Un Dimanche en paroisse : Saint-Pierre Claver de Bacongo (Archidiocèse de Brazzaville)

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Devenir des témoins intrépides de la Parole comme Jean Baptiste

Administrée par les pères sacrementins dont la vocation est de vivre le mystère de l’eucharistie et d’en révéler la signification pour que vienne le règne du Christ et que soit manifestée au monde la gloire de Dieu, d’après la règle de vie n°1, la paroisse Saint Pierre Claver affiche cinq messes dominicales au programme, et les jours ordinaires on en compte trois.

Dimanche 24 juin 2018, jour de la solennité de la Nativité de Saint Jean Baptiste, le père Jean De Dieu Passy, curé de la paroisse, a présidé la messe de 11h, concélébrée par l’abbé Chéret Ghislain Bazikila, prêtre de l’archidiocèse de Brazzaville en mission de formation en langue de signes aux Etats-Unis, en séjour à Brazzaville. La chorale Tanga ni Tanga, en marche vers ses 60 ans, s’est occupée de l’animation liturgique. La fête de la nativité du Christ, célébrée le 25 décembre, est précédée dans l’Eglise universelle, six mois avant, de celle de Saint Jean Baptiste le précurseur, celui qui a préparé le chemin, a donné son corps et versé son sang pour la vérité et la justice.
Annonçant la Parole de Dieu tirée de l’évangile selon Luc 1,57-66.80, le père Jean De Dieu Passy s’est appesanti à peindre le personnage de Jean Baptiste pour montrer la dimension spirituelle de sa mission et son humilité à servir Dieu et son peuple. «Le monde entier aujourd’hui tourne son regard vers la Russie où se joue la Coupe du monde de football, distraction utile pour les sportifs, moments de détente et de joie pour les hommes et les femmes de notre temps, le Seigneur nous invite à faire un petit détour sur un terrain autre que celui du football. Ce terrain, est la célébration de la solennité de la naissance de Jean Baptiste, une fête de joie et de miséricorde. Saint Jean Baptiste est un homme de contrastes: il vit dans le silence du désert, et du désert il parle aux foules et d’une voix autoritaire et convaincante, les invite à la conversion. Il est humble de façon à reconnaître qu’il n’est pas la parole mais uniquement la voix, mais il ne mâche pas ses paroles et a le courage d’accuser et de dénoncer les injustices y compris aux rois eux-mêmes. Jean Baptiste est un grand homme! Jésus dira de lui qu’il est le plus grand homme né d’une femme, mais il n’est que le précurseur. Toute son enfance et son adolescence ont été marquées par la prise de conscience de sa mission qui consiste à rendre témoignage; De par notre baptême, nous avons tous été choisis et envoyés pour rendre témoignage du Seigneur. Et sur différents terrains hostiles ou indifférents, Saint Jean Baptiste restera pour nous un exemple, un modèle de droiture et de justice pour un monde réconcilié avec Dieu.» Avant le rite de renvoi, le curé a présenté et remercié au même moment, le concélébrant, l’abbé Chéret Ghislain Bazikila.

La première messe fut célébrée dans la nouvelle église le 25 décembre 1965

L’histoire de la paroisse Saint-Pierre Claver est au départ l’œuvre des pères spiritains qui avaient auparavant érigé la paroisse Notre-Dame du Rosaire, les pères Maurice Ramaux et David. Une histoire merveilleuse dont les débuts remontent autour de la fin des années 40, avec le développement de l’agglomération de Bacongo habitée par les Africains, plus particulièrement la tribu lari, alors que les Européens fréquentaient la paroisse Saint-François d’Assise du centre. Vu l’affluence des fidèles qui ne cessait de croître, il fallut créer une deuxième paroisse de l’autre côté du quartier Bunsana Bua Nkonkela (Tristesse du soir). Les premiers occupants de ce quartier l’avaient appelé ainsi avec un humour nostalgique, parce qu’il se trouvait à la périphérie de la ville et sans éclairage public. Plus aéré, où se trouvait déjà une paroisse protestante.
Au départ, une école fut créée et fonctionna durant deux ans. Après d’importantes recherches, un grand terrain où se pratiquaient le football (Stade Biéchy) et  le sport automobile fut acquis par les spiritains en 1950. Le premier hangar de 46 m verra le jour en 1951. Quatre mois plus tard, un second bâtiment est construit ainsi qu’une chapelle de 18 x10 m devenue aujourd’hui «Foyer Père David», une salle de classe pour héberger les pères Ramaux et David. La chapelle sera bénie et inaugurée le 14 octobre 1951 par Mgr Paul Biéchy, alors vicaire apostolique de Brazzaville. Dans cette œuvre, il y eut l’importante contribution du père Joseph Le Badezet.
Depuis son installation, une nouvelle vie commence, la pastorale se développe et l’école fonctionne à merveille. Les fidèles laïcs habitant le quartier Bunsana Bua Nkokela rejoindront pour des raisons de proximité la nouvelle cité Saint-Pierre Claver; bien que le père Ramaux ne voulût pas entendre ce nom. Avec l’évolution de la paroisse, deux mouvements seront créés: les Cœurs Vaillants et les Scouts. Mais le premier groupe d’apostolat de la paroisse, ce sont les Foyers chrétiens, sous la direction d’Honoré Samba, premier servant et chantre de la paroisse en 1954. Le groupe Foyers chrétiens disparaîtra au profit de la Légion de Marie dont les réunions se tenaient à Notre-Dame du Rosaire. Au cours de ces réunions les légionnaires de Saint-Pierre Claver regrettaient l’absence au sein de l’Eglise catholique des chants funèbres. Avec l’assistance des séminaristes, naîtra à Saint-Pierre Claver, le groupe Dila Sambila, l’actuelle Schola populaire en septembre 1957. Les fondateurs: Honoré Samba, Jacques Malonga et Basile Mbonzi.
A la suite de l’hospitalisation du père Ramaux victime d’une douloureuse agression par des bandits en janvier 1956, un malaise s’installa au sein de l’équipe presbytérale. Finalement, le 16 octobre 1957, la paroisse passe sous administration de la Congrégation des Pères du Très Saint-Sacrement venus du Canada. Les premiers à fouler le sol de la paroisse sont les pères Rottoli et Delpuech. Pour mieux communiquer avec les fidèles, ils partiront pour un séjour linguistique à Mindouli chez le père Schaub, le Nkuunku nyuungu (le patriarche). Les pères Armand Flammand, Armanie et le frère Clément viendront grossir le rang des sacrementins entre janvier et août 1958. Deux ans après, les pères Dionne et Taffet les rejoindront. La même année le père Delpuech, l’auteur du projet de l’actuelle église, rentre chez lui pour des raisons de santé. Le père Taffet lui succéde. L’équipe presbytérale s’agrandira avec les arrivées de deux jeunes prêtres: les pères Camillien Brisson (1964) et Denis Larouche (1967). Entretemps le nombre des chrétiens augmenta si bien qu’en 1963 commençaient les travaux de la nouvelle église dans l’emplacement actuel, une œuvre architecturale de Jean Yves Normand. Des travaux exécutés par le frère Bonaventure Visbeck, assisté du frère Lachaume. La première messe sera célébrée dans la nouvelle église sans bancs, le 25 décembre 1965. En mai 1971, le frère Jean Louis acheva les derniers travaux et l’église fut consacrée le 23 avril 1972 par le Cardinal Emile Biayenda. Saint-Pierre Claver est aujourd’hui avec Sainte-Anne du Congo, le plus haut clocher au Congo.

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