Archidiocèse de Kinshasa (R.D.C) : Mgr Fridolin Ambongo succède au cardinal Laurent Monsengwo Pasinya

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Une des voix critiques les plus écoutées en République démocratique du Congo (RDC), l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, a cédé jeudi 1er novembre dernier le siège métropolitain à Mgr Fridolin Ambongo à moins de deux mois des élections clés qui doivent organiser la succession du président Joseph Kabila.

 

«Le pape François a accepté jeudi 1er novembre la renonciation du cardinal Laurent Monsengwo à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa, introduite depuis 2015», a déclaré le père Bruno Lusongakio, un porte-parole de l’archidiocèse de Kinshasa. Il cède son fauteuil à Mgr Fridolin Ambongo qui travaillait déjà auprès de lui comme archevêque coadjuteur de Kinshasa depuis le 6 février. Le cardinal Laurent Monsengwo devient donc archevêque émérite de Kinshasa.
«La passation de pouvoir et de service a eu lieu à Kinshasa ce jeudi en présence du Nonce apostolique», tandis que l’inauguration officielle du ministère de son successeur aura lieu le dimanche 25 novembre 2018 en la cathédrale Notre-Dame du Congo, a encore indiqué le père Bruno Lusongakio.
Laurent Monsengwo Pasinya avait été ordonné prêtre en 1963. Il est le premier Africain à devenir docteur en sciences bibliques. Personnage central de la Conférence épiscopale de la République démocratique du Congo, qu’il préside depuis 2004, Mgr Monsengwo Pasinya occupe depuis vingt ans un rôle de premier plan dans son pays. Nommé en 1981, à 41 ans, évêque auxiliaire de Kisangani, il ne quittera ce diocèse qu’en 2007, quand il sera nommé archevêque de Kinshasa. Le cardinal Monsengwo a joué un rôle majeur dans la quête de démocratie vécue par le Zaïre à la fin du règne du maréchal Mobutu. Il préside successivement, entre 1991 et 1996, la Conférence nationale souveraine puis le Haut Conseil de la République, le parlement de transition. Sensible au thème de l’inculturation, dans un pays où les sectes se développent rapidement, il aura été le secrétaire spécial du Synode sur la Parole de Dieu en 2008, tout en étant une voix écoutée lors des deux sessions du Synode sur l’Afrique. Il est membre de la Congrégation pour l’Éducation catholique et pour l’Évangélisation des peuples. Il faisait partie du C-9, l’organisme mis en place par le Pape pour le conseiller dans la réforme du Vatican.
Mgr Fridolin Ambongo, nommé archevêque de Kinshasa par le pape François, est le successeur du cardinal Laurent Monsengwo, déjà à la retraite. Agé de 57 ans, le nouvel archevêque de Kinshasa, a officiellement été présenté aux médias dans la capitale congolaise. Il aura la tâche de prendre la relève du très influent cardinal Monsengwo qui, âgé de 79 ans, a pris sa retraite. Pour beaucoup, Mgr Ambongo, archevêque de Mbandaka-Bikoro (dans l’ouest) avant sa nomination, pourrait bien rester sur la même lancée. Vice-président de la Conférence épiscopale nationale (Cenco), en charge de la commission Justice et Paix, Mgr Ambongo est en effet aussi critique que le cardinal Monsengwo.

Gislain Wilfrid
BOUMBA

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