Disparition : La Curie romaine orpheline du Cardinal Tauran

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Président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le Cardinal Jean-Louis Tauran n’est plus! Il est décédé le 5 juillet 2018 aux Etats-Unis d’Amérique où il etait hospitalisé, à l’âge de 75 ans. Il a succombé à la maladie de Parkinson dont il était atteint depuis des années. Ses funérailles ont été célébrées le 12 juillet dans la basilique Saint-Pierre de Rome lors d’une messe présidée par le Cardinal Angelo Sodano, doyen du Collège cardinalice.

Le prélat a été enterré dans la basilique Saint-Apollinaire rattachée à son titre cardinalice. Le Pape François lui a rendu un hommage digne du travail immense qu’il a abattu pour l’Eglise, notamment au sein du dicastère qu’il dirigeait depuis 2007.
Figure marquante de l’Eglise, le Cardinal Tauran restera «l’inoubliable» et un «grand esprit apostolique» comme l’a affirmé le Cardinal Angelo Sodano, en saluant sa mémoire. A l’issue de la cérémonie des funérailles, le Pape a présidé le rite de l’«Ultima Commendatio» et de la «Valedictio». Dans un télégramme envoyé le 6 juillet à la sœur du défunt prélat, Geneviève Dubert, qui a elle aussi participé à la cérémonie, le Saint-Père a écrit que le Cardinal Tauran a «profondément marqué la vie de l’Eglise universelle». François s’est souvenu que son regretté collaborateur «fut un conseiller écouté et apprécié en particulier grâce aux relations de confiance et d’estime qu’il a su nouer avec le monde musulman». Le Cardinal espagnol Santos Abril y Castelló, qui était lié par une profonde amitié avec le Cardinal français, a témoigné que l’illustre disparu «mettait son devoir à la première place: celui de chercher à rapprocher ses positions du monde des autres religions, surtout de l’Islam».
Né le 5 avril 1943 à Bordeaux (France), Jean-Louis Tauran effectue son service militaire en 1965 en tant que coopérant au Liban, pays qui va marquer son orientation future. Licencié en philosophie et en théologie, docteur en droit canonique, il fut ordonné prêtre à Bordeaux en 1969. Après son ordination, il fut nommé vicaire de la paroisse Sainte-Eulalie avant d’être appelé en 1975 dans les services diplomatiques du Saint-Siège. Il sert ainsi dans les Nonciatures apostoliques de la République dominicaine, puis du Liban, avant de représenter le Saint-Siège auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). En 1988 sous Jean-Paul II, il est nommé sous-secrétaire du Conseil pour les affaires publiques de l’Eglise.
Polyglotte, Jean-Louis Tauran est nommé par la suite secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les Etats à la Secrétairerie d’Etat et archevêque in partibus de Thélepte en 1991. Ordonné évêque par le Pape Jean-Paul II le 6 janvier 1991, il devient le plus jeune prélat à la tête de la diplomatie vaticane de l’époque contemporaine de l’Eglise catholique. Il est créé Cardinal par Ie même pape lors du consistoire du 21 octobre 2003 avec le titre de Cardinal-diacre de Sant’Apollinare alle Terme Neroniane-Alessandrine, puis nommé cardinal archiviste et bibliothécaire.
C’est le 1er septembre 2007 sous le pontificat de Benoît XVI qu’il devient président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, qu’il a dirigé jusqu’au soir de sa vie. Il était par ailleurs membre de la deuxième section de la Secrétairerie d’Etat, de la Congrégation pour la doctrine de la foi, de la Congrégation pour les Eglises orientales, de la Congrégation des évêques, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et du Tribunal suprême de la Signature apostolique.
Le 21 février 2011, au cours d’un consistoire, Benoît XVI confirme sa nomination comme cardinal protodiacre en remplacement du Cardinal Agostino Cacciavillan. A ce titre, c’est à lui que revient la charge d’annoncer au monde le nom du nouveau pape désigné par le conclave de 2013, comme il le fit le 13 mars de cette année, à l’issue du conclave chargé d’élire le successeur du Pape Benoît XVI à la suite de sa renonciation. Il prononce ainsi, depuis le balcon de la loggia de la basilique Saint-Pierre la célèbre formule latine Habemus papam, annonçant l’élection du Cardinal Jorge Mario Bergoglio sous le nom de François.
Le 17 janvier 2014, le Pape François le confirme pour une durée de cinq ans comme membre de la commission cardinalice de surveillance sur l’Institut pour les œuvres de religion. Et le 29 mars de cette année, le Pape le confirme à la tête du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et renouvelle les membres du dicastère. Le 12 juin 2014, le Cardinal Tauran est élevé à l’ordre des cardinaux-prêtres cessant ainsi ses fonctions de cardinal protodiacre. Nommé camerlingue de la Sainte Eglise romaine le 20 décembre 2014 par le Pape, il prête serment le 9 mars 2015 au cours d’une célébration en la chapelle Urbain VIII du Palais apostolique. La meme annèe, il reçoit le «Prix pour la paix» de la fondation Ducci, en même temps qu’Ekmeleddin Ihsanoglun, homme politique et diplomate turc, et Yael Dayan, femme politique israélienne.
L’expérience de Jean-Louis Tauran dans la diplomatie, lui a donné certaines facilités de communication avec les instances politiques, bien qu’il regrettait que son travail touche peu les croyants. Il a expliqué passer la plus grande partie de son temps à essayer de communiquer avec l’Islam. L’an dernier, il a participé activement à la préparation du voyage du Pape François en Egypte.

Aristide Ghislain NGOUMA

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