Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, évêque de Dolisie : Sens du thème et contenu de la quatrième procession mariale

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La procession mariale dans le diocèse de Dolisie est devenue une tradition. Organisée depuis l’érection du diocèse en 2013, elle draine chaque année des milliers de pèlerins dans la capitale de l’or vert. Consacrée les deux premières années au Saint-Sacrement, c’est la Vierge Auxiliatrice, Patronne du diocèse qui depuis 2015 est à l’honneur de cette marche populaire, qui cette année se tiendra le 26 mai.

En prélude, Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, évêque de Dolisie édifie le peuple de Dieu sur le thème et le contenu de cette activité figurant désormais dans l’agenda du diocèse et permettant de parcourir les différentes artères de la troisième ville du Congo. L’évêque s’est prêté aux questions de nos confrères de la radio diocésaine: Radio Mayombe «Ndinga ya Katolika».

* Mgr, dans quelques jours, beaucoup de gens marcheront dans les rues de Dolisie pour célébrer la 4e édition de la procession mariale. Cette année, vous l’avez placée sous le signe du bon combat de la foi (1 Tim 6,12). Pourriez-vous nous édifier en quelques mots sur cette exhortation de Saint Paul et nous dire ce que signifie combattre le bon combat de la foi?
**Cette exhortation de Saint Paul dans 1 Timothée 6,12 veut signifier que la foi implique l’action. Mais pas n’importe laquelle, car il y a plusieurs types d’action. Dans le diocèse de Dolisie, entre autres types d’action, nous mettons l’accent sur les processions de prières et les campagnes d’évangélisation.

*Comment mène-t-on le bon combat de la foi?
**Dans tout combat il faut un préalable. Du point de vue de la foi, le soubassement c’est d’abord la conformité à la Parole de Dieu, c’est-à-dire demeurer en Dieu. Souvenez-vous de ces paroles du Christ-Jésus en Jean 8,31: «Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples.»

*Pensez-vous qu’il est facile de demeurer en Christ dans un monde où les gens sont dominés par des passions et des désirs qui revendiquent le contraire?
**Il y a le grand Saint Paul qui en fait le constat. Il déclare en effet, en Romains 7,18-20: «Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair: j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien». Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi...

*Cela est-il un aveu résigné illustrant que nos efforts sont vains? A quoi sert alors la procession mariale?
**Certainement pas! Saint Paul n’y entrevoit pas une fatalité, comme vous semblez l’entendre. Car il fut lui-même un bon combattant, son constat n’a fait que renforcer sa conviction qu’il faut davantage se revêtir du spirituel pour être vainqueur. Il révèle ainsi ce qu’exprime le Psaume 126,1: «Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain; si le Seigneur ne garde la ville, en vain veille la garde…». Autrement dit, garder présent à l’esprit que le combat n’est pas une affaire de muscles, il est plus que cela.
D’ailleurs, ceux qui souhaitent, comme lui, être fidèles à la vérité savent que vivre une vie de victoire dans les vertus de Jésus-Christ n’est pas quelque chose qui vient automatiquement. Voilà pourquoi Saint Pierre, Saint Paul et les autres vaillants guerriers ou porte-flambeaux de la foi parlent d’un chemin étroit, concernant le renoncement à soi-même, la croix et la victoire.

*Peut-on dire finalement que combattre le bon combat de la foi, c’est surmonter le mal par le bien?
**Vous citez là, les propos de Saint Paul aux Romains (Rm 12,21): «Sois vainqueur du mal par le bien.» En d’autres termes: «Que le péché ne règne donc point dans notre corps mortel, et n’obéissons pas à ses convoitises!» (Rm 6,11-12). Alors, vous l’avez compris: combattre le bon combat de la foi signifie un appel à rester fermement ancrés dans la Parole de Dieu par la puissance de l’Esprit, en nous chargeant de notre croix chaque jour et en renonçant à nous-mêmes, c’est-à-dire à tout ce qui nous attire et qui n’honore pas Dieu (Luc 9,23).

*Alors, faut-il ainsi ne pas considérer les combats qui sont menés sur d’autres fronts?
**C’est bien évident qu’il ne faut pas mépriser les efforts qui sont menés sur d’autres fronts, car nous savons que des batailles sont effectivement aussi livrées par tous ceux qui veulent croire en un monde meilleur. Cependant, pour nous chrétiens, le cœur de tous ces combats demeure la foi. Le combat de la foi est essentiel, car qu’on le veuille ou non, il vise la source du mal. En effet, il est peut-être bien de soigner la fièvre. Mais il est de loin bien mieux et hautement judicieux d’en combattre la cause. C’est dire, qu’il s’agit finalement d’une guerre contre les dominations, le monde des ténèbres (Eph. 6,12).

*Que voulez-vous dire exactement en termes simples?
**Si vous voulez, nous nous attaquons aux esprits manipulateurs qui dissimulent leur véritable identité, en utilisant des intermédiaires pour perturber les humains, détruire les fils de la Lumière, et freiner l’avènement du Royaume de Dieu. Car c’est le Mal qui agit avec ruse sur les multinationales et autres consortiums et grandes instances de décisions pour corrompre les décideurs, les chefs d’Etat et autres, devenus souvent, sans forcément le savoir, des pions privilégiés des puissances ténébreuses qui font nos malheurs.

*Est-ce vraiment là le sens de la procession mariale?
**C’est aussi cela, vraiment. Un vrai combat spirituel, pour purifier les cœurs, renforcer la lumière dans notre pays, expulser les ténèbres, consolider la paix, fortifier l’unité nationale. C’est là aussi le sens de notre procession.
Mais attention, il s’agit d’un combat sur le plan spirituel, non pas dans le domaine occulte et spiritueux, mais un combat sous la direction de l’Esprit-Saint, donc sans haine, sans violence, sans mépris, sans armes blanches ni armes à feu, seulement avec la foi, le jeûne et la prière. Comme l’affirme la deuxième lettre aux Corinthiens (2 Co 10,3 et 4): «les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser les forteresses nuisibles.»

*Où est la place de la Vierge Marie dans cette démarche?
**C’est simple! Le diocèse de Dolisie est placé sous le haut patronage de Notre-Dame Auxiliatrice. Il n’est pas étonnant qu’elle soit en tête de la procession. De toute façon, qu’elle soit en tête, ce n’est pas une exclusivité de Dolisie, car de nombreux diocèses de vieille chrétienté l’ont pour Patronne et organisent également ce genre de procession avec elle. En plus, ce que nous vivons à Dolisie est tout petit si l’on fait une comparaison avec les méga processions du Brésil, d’Espagne, du Portugal, des pays d’Amérique latine, qui regroupent non pas des milliers, mais des millions de personnes. En Espagne, j’ai participé à une méga procession qui avait drainé plus de deux millions de personnes. C’est plus que la population de Brazzaville, vous vous rendez compte? Marie nous montre le chemin, elle connaît le cœur de son Fils Jésus-Christ, c’est elle qui dévoile les stratégies à mener sur le terrain, car elle en maîtrise les plans et les rouages.

*Alors, la procession avec Notre-Dame est une manière de revêtir les armes de Dieu pour déjouer les plans, les stratégies du diable et de ses acolytes dans notre pays?
**Vous avez tout compris! Seules les armes de Dieu sont efficaces contre des adversaires redoutables et invisibles. C’est ce que rapporte Ephésiens 6,11: «Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable!» Et 1 Timothée 4,10 précise: «Nous travaillons, et nous combattons, parce que nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants».

*En définitive?
**Juste ces mots de l’ange à Gédéon dans le livre des Juges au chapitre 6, verset 12: «Sois sans crainte vaillant guerrier, car l’Eternel est avec toi!» Alors, chers lecteurs de La Semaine Africaine, chers chrétiens de Dolisie et d’ailleurs, hommes et femmes de bonne volonté, levez-vous et rejoignez-nous dans le combat de Dieu! Tous, avec Notre-Dame Auxiliatrice, chapelet à la main, le cœur enflammé de l’amour de Jésus-Christ, de l’amour pour notre prochain et pour notre pays, animés d’un zèle jaloux pour Yahvé Sabaot (Cf. 1 Rs, 19,1-18). Consolidons la paix et l’unité nationale; par nos prières, repoussons les ténèbres dans leurs derniers retranchements et, embrasés par l’Esprit-Saint, arrachons la victoire par la foi en Jésus-Christ Fils du Dieu vivant. Que Dieu répande ses abondantes pluies de bénédictions sur chaque participant et sur tous ceux qui seront de cœur avec nous! Rendez-vous le 26 mai 2019!

Propos recueillis par
Eté Raymond BOUHOYI (Radio Mayombe «Ndinga Ya Katolika»)

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