Un Dimanche en paroisse : Cathédrale Christ-Roi (Diocèse d’Owando)

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«Dieu a besoin de toi et moi, de tout notre être pour accomplir son projet d’amour»
La messe du dimanche 17 juin 2018, 11e dimanche du Temps ordinaire, en la cathédrale Christ-Roi d’Owando a été célébrée par l’abbé Kelly Atipo, curé de la paroisse cathédrale. Elle a été concélébrée par l’abbé Ricky Lemhat, vicaire de la paroisse de Bokoma, et a connu une grande affluence des chrétiens comme à l’accoutumée. Cette messe a été une action de grâces des stagiaires de la cathédrale: Pascal Ulgach Moumba, Arnaud Ngoteni, Victor Gihozo, tous trois stagiaires inter-cycles et Manel Issineti (regardant), qui ont fini leurs stages. L’homélie du célébrant s’est articulée autour de la semence. Ci-après un extrait de cette homélie.


«Frères et Sœurs, la semence dont il est question dans l’Evangile est la Parole de Dieu, parole qui sauve. Et, nous devons l’annoncer, nous qui avons été baptisés et investis de la mission de proclamer de par le monde entier le Règne de Dieu. Cette Parole de Dieu a deux dimensions dans la vie du croyant: elle est informative, parce qu’elle nous informe du dessein de Dieu pour l’humanité. Elle est aussi performative car elle transforme et façonne l’homme le conformant à vivre au jour le jour les commandements de Dieu. Pour que donc ce Règne de Dieu arrive, pour que sa Parole soit proclamée à toute la créature, Dieu a besoin de toi et moi, de nos forces, de nos mains, de nos pieds, de tout notre être pour accomplir son projet d’amour. Sommes-nous disposés à être des instruments pour la réalisation du projet de Dieu? Peut-être oui, peut-être non. Si oui, alors que son Non glorifié, sinon qu’il nous aide par la grâce de son Esprit afin que ce non devienne un oui. Attention, il ne suffit pas seulement de dire oui, mais que ce oui soit consciencieusement vécu. C’est-à-dire, pour que le Règne de Dieu arrive chez ceux qui à qui nous avons la passe que nous chrétiens, sommes loin de correspondre à cela. Le Règne de Dieu est un Règne d’amour, de paix et d’unité, de Justice et de vérité. Il semble que pour beaucoup d’entre nous, ces caractéristiques ne sont que de simples concepts. Puisse le Seigneur faire des hommes capables de se mettre au service de Lui en servant l’Homme pour que vienne son Règne parmi nous. Amen!»

Le père Raymond Defosse s’installe dans une case de Fort Rousset, le 15 mars 1946

Le secteur Fort-Rousset–Makoua fut visité pour la première fois par le père Jean-Jean en 1912. Ce secteur était desservi tantôt par Boundji, tantôt par Liranga, qui organisèrent des catéchuménats. En 1922, le père Ferdinand Pedux trouva à Fort-Rousset des gens bien disposés, désireux d’apprendre le catéchisme. Après lui, les pères Scheer et Noter fondèrent les postes de Linengué, d’Issapa  et d’Okouma.  Dans ces postes, ils prirent soin d’immatriculer leur terrain, et dans chaque poste, il y eut un cimetière catholique. En 1945, le père Raymond Defosse, capitaine mis à la retraite après avoir été blessé à la bataille de Koufra, se trouve à la mission de Makoua. De là, il se rend à Fort-Rousset (Owando). Quand Mgr Paul Biéchy, vicaire apostolique, affecta le père Raymond Defosse à Fort-Rousset, les chrétiens s’attendaient à ce qu’il s’installe définitivement à Linengué  ou à Issapa. Or il avait une autre vision.
Il préféra choisir le centre. Sourcier et géomètre, le père Defosse eut du mal à délimiter un espace pour la mission puisque la compagnie concessionnaire CFHBC était censée être propriétaire du sol, du sous-sol, de ses habitants et de ses biens. Tout sera arrangé. Le père passera sa journée du Nouvel An 1946 à délimiter le terrain de la future mission. Il s’y installe le 15 mars 1946, dans une petite case construite en chiendent, sous le pied de l’okoumé se trouvant dans l’enceinte de l’actuel complexe scolaire  Emile Verhile, la chapelle se trouvant à l’autre extrême, du côté de la classe des CEP.
En 1948, le père Defosse part en congé. Il cède la place au père André Galode, venu de Boundji. En 1949, il sera remplacé par le père Martin Bodewes, venu de la paroisse de Ouesso. Toujours en 1949 le père Auzanneau, venu de Saint François de Brazzaville, vient s’ajouter à l’équipe. Le père Gabriel Ollichet, venu de Sainte-Anne du Congo (Brazzaville) séjourne quelque temps à Fort-Rousset. Il est affecté à Makoua comme responsable de la formation des moniteurs et du petit séminaire Saint Pie X. Le 21 décembre 1950, Rome crée le vicariat apostolique de Fort-Rousset, et le 21 juin 1951, le père Emile Verhile, curé de Ouesso, est nommé vicaire apostolique. Il sera ordonné évêque à Tourcoing, sa ville natale en France, le 21 décembre 1951.
De retour au Congo, il ne s’établit à Fort-Rousset qu’en 1954, le temps que le frère Quentin Benard finisse la construction du bâtiment où sont les magasins actuels. Les maisons ont été construites en brique de terre cuite. Les carrières étaient au complexe Emile Verhille et à Obiogo, un des ports de la mission de Kangini. Le transport de la terre se faisait par pirogue jusqu’au port de Fort-Rousset-centre pour être acheminée dans des sceaux au lieu de fabrique dans l’enceinte du complexe Emile Verhille.

Rendons pour ce faire hommage aux dignes fils de la mission catholique qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Nous pouvons citer certains comme:  Maximin Assama,  Omema,  Itoumba Acace,  Akira. etc. S’agissant de la construction proprement dite, l’équipe du frère Clément a reçu l’aide de: Norbert Pemou, Edouard Itoua, Albert Kengue. Nous n’oublions pas Achille Niamayoua (chauffeur) et Victor Opoumba (cuisinier).

En septembre 1958, les travaux de la construction de la cathédrale vont bon train, avec le frère Clément Tekstra, qui, en 1959, remplace le frère Quentin (en congé). Le frère Clément monte la charpente, fixe les tôles de la couverture, pose le plafond, monte les vitraux (en fragment de bouteille) et à Noël 1959, la messe de minuit est célébrée dans une église illuminée. Les trois derniers spiritains présents à Fort-Rousset sont les pères Paul Schoeffel, Nicolas Moysan et Jean François Bierling. Ils quitteront définitivement la mission et seront remplacés par le clergé diocésain. Vivement encouragées par Mgr Théophile Mbemba et par Mgr Verhille revenu à Fort-Rousset, les sœurs de l’Enfant Jésus optent à nouveau pour l’enseignement et la santé, en intégrant les institutions officielles. En 1975, le frère Vincent Pelhate passe quelques temps à Owando, pour rallonger la cathédrale et y construire le clocher.
L’action missionnaire fut également stimulée dans les villages chrétiens: Linnengué-mission, Kanguini-mission, Okouma-mission. Des catéchistes vivaient dans ces villages, organisant la prière et surtout la récitation du chapelet. Une croix plantée au lieu de la prière marquait la différence avec le village païen. Le premier catéchiste de la paroisse Christ-Roi de Fort-Rousset fut papa Ossoka. Il sera remplacé par papa Lucien Ndoemba du village Okouma-Mission. Papa Malo était à Linnengué et eut pour successeur papa Okombi du village Manga. Papa Ferdinand Obambo demeura le permanent de Linnengué-Mission, faisant chanter les anciens de Boundji en mbochi, latin et français.
L’impact des missionnaires fut déterminant dans l’instauration des attributs de la civilisation nouvelle. Les chrétiens portaient des pantalons, des shorts, des pantoufles ou des souliers le dimanche, pour la messe. Ils étaient même fort endimanchés lors des solennités de Noël et de Pâques.

Les prêtres ayant œuvré dans la paroisse
- Le père Defosse, le père Bodewes qui fut par la suite nommé préfet apostolique à Bangassou (RCA). Mgr Emile Verhille, Mgr Gassongo, évêque auxiliaire de 1965 à 1968; les pères Galode; Gabriel Ollichet, Pierre Veyrand, l’abbé Joly, les pères Le Solliec, Bierling, Martin Josten, Paul Ondia, Pauwels, l’abbé Okoumou, les pères Polonais Adalbert, Stanislas, Bronislas, (tous, fidéi donum). Les abbés Théogène Ossete, Joseph Ndinga, Victor Abagna-Mossa (comme pro-vicaire général puis vicaire général de Mgr Singha et de Mgr Kombo), l’abbé Marcel Gambou Douniama, le père Joseph Letsaka, les abbés Appolinaire Tuta Mompana, Lambert Djokouele (curé de la paroisse et vicaire général de Mgr Ernest Kombo), l’abbé Noël Ngoba (administrateur paroissial), Justin Singha (lui aussi curé de la paroisse et vicaire général de Mgr Kombo et de l’administrateur Mgr Louis Portella Mbuyu), frère Joachim des béatitudes, abbés Aristide Mvoundze, Aimable, Jean Blaise Bifingou, Godefroy Ondaye (vicaire), Borice Mokele (curé) Jean Obakani (vicaire) et les abbés Trésor Elvis Tandet, Emmanuel Ndinga, tous deux vicaires. Pendant l’année pastorale 2016-2017, Mgr Victor Abagna-Mossa était lui-même le curé de la paroisse.

Liste des prêtres originaires de la paroisse
Les abbés Joseph Ndinga, Appolinaire Tuta-Mupana, Rodrigue Ngassaki, Mesmin Okemba, Gaëtan Pilly Ngouembe, Ghislain Mingouessi, Urbain Ickonga, Parfait Elenga, Freddy Obeko, Maslov Okongolonga, Davy Ibara Okemba, Carl Ondongo, Freddy Omangui, Guelor Nguiambo Ondze. Cette liste des abbés est celle du 70e anniversaire de la création de la paroisse (2016). Après quelques années, il faudra la compléter.
Cet aperçu historique présenté par l’abbé Paul Dongabga, vicaire général d’Owando, et réduit en raison des contraintes d’espace, n’est pas complet.

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