grands séminaires, a remercié Mgr le nonce apostolique pour sa présence qui traduit la sollicitude du Saint-Père à l’égard des grands séminaires, faisant ainsi siennes ses paroles du psalmiste: I. Tout en déclarant ouverte l’année académique 2011-2012, le recteur du théologat l’a dédiée à la Vierge Marie qui y est désormais présente à travers une grotte flambant neuve.
Avant la bénédiction finale, Mgr Jan Romeo Pawlowski a, d’abord, exprimé sa joie de célébrer cette messe; ensuite, il a souhaité une sainte année académique aux formateurs et aux séminaristes qu’il a invité à relire la lettre que le Saint-Père leur a adressée l’an dernier.

 

Sur la retraite préparatoire
Après le retour des vacances des grands séminaristes, le dimanche 2 octobre 2011, la retraite spirituelle prélude à l’ouverture officielle de l’année académique s’est tenue du lundi 3 au samedi 8 octobre 2O11. Contrairement aux expériences antérieures, les étudiants en philosophie et en théologie ont vécu séparément leur retraite. Ainsi, l’abbé Alain Loemba-Makosso, vicaire général délégué du diocèse de Pointe-Noire, a prêché la retraite spirituelle au théologat, tandis que l’abbé Charles Mabiala-Pambou, père spirituel aux grands séminaires, s’est acquitté de ce devoir au philosophat.
En ce qui concerne le théologat, la retraite était axée sur une interrogation: «Quand le Christ reviendra, trouvera-t-il encore la foi sur terre»? Durant ce temps de ressourcement spirituel, le prédicateur a conduit les grands séminaristes à la redécouverte de l’amour de Dieu. En effet, «c’est trop peu que tu sois mon serviteur» (Is 49,1-6; Jn 15,1-17), déclare le Seigneur qui, dès le sein maternel, nous a choisis et établis lumière des nations afin d’instaurer son règne sur la terre des hommes. Bien plus que des serviteurs, nous sommes amis de Dieu et donc appelés à la sainteté. Cela n’est possible que si, s’arc-boutant sur la très sainte eucharistie, nous retrouvions le goût de traduire en acte la Parole de Dieu qui est ferment de notre identité chrétienne. Ainsi, dans le pèlerinage de notre foi, nous sommes invités à imiter l’itinéraire de nos pères (Abraham, Moïse, Jonas…) et à rejoindre Marie qui est la voie qui guide vers Jésus et la joie du ciel sur la terre.
Au philosophat, la retraite avait pour thème principal: «Suis-moi»! Dans ses enseignements, l’abbé Charles Mabiala-Pambou a passé en revue quelques figures de proue de la sequela christi aussi bien dans la bible (Abraham et Moïse) que dans l’hagiographie chrétienne (Kisito et Anuarite). Le témoignage de ces aînés est sans nul doute la plus belle expression de la foi que tout appelé doit cultiver. L’appel du Seigneur, loin d’être une sinécure, exige une adhésion constante et conforme aux valeurs évangéliques: il faut renoncer à tout pour suivre Jésus (Lc 14,25-33).

Fabrice N’SEMI
Etudiant en IVème année de théologie
Grand séminaire Cardinal Emile Biayenda