Un Dimanche en paroisse : Sainte-Anne du Congo (Archidiocèse de Brazzaville)

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Célébration du jubilé d’Albâtre marquant le 75e anniversaire sous le signe de l’unité des peuples et des cultures
Le dimanche 29 juillet 2018, 18e dimanche du temps ordinaire a été un jour pas comme les autres. La Basilique Sainte-Anne, sanctuaire-historique qui trône en plein cœur de Brazzaville, à Poto-Poto, a soufflé ses 75 ans d’existence. L’évènement a été célébré dans une grande ambiance de fête, devant de nombreux fidèles en liesse venus de partout.


L’eucharistie était présidée par Mgr Pierre D’ornellas, archevêque de Rennes-Dol et Saint Malo en France, à la tête d’une importante délégation de pèlerins venus au Congo et comprenant entre autres le père Franck Téhel, curé de la paroisse de Janzé, localité qui regroupe onze communes de la ville de Rennes, Prigent Alain, maire de Corps Nuds, une des communes de Rennes, accompagné de son épouse. Se sont joints à cette délégation quatre prêtres congolais en mission pastorale et d’études à Rennes. Il s’agit des abbés Vincent Massengo (affecté à la paroisse de Janzé Corps Nuds), Rhod Sakani Yiseno, Wilfried Kizaboulou (archidiocèse de Brazzaville) et Benigne Ikama du diocèse d’Owando. Trois évêques ont concélébré cette eucharistie, NN.SS Anatole Milandou, archevêque métropolitain de Brazzaville, Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala, Urbain Ngassongo, évêque de Gamboma, accompagnés de plusieurs prêtres, parmi lesquels, l’abbé Serge Armand Kiyindou, curé recteur de la Basilique Sainte-Anne.
Mme Antoinette Sassou Nguesso, épouse du chef de l’Etat, marraine de la Basilique Sainte-Anne du Congo qui commémorait par la même occasion ses 75 bougies de naissance, à rehaussé de sa présence l’éclat de cette fête du jubilé d’Albâtre. Il y avait aussi, le ministre de la Culture et des arts, Dieudonné Moyongo, le maire de Brazzaville, Christian Roger Okemba, ainsi que des parlementaires et des diplomates, parmi lesquels, Bertrand Cochery, ambassadeur de France au Congo.
Dans son homélie, Mgr Pierre D’ornellas a rappelé les liens étroits qui lient l’Etat et l’Eglise et qui reposent sur la fraternité entre les peuples dans la paix. «Nous sommes venus au Congo sur les pas de Mgr Firmin Guichard, successeur de Mgr Prosper Philippe Augouard, deuxième vicaire apostolique de Brazzaville et originaire des pays de Corps Nuds dans la ville de Rennes. La Basilique Sainte-Anne du Congo, à l’exemple de Sainte-Anne de Breton, sont des symboles, des carrefours des peuples et des cultures. Hommage soit rendu à tous les ouvriers, bâtisseurs de la Basilique Sainte-Anne du Congo. Mgr Firmin Guichard repose pour l’éternité dans la ville de Rennes et le 13 novembre 2016, nous avons commémoré le 80e anniversaire de son envol vers le père. Pour garder les liens étroits entre l’Etat et l’Eglise d’une part, et entre le diocèse de Rennes et l’archidiocèse de Brazzaville, nous allons signer un jumelage  dans les jours à venir. Etant donné que Mgr Firmin Guichard a travaillé dans l’archidiocèse de Brazzaville et qu’il repose à Rennes, si j’ai un rêve à vous partager c’est de construire une école dans la ville où il a exercé sa mission pastorale et qui portera son nom. Le tout avec le soutien de l’ambassadeur de France au Congo».
L’archevêque de Brazzaville a souligné à son tour que la venue des pèlerins rennais est la réalisation «de la promesse faite le 13 novembre 2016, alors que nous célébrions dans l’église Saint Maximilien Marie Kolbe dans l’espérance chrétienne, le 80e anniversaire de la mort de Mgr Firmin Guichard. Je remercie l’abbé Vincent Massengo qui, affecté dans la paroisse de Janzé Corps Nuds à découvert il y a quatre ans la tombe de notre ancêtre alors qu’il partait célébrer la messe dominicale. A vous, Mgr Pierre D’ornellas, vos paroles adressées à ma délégation et à moi-même remontent, résonnent encore avec intensité: Mgr Anatole, me disiez-vous avec force, parce que vous êtes venus jusque chez nous, nous aussi, nous viendrons chez vous. Le maire à son tour nous faisait la même promesse. De Voka à Kinkala en passant par Gamboma jusqu’à Boundji notre point de chute, vous avez certainement réalisé que vous êtes venus non pas chez nous, mais chez vous. Car Mgr Firmin Guichard, votre digne compatriote a été congolais parmi les Congolais parlant parfaitement nos langues comme le mbochi, le téké et le lari. Les différents lieux où il a travaillé et que nous avons visités nous ont permis de mesurer l’important travail missionnaire, mais aussi social, accompli par ce vaillant et intrépide pasteur dans un contexte social et développement très difficile. En effet, si les belles routes que nous avons aujourd’hui, ainsi que les moyens de transport modernes nous permettent facilement de passer d’un bout à l’autre, au temps de Mgr Firmin Guichard, il n’en fut pas ainsi. Nous avons tenu à aller à Boundji parce que dans l’histoire de l’Eglise du Congo, Boundji fut un des hauts- lieux d’évangélisation, de formation humaine, chrétienne et intellectuelle. Oui, un pasteur meurt mais son œuvre ne meurt jamais. Les deux tours de la Cathédrale Sacré-Cœur de Brazzaville sont entre autres les marques architecturales indélébiles de ce bâtisseur aux mains polyvalentes. Mais sa plus grande œuvre reste et demeure à jamais cette semence de l’Evangile déposée dans les cœurs de ses nouveaux frères qui continue à germer et à féconder dans les cœurs de l’être chrétien congolais. Votre arrivée à Brazzaville coïncide avec le 75e anniversaire de la Basilique Sainte-Anne du Congo qui est aussi, finalement un autre lieu de communion entre la France et nos deux Eglises sœurs. Anne, en effet, mère de Marie est aussi le nom de la fille du Général Charles De Gaulle en l’honneur de qui fut construite cette Basilique. L’important investissement de l’Eglise Bretonne dans la réalisation de la réhabilitation de la toiture de cette maison après les importants dégâts occasionnés par les douloureux événements connus dans notre pays. La chrétienté de l’archidiocèse de Brazzaville est prête pour sceller officiellement et pour toujours un jumelage pour pérenniser nos liens historiques», a souligné Mgr Anatole Milandou.

La Basilique Sainte-Anne, un sanctuaire historique vieux de 75 ans
En 1937, en dédiant cet édifice religieux, sa future paroisse de Poto-Poto, à Sainte-Anne, patronne des Bretons, le père Nicolas Moysan originaire de Bretagne ne pouvait pas imaginer un seul instant qu’il attirerait l’attention des Gaullistes au regard de Anne De Gaulle, la fille que le Général Charles de Gaulle chérissait se prénommait Anne. En 1938, en commandant les planches de sa future chapelle à Léopoldville (Kinshasa), le père Moysan ne pouvait pas imaginer que la guerre allait changer le cours de l’histoire de la construction de sa chapelle. Son histoire sera intimement liée à celle de la ville de Brazzaville, capitale de la France libre. En 1941, les planches de la chapelle patiemment étudiées par les missionnaires de Léopoldville, à peine livrées, allaient être abandonnées au profit des esquisses crayonnées par un jeune architecte des beaux-arts, Roger Erell. Dès son arrivée, en novembre 1940 et janvier 1941, le gouverneur général Félix Eboué au contact du père Charles Lecomte, avait eu échos des projets pour le stade et pour la Basilique, avant de lancer en 1942 son propre projet de construction de la maison commune de Poto-Poto, une œuvre de Roger Erell, qui l’inaugure en 1943. Le 18 juin 1946, la France à peine libérée, le comité pour l’édification de Sainte-Anne décidait que Sainte-Anne serait un mémorial, un sanctuaire-souvenir de la France libre en Afrique Equatoriale Française, symbole de la liberté des peuples. Sainte-Anne a vu embarquer sur les bateaux et les trains des milliers de soldats, des éléments de la Deuxième division blindée du Général Leclerc, en partance pour l’Oubangui, le Tchad, la Tripolitaine et la France. Liberté des peuples colonisés: le 29 janvier 1944, en inaugurant le stade Félix Eboué, le général Charles De Gaulle ouvrait les festivités liées à la tenue de la Conférence de Brazzaville, qui traçait le cheminement des colonies vers les autonomies internes. Le 24 aout 1958, c’est au stade Félix Eboué, après une célébration eucharistique, que le Général De Gaulle annonçait le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le 28 novembre 1958, à Sainte-Anne en présence de l’abbé Fulbert Youlou, Mgr Michel Bernard, archevêque de Brazzaville présidait la messe solennelle consécutive à la proclamation de la République du Congo. L’histoire de Sainte-Anne est identique à celle de Poto-Poto, partant de Brazzaville, et étroitement liée à l’histoire du Congo. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, cet édifice religieux qui trône en plein cœur de Poto-Poto est situé en diagonale du siège de la mairie de Poto-Poto et de la paroisse protestante.



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