Un Dimanche en Paroisse : Sainte-Thérèse de Tchimbamba (Diocèse de Pointe-Noire)

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Poursuivre l‘œuvre commencée en 1982 par les pionniers
Le  23 septembre 2018, 25e dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique- B-, a été un dimanche ordinaire pour la communauté paroissiale de Sainte-Thérèse de Tchimbamba. Et pourtant tout n’est pas vraiment ordinaire dans cette paroisse.

Ici, les paroissiens en communion avec leur équipe presbytérale sont préoccupés par un projet: construire l’église Maison de Dieu, pour effacer cette triste image qu’offre la chapelle actuelle. Construire une nouvelle église.

C’est ce à quoi s’attelle l’abbé Aymard Mboungou, le curé de la paroisse, comme réponse à Dieu qui nous appelle à partager la gloire de notre Seigneur Jésus Christ, tel qu’indiqué dans l’évangile du jour, selon Saint Marc 9, 30-37. Comme aussi pour poursuivre l‘œuvre commencée en 1982 par les pionniers de la communauté de base de Tchimbamba qui fut une annexe de Notre-Dame de l’Assomption.

L’abbé Alphonse Taty Mboumba bénit le terrain le 11 juin 2000

En 1982,  M. Jean-François Ndoudi, un chrétien de bon cœur habitant à Tchimbamba, prit l’initiative d’ouvrir à son domicile un centre pour le catéchisme, évitant ainsi aux jeunes le déplacement du centre-ville à la paroisse Notre-Dame de l’Assomption. Jean-François prit à sa charge les droits d’inscription, l’achat des cartes et livres de catéchisme, la confection des tables-bancs et tableaux, etc. Avec l’autorisation et l’appui du curé de Notre-Dame,  l’abbé Alphonse Taty Mboumba, il recrute les premiers catéchistes du lieu. Entre autres pionniers, Aimé Pangou «Ya Danhy», Rodin Nsayi, Barthélémy Nzonzi «Ya Palulu» et Charles Mouanga. Une fois par mois, une messe est célébrée par l’équipe presbytérale de Notre-Dame de l’Assomption, et animée par la chorale présidée par Hyacinthe Mikolélé.

A La mort de M. Jean-François Ndoudi, le centre est abandonné. C’est en 1990 que le père Simon Gérard de la congrégation des Fils de la Charité, prend le relais et relance le centre qui devient une communauté de base de Notre-Dame, dénommée Sainte-Thérèse. L’abbé Louis Portella qui devient curé de Notre-Dame accepte d’y célébrer une deuxième messe le mois, avec l’appui liturgique de Charles Mouanga, Céline Diafouka Vouala, Victor Nzitoukoulou et Hilaire Nguitoukoulou. Ils sont aidés par quelques grands séminaristes: Gervais Loukangou, Joachim Lelo, Gustave Makaya et Arsène Poaty. Quelques femmes de la contrée créent un groupe de chant qui deviendra plus tard la Chorale Christ-Ressuscité. Parmi lesquelles Eugénie Diafouka, Agnès Kélanou, Céline Diafouka, Jeanne Malonga, Pélagie Massamba, Françoise Souékolo, Louise Mpasse, Odile Ndonga, Jeanne Nzalakanda, Geneviève Ndossi, Noëlle Taty, Lydie Koulengana, Gisèle Balouenga, Clarisse Nouni, Elyse Tchizingou, Clémence Taty, etc. Elles sont les pionnières.
En 1995, l’abbé Louis Pambou, alors vicaire à Notre-Dame est nommé responsable de la petite communauté Sainte-Thérèse de Tchimbamba. Avec son dynamisme plusieurs groupements y voient le jour et organisent la liturgie: les Samuels, les Elisas, les Yamboté, les Suffrages, les Téléma, etc.
Puis, la communauté entreprit l’acquisition d’un terrain pour ériger la chapelle. Hélas, le projet se heurte à plusieurs écueils et échecs, particulièrement avec les  propriétaires fonciers… Finalement, c’est le 28 avril 2000 qu’un terrain de 3.625 m² est définitivement acquis pour un montant de 5.000.000 Frs Cfa. Le 11 juin 2000, le terrain est béni par l’abbé Alphonse Taty Mboumba qui y implante une croix, devant les fidèles en liesse.
Le 29 octobre 2000, l’annexe Sainte-Thérèse de Tchimbamba accueille un prêtre administrateur en la personne de l’abbé Jean-Paul Nguembo, sous la direction de l’abbé Félicien Mavoungou, curé de Notre-Dame de l’Assomption.
Le dimanche 17 février 2002, l’annexe de Sainte-Thérèse de Tchimbamba reçoit son premier curé, l’abbé Joachim Mvoumbi. Il lance les travaux de construction de l’église le jeudi saint 28 avril 2002. Un bâtiment qui sera long de 56 m sur 22 m de large. Tchimbamba devient alors une paroisse autonome. Hélas, jusque-là, les travaux de la construction de l’église, tardent à se poursuivre (Cf. interview du curé, l’abbé Aymard Mboungou)…. L’abbé Joachim Mvoumbi quitte Tchimbamba, le 8 octobre 2006. Il est remplacé par l’abbé Trinité Yolas Ndinga. Ce dernier est remplacé par l’abbé Aymard Mboungou, depuis septembre 2015.

Abbé Aymard Mboungou, curé : Construire l’église Maison de Dieu: un défi à relever

Après avoir réussi la construction de l’oratoire, la chambre et le bureau destinés au stagiaire, ainsi que d’autres travaux au presbytère, l’abbé Aymard Mboungou, curé de la paroisse Sainte-Thérèse de Tchimbamba, a un grand défi à relever, continuer le chantier de la construction de l’église Maison de Dieu. Explications.

*Quel bilan pouvez-vous faire de l’année pastorale écoulée?
**L’année pastorale écoulée était orientée sur trois axes: il y a la vie pastorale, la vie communautaire de l’équipe presbytérale et enfin les travaux ou chantier de la construction de l’église Maison de Dieu. En ce qui concerne la vie pastorale, nous avons travaillé avec tous les groupements qui avaient déposé un programme d’activités depuis le début de l’année. Chaque groupement avait un accompagnateur spirituel. Il y avait l’aumônier paroissial des groupements adultes et l’aumônier paroissial des groupements  jeunes et des services. D’une manière générale, tous les groupements ont appliqué leurs programmes d’activités 2017-2018. Et au niveau de la vie communautaire, nous étions deux prêtres, l’abbé Côme Mouanda, le vicaire et moi-même, ainsi qu’un vicaire coopérateur, l’abbé Jean Mabiala. Nous avons travaillé, en tenant compte des offices et tout ce qu’il y a comme exigences liées à notre vie de prêtre. Nous sommes satisfaits des résultats de l’année pastorale 2017-2018.
Pour les travaux de construction, nous avons un dossier au niveau de l’évêché concernant la construction de l’église Maison de Dieu dont les travaux avaient commencé sans l’autorisation de l’évêque. La commission patrimoine nous avait, de ce fait, demandé d’arrêter les travaux et attendre que les plans soient validés et que l’évêque donne son autorisation. En attendant, nous avons fait les petits travaux qui devaient normalement être exécutés après la construction de l’église. Entre autres, l’oratoire inauguré par l’évêque le 6 mai 2018, la construction de la chambre du stagiaire et de son bureau.
Nous avons absolument besoin d’un stagiaire, sans lequel nous sommes obligés d’engager un permanent laïc et un sacristain qu’il faut rémunérer chaque mois. Cela coûte cher à la paroisse. L’année écoulée a été consacrée à la réfection du presbytère.

*Quelles sont les grandes difficultés auxquelles la paroisse est confrontée du point de vue pastoral?
**La plus grande difficulté est financière. La participation des fidèles pour la prise en charge de la vie de la communauté a considérablement baissé. Il y a trois ans, les «Nsinsani» pouvaient atteindre 1,2 million voir 1,5 million de francs Cfa. Mais actuellement c’est à peine qu’on arrive à collecter 500.000 frs Cfa. Or le budget de la vie de la paroisse est d’un peu plus de 900.000 frs par mois, alors que la moyenne des quêtes ordinaires est à peine de 100.000 frs. Vous voyez l’écart. D’où de grandes difficultés pour réaliser les projets, payer le gardien, la cuisinière, l’eau et l’électricité, etc.
 *Comment faites-vous pour pallier cette difficulté majeure?
**Nous avons instauré ce que nous appelons «le panier du prêtre». Il consiste à ce qu’un groupement de la paroisse nous donne des vivres à hauteur de 100.000 frs Cfa par mois. Et le Conseil économique paroissial nous complète le même montant par mois, puisqu’il nous faut 200.000 frs Cfa pour la popote mensuelle. En plus de cette difficulté financière, il y a le manque d’entrain ou d’engagement de nombreux paroissiens pour prendre des responsabilités dans la communauté. Les gens ont plutôt tendance à critiquer les rares personnes qui prennent des responsabilités au niveau du Conseil pastoral paroissial, Conseil économique, etc. Cela décourage ceux qui voudraient s’engager à prendre des responsabilités. Conséquence, le bureau du Conseil pastoral paroissial n’a que deux membres actifs.
*Quels projets comptez-vous réaliser pour cette année pastorale nouvelle?
**Nous savons que l’équipe presbytérale sera composée comme suit: moi-même l’abbé Aymard  Mboungou, comme curé, et le vicaire, cette année 2018-2019,  moi-même, mon vicaire l’abbé Côme Mouanda et un stagiaire pré diaconal, l’abbé Golden allons  profondément nous occuper des travaux de construction de l’église. Les plans ayant déjà été validés par la Commission patrimoine, nous attendons simplement l’autorisation de l’évêque et sommes sûrs qu’il tiendra sa promesse.
*Avez-vous un dernier mot?
**Je voudrai que les chrétiens de la paroisse prennent en charge la vie de la communauté. Tout ce qui se fait dans la paroisse c’est pour le peuple de Dieu. Si pour cette nouvelle année pastorale tout le monde pouvait mettre la main à la patte nous réussirons le projet de construction de notre église.   




Informations supplémentaires