Un Dimanche en paroisse : Saint-Jean Marie Vianney d’Ewo (Diocèse d’Owando)

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«Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur, mais ce qui sort de l’homme.»
Les paroissiens de Saint-Jean Marie Vianney d’Ewo, relevant du diocèse d’Owando, ont pris part en grand nombre à la messe dominicale du 2 septembre 2018, célébrée par l’abbé Hermann Patrick Etokabéka, curé de la paroisse, malgré les intempéries des premières heures de cette journée.


La première lecture était tirée de Dt 4, 1-2 et 6-8; le Ps 14 a fait l’objet de la méditation: «Se faire proche des autres pour être proche de Dieu». La 2e lecture était extraite  de Jc 1, 17-18 et 21, 22-27, tandis que l’Evangile selon saint Marc était axé sur le chap. 7, 7-8, 14- 15, 21, 23.
En voici le déroulé: «Dans la première lecture, Moïse s’adresse au peuple d’Israël sur les Dix commandements que Dieu leur a prescrits afin de les mettre en pratique. C’est pour chacun un miroir afin qu’il s’en serve au quotidien pour suivre Jésus. Ces Dix commandements représentent le chemin balisé par le Seigneur pour hériter le Royaume des cieux. Si dans le passé la sainteté était l’objet de sacrifices, de nos jours, elle est devenue facile, car il suffit simplement d’observer ces commandements, comme une partition. En ces temps, les enfants d’Israël avaient près de 700 préceptes et lois. Toutes ces lois étaient devenues comme une corde au cou et ils avaient du mal à les observer, bien que devenues une tradition. Le cœur de l’homme est le centre de tous les actes. Avant de manger, la tradition exigeait que tout homme se lave les mains avant le repas. Mais Dieu les a mis en garde en levant l’équivoque. «Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur, mais ce qui sort de l’homme. Il ne faut pas laisser de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes.» Jésus a enseigné en outre à la foule que «c’est du dedans, du cœur de l’homme que sortent les pensées perverses comme le vol, les meurtres, la cupidité, la débauche, etc. Tout ce mal vient du dedans».
Dans la deuxième lecture, Dieu nous demande d’accueillir en premier lieu sa parole. C’est une parole qui est capable de nous sauver. Ne nous contentons pas de l’écouter, mais de l’appliquer en venant en aide aux orphelins et aux veuves dans le malheur. Nous pouvons  nous poser la question de savoir quelle est la situation des orphelins et des veuves aujourd’hui? Une part belle ne leur est pas réservée. Les veuves et les orphelins sont torturés, chassés de leur foyer. Mgr Théophile Mbemba, paix à son âme, a su dénoncer ces excès dans ses écrits et ce sont les chrétiens ou parents irresponsables qui sont les instigateurs de ce traitement inhumain. Les enfants finissent par devenir des Koulounas. Il faut être capable de discerner les rites qui sont dignes d’être  pérennisés de ceux qu’il faut rejeter. Voir une veuve en larmes, torse nu, doit nous offusquer. Le modernisme a aussi ses vices. Pour le Cardinal Emile Biayenda, paix à son âme, la disparition des «Mbongui» fait place à l’égoïsme et à l’égocentrisme d’aujourd’hui. La restauration des «Mbongui» pour l’éducation des jeunes et la promotion du vivre ensemble s’impose. Pour la bonne marche du monde, il faut évangéliser nos traditions. Le mariage ne doit pas être l’occasion de vendre nos filles à des millions de francs, car il est écrit dans le code de la famille que 50.000frs suffisent pour doter une femme. Tant que les dispositions du code de la famille sur la dot ne seront pas observées, il sera difficile pour certains couples de se marier officiellement et religieusement. Amen !»

La paroisse Saint-Jean Marie Vianney a connu une période d’intoxication

La création de la mission d’Ewo intervient en 1955, suite à la fructueuse mission de Lekety qui a été l’œuvre des pères Tchiequelet, Raymond Grimompré qui succédèrent au père Lejeune. Ces figures de proue de l’œuvre d’évangélisation parviennent donc, avec l’accord de monsieur Petit, alors administrateur colonial, à l’enracinement de cette mission baptisée Saint-Jean Marie Vianney par le père Jean Gardin, actuel évêque d’Impfondo. Dans cette perspective pastorale, plusieurs villages furent retenus comme centres catéchétiques pour ne citer que  Kébouya et Alloua sur  les terres d’Andelys. La mission d’Ewo fut basée au départ sur le site de l’actuel marché. Constatant que le terrain ne se prêtait plus à la construction d’un ouvrage de la pastorale, les pères fondateurs choisirent un autre endroit. Ce fut à Bouta, sur la rive droite de la Lecouna, mais très vite ce nouveau site se transforma en difficulté pour les chrétiens vivant sur la rive opposée. Aussi, au moment où ils s’engagèrent à débroussailler le terrain en vue de la construction de la nouvelle chapelle, arrive Mgr Biechy dut-il changer les plans. Mgr Biechy logeait à la résidence de l’administrateur colonial, résidence baptisée par les populations «Yimi lenkeli», c’est-à-dire «Grossesse de la sœur». Quelques temps après son arrivée, une délégation chrétienne de quatre membres rencontre l’évêque et lui pose le problème du transfert de la mission de Bouta pour le Centre-ville, car disait-il: «La plus grande partie des chrétiens vivant au centre et travaillant à plein temps, éprouvaient des difficultés à se rendre à Bouta pour y suivre la catéchèse». L’idée fut approuvée, soutenue par Mgr Biechy puis concrétisée par son successeur Mgr Emile Verhille. D’où l’acquisition de l’actuel terrain  de 3 hectares, titre foncier n°1383 AE/D du 29 juin 1953. De nos jours, la mission ne couvre environ que la moitié de la superficie initiale, suite au bradage d’une bonne étendue par les administrateurs de l’ère de la «démocratie populaire» sous le regard impuissant  des missionnaires. En 1957, le père Raymond Grimompré, sur instructions de Mgr Emile Verhille, débute la construction de l’église en matériaux durables. Au lendemain de son départ, vinrent les abbés Noël  Ognié et  Raphael  Ndangui. Au même moment, arriva le frère Quentin pour la finition des travaux en 1962. Toutefois un réajustement important fut entrepris par les pères Martin Joostène et Gérard Destombes en 1977.
Dans cette marche survint le 6 juin 1988 un évènement malheureux, consécutif à l’arrivée d’Emile, un vrai faux prophète qui, pour drainer les foules, se contentait de la diabolisation des personnes âgées, les rendant responsables des différents décès et mauvais sorts enregistrés dans leurs familles. Ceci eut pour conséquence le désaveu de la Parole de Dieu par les chrétiens de l’Eglise qui allèrent grossir les rangs des foules de ce prétendu sauveur. L’intoxication fut si forte qu’aux messes dominicales, on ne dénombrait pas plus de sept croyants autour du père Martin, lui-même présenté comme associé des malfaiteurs. Il en fut tellement marqué qu’il abandonna la pastorale et son projet de s’établir à Ewo où il envisageait de construire un atelier de formation des jeunes ouvriers sur le site qui abrite de nos jours le Centre médico-social des sœurs de la Croix; en sus de l’élevage porcin et de la volaille.      
Cette situation malencontreuse d’essence diabolique ne parvint pas cependant à maintenir longtemps dans la perdition toutes les brebis égarées. La quasi-totalité ont fini par regagner l’Eglise de Jésus- Christ.

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