ARCHIDIOCESE DE BRAZZAVILLE: SESSION DIOCESAINE AVANT LA CLOTURE DE L’ANNEE PASTORALE 2018-2019 : Mgr Anatole Milandou lance un appel à protéger les terrains de l’Eglise

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Comme d’ordinaire, la salle de la catéchèse de la cathédrale Sacré-Cœur a abrité la session diocésaine précédant la clôture de l’Année pastorale 2018-2019, du mardi 2 juillet au jeudi 4 juillet 2019. Placée sous l’autorité de Mgr Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, cette session a connu la participation de plusieurs prêtres dont les abbés Léonard Milongo, vicaire général de Brazzaville, Mesmin-Prosper Massengo, vicaire judiciaire de Brazzaville, Yvon Bienvenu Mabandza, président de la Commission diocésaine de la pastorale, chargée de la coordination des mouvements d’apostolat, Eric Béranger Nsondé, prêtre de l’archidiocèse de Brazzaville en mission d’études en Italie, en séjour à Brazzaville, etc.

Des religieux, religieuses, ainsi que des laïcs membres des bureaux des Conseils pastoraux paroissiaux et des mouvements diocésains d’apostolat ont été également comptés parmi les participants à la session qui a eu pour modérateurs les abbés Suijès Samba Dia Mbemba, le premier jour, Daska Karel Missamou et Prince Badzoukoula, les deux derniers jours.  

Après l’allocution d’ouverture de l’archevêque de Brazzaville, la communication de l’abbé Simon Monekene, directeur diocésain de la liturgie, initialement intitulée: «Les déviances observées dans nos assemblées et célébrations liturgiques» et reformulée par le conférencier comme suit: «Les abus liturgiques dans nos célébrations eucharistiques» et celle du frère Jean Kombo-Boutsoki, directeur diocésain de la catéchèse, sur l’évaluation de l’Année catéchétique 2018-2019, ont marqué la première journée. Dans sa communication, l’abbé Simon Monekene a épinglé les exagérations et les abus constatés dans les célébrations eucharistiques. Ainsi, il a recadré et apporté certaines précisions pour permettre à ses confrères de mettre un terme à ces abus devenus comme une monnaie courante, obscurcissant et dénuant la liturgie de la messe de toute sa saveur et de toute sa splendeur. «La liturgie n’est pas une invention humaine. En liturgie, c’est Dieu qui est premier. La liturgie est à prendre au sérieux.», a-t-il renchéri. Comme abus, le conférencier a répertorié le fait que le kyrie n’est pas trinitaire. Il a cité le fait qu’un kyrie a été retiré par la Conférence des évêques de France. Sur la prière d’ouverture, le communicant a signifié qu’«aucun prêtre n’a le droit d’inventer sa propre prière d’ouverture. Il est recommandé à tout prêtre de lire une prière écrite.» «La Parole de Dieu est dite à la table préparée pour la parole. Elle doit être lue dans un missel. La Bible n’est pas faite pour être lue en assemblée, il y a une traduction biblique qui est liturgique. Le graduel doit tenir compte de la lecture qui vient d’être lue. Les deux premières lectures doivent être écoutées de façon assise. Pour l’évangile, on se met debout, car c’est le sommet de la liturgie de la parole.» De même, l’abbé Monekene a suggéré aux autorités compétentes de l’archidiocèse de Brazzaville de prendre un texte pour fixer la durée de la messe. «En liturgie les choses doivent être préparées, écrites. Le chant doit répondre à une action. Dès que l’action cesse, le chant doit cesser. Pour l’élévation, on reste debout. Jusqu’au sanctus on reste debout, si le corps le permet. L’anamnèse est une acclamation. Les prières de dévotion sont à réciter après la messe, mais pas pendant. Pendant la messe des funérailles, les discours doivent être faits en dehors de la messe. Pour l’aspersion, ce geste n’est réservé qu’aux catholiques. L’absoute n’est plus un mot utilisé, on parle plutôt de prière du dernier adieu», a martelé le premier conférencier de la session. Le deuxième conférencier a présenté dans un style appréciable et captivant l’évaluation de l’Année catéchétique 2018-2019. Ainsi, il a abordé les activités réalisées sur l’ensemble du diocèse notamment les sessions de formation et de recadrage des catéchistes en précisant l‘effectif des paroisses qui ont pris part à ces rencontres ayant véhiculé un grand intérêt, au cours desquelles l’essentiel a été transmis aux catéchistes afin de les rendre habiles, efficaces et mieux aguerris dans la transmission de la foi aux catéchumènes. Intervenant en dernier, Mgr Anatole Milandou a recommandé aux prêtres d’obéir au liturgiste, en citant son propre exemple d’obéissance au technicien diocésain de la liturgie, avant d’évoquer le temps mis par les danses liturgiques pendant les messes. Tout en souhaitant que ces enfants qui exécutent les danses dans l’église soient bien encadrés, il a compté sur l’implication de Mgr Urbain Ngassongo et sœur Armandine Banzouzi, afin de voir de grandes améliorations dans ce domaine.
Les curés doyens des différents doyennés que compte l’archidiocèse de Brazzaville ou leurs représentants se sont succédé sur le perchoir pour présenter l’évaluation de l’Année pastorale 2018-2019. A leur suite, les délégués des bureaux diocésains des mouvements d’apostolat leur ont emboité le pas selon l’ordre ci-après: groupes d’enfants et des jeunes, par l’abbé Urgel Eric Babika, président de la Commission diocésaine pour la pastorale de l’enfance et de la jeunesse, groupes de chants liturgiques par Eugène Mampolo, secrétaire général du Comité diocésain des chorales, fraternités catholiques par Mme Sidonie Alouna Nsayi. La communication des groupes mariaux a été suivie de celle des Archiconfréries et Confréries, présentée par Gilbert Bouétoumoussa, président diocésain de la Confrérie Sainte Rita, assurant la présidence de la coordination des Archiconfréries et Confréries.
Avant la fin des travaux de la deuxième journée, l’abbé Yvon Bienvenu Mabandza s’est exprimé pour souligner quelques avancées remarquables réalisées dans le cadre des réunions des doyennés. Il a encouragé les curés doyens à avancer au large afin d’atteindre les objectifs escomptés.
Au terme de la journée, l’archevêque a recommandé aux acteurs de la pastorale de l’enfance et de la jeunesse de faire désormais «une différence entre l’enfance dont la fête se célèbre à l’Epiphanie du Seigneur et la jeunesse dont la fête est célébrée le dimanche des Rameaux, afin de ne pas voir un mélange d’enfants et jeunes à ces deux célébrations. Cela rend la préparation de la prédication fastidieuse.» Ensuite, le pasteur propre de l’Eglise de Brazzaville a rappelé: «Le problème de la pédophilie est maintenant sur la Place publique. Le Pape François a pris des dispositions. Désormais, dans chaque diocèse, devront être mis en place des bureaux de signalement.» L’archevêque s’est interrogé si les parents sont conscients de ce que font leurs enfants sur la sexualité. Au sujet de la création des paroisses, cette question doit être soumise au Conseil presbytéral et au Conseil des consulteurs qui devront au préalable approuver ces érections des futures paroisses. Il a annoncé que des paroisses seront créées et sont en train d’être créées.
Plusieurs communications et points d’information ont marqué la dernière journée, au nombre desquels la communication de l’abbé Jonas Koudissa, sur l’Année Jubilaire Mgr Barthélemy Batantu, le Forum diocésain des mouvements d’apostolat par l’abbé Suijès Samba Dia Mbemba, l’Ecole catholique par le père Daniel Mbimi, la pastorale des Migrants par l’abbé Destin Nzorombe et enfin le délégué de Radio Magnificat s’est exprimé sur les réalités de la Radio Magnificat.
La communication du père Daniel Mbimi a été accompagnée de celle de M. Raoul Sika, membre de la délégation de la Commission épiscopale de l’éducation catholique (CEEDUC) au congrès de l’Office international de l’enseignement catholique (OIEC) qui s’est tenu du 4 au 9 juin 2019, à New York aux Etats-Unis d’Amérique. Au cours de ce congrès, où M. Sika a présenté une communication sur le projet de l’Ecole Verte, la CEEDUC a été félicitée et ce projet a été considéré par l’Onu comme un projet innovant. La clôture du congrès a eu lieu, dimanche 9 juin 2019, dimanche de Pentecôte, au cours d’une célébration eucharistique présidée par Mgr Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, président de la CEEDUC, dans une paroisse francophone de New York, où la délégation congolaise a été reçue.
A terme de cette session, l’archevêque a lancé un appel à protéger les terrains de l’Eglise, car des terrains ont été acquis plusieurs années auparavant, mais qui sont aujourd’hui occupés anarchiquement. «Nous devrions toujours combattre les antivaleurs. Il a été question au cours de cette session de faire preuve de courage en dénonçant les antivaleurs», a-t-il renchéri. Sur les mouvements d’apostolat, Mgr Anatole Milandou a relevé qu’«ils ne devraient pas être des lieux de déchirement.» Cela avant de déclarer close la session diocésaine précédant la clôture officielle de l’Année pastorale 2018-2019.
Ces trois jours de session ont été marqués par des débats, des contributions et de fructueux échanges qui assurément permettront de faire changer et avancer les choses pour un meilleur fonctionnement de l’Eglise de Brazzaville. Cela pour la plus grande gloire de Dieu et le salut du monde.

Gislain Wilfrid
BOUMBA