2e assemblée mixte de la Conférence des supérieurs majeurs au Congo : Redynamiser la pastorale des vocations en y associant les familles

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Le centre spirituel Vouela a abrité du 2 au 5 mai 2018, les travaux de la deuxième assemblée mixte de la Conférence des supérieur(e)s majeur(e)s au Congo (CSMC) sur le thème: «La vie religieuse face aux défis de la famille aujourd’hui». Ce thème a été choisi dans le prolongement de celui de l’Assemblée plénière de l’Union des supérieur(e)s majeur(e)s du Congo (USMC) de 2015, à savoir: «Notre identité de consacrées en relation avec nos familles.» Après avoir lu le compte rendu de ces assises, la Sacrée Congrégation des Instituts de Vie consacrée et des Sociétés de Vie Apostolique a exhorté les supérieurs majeurs à approfondir ce thème.

 

La rencontre été rehaussée de la présence de quatre éminentes personnalités: NN.SS. Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, Francisco Escalante Molina, nonce apostolique au Congo et au Gabon, Jean Gardin, évêque d’Impfondo, chargé de la Vie Consacrée auprès de la Conférence épiscopale du Congo et Urbain Gassongo, évêque de Gamboma.
La Conférence des supérieur(e)s majeur(e)s au Congo (CMSC), délégués et représentants des Unions diocésaines, a tenu sa deuxième assemblée plénière mixte à Brazzaville au Centre spirituel des pères Jésuites «Vouela». Il était de bon aloi que les religieuses et religieux en service au Congo évaluent les orientations prises à Djiri en avril 2017 pour réajuster leur «vivre ensemble» tel que voulu par la Congrégation des Instituts de Vie consacrée et des Sociétés de Vie Apostolique.
Pendant la messe d’ouverture, Mgr Anatole Milandou a précisé que le thème reste d’actualité et fait l’objet de réflexions au sein de l’Eglise. Il a encouragé et exhorte les religieux à approfondir la réflexion sur la famille; en vue de revenir au destin premier du Créateur.
En prélude au thème principal, le nonce apostolique a fait une communication sur l’Eglise Famille de Dieu. Il a clarifié les termes Eglise catholique, Saint Siège et Etat du Vatican. Il a mis en exergue les aspects juridiques et administratifs de l’Eglise. On retient en définitive que le Saint-Siège n’est pas un pays:
mais est, en la personne du pape, l’autorité religieuse suprême de l’Église catholique, une institution non territoriale. Sa mission dans le monde est de diriger l’Église catholique. «Dans son essence profonde, elle est une entité spirituelle née dans la foi et qui peut finalement être connue non sur une base statistique, diplomatique ou prestigieuse, mais seulement à la lumière de la Foi.», a fait savoir le nonce apostolique
Le Docteur Emile Michel Mankessi, enseignant chercheur à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville et communicateur du thème principal, a souligné quelques problèmes spécifiques qui entachent la famille aujourd’hui et ce, quelle que soit la vie que l’on mène ou quel que soit le lieu où l’on réside. Nous pouvons citer le chômage, l’éducation mortelle, l’analphabétisme, la destruction de l’écosystème, la pauvreté …Aujourd’hui la société a perdu sa certitude à cause de son égoïsme; par conséquent, «nous sommes devenus désorientés par le refus de vivre  ensemble» a renchéri le docteur. Par rapport a la dégradation des familles, le philosophe a décrypté trois points à savoir la définition de la famille, comment éduquer aujourd’hui et le rôle de l’Eglise dans la famille.
Le concept famille n’a rien de naturel; il exprime un accord de volonté et c’est par la volonté que mari et femme vivent ensemble. Pour définir la famille, le conférencier s’est appuyé sur Jean Jacques Rousseau qui affirme que la famille est le premier modèle de société politique. Elle est un espace fondamental de l’éducation des enfants. Cependant, de nos jours sa fonction est mise à mal à l’égard des enfants et l’on constate l’affaiblissement de son autorité; d’où l’irresponsabilité familiale. De nos jours, les enfants vivent selon leurs propres lois et se sentent autonomes, les parents se trouvant  impuissants face à ceux-ci. La famille est devenue complice du mal. Nonobstant tout cela, il s’avère qu’aucune école ne peut remplacer la famille.
Les religieux ont-ils des solutions à ces problèmes? De quels moyens disposent-ils  pour accompagner la famille aujourd’hui? Que peuvent-ils mettre en commun pour donner un espoir aux familles désespérées? Les religieux doivent-ils servir ou se servir? Les réponses à toutes ces questions suscitent d’autres interrogations et propositions. On retiendra, en définitive, que le rôle de l’Eglise est de montrer aux hommes le chemin du salut. L’Eglise doit par conséquent être violente envers elle-même, mais de manière intrinsèque. Montrer aux parents la responsabilité co-éducative la pédagogie proposée.
Pour approfondir la réflexion, Sr Ida Pélagie Louvouandou de la congrégation des Petites Sœurs Dominicaines s’est appesantie sur l’inculturation de la vie religieuse. Elle a fait remarquer que la culture ne peut pas être un frein à la vie consacrée. Il nous faut un aggiornamento, un élan fort de rupture puisque nous avons des choix clairs à faire à l’instar du choix de notre baptême pour aimer nos familles à la lumière du Christ. Car si on souhaite évangéliser la culture, on doit se mettre en mouvement, en marche perpétuelle, étant donné que celle-ci n’est pas statique.
Mgr Jean Gardin a invité les congrégations à la lecture des signes du temps et au décryptage des nouveaux engagements en lien avec l’évolution de la société pour découvrir davantage leur vocation. Pour  Mgr Urbain Ngassongo, la conversion est une réalité dynamique, elle n’est pas acquise. L’autorité est là pour aider la personne consacrée à atteindre ses objectifs vocationnels, elle est un modèle de relation. Beaucoup d’autres ateliers ont permis aux religieux d’éclairer leur marche commune.
La messe de clôture a eu le samedi 5 mai dans la chapelle de la nonciature et a débouché sur la lecture des orientations que voici: * Favoriser les rencontres avec les familles afin de les aider à redécouvrir leur mission première qu’est l’éducation; *Faire de nos œuvres des outils d’évangélisation; *Redynamiser la pastorale des vocations en y associant les familles; *Assurer la continuité de l’Institut Emmaüs en mettant en place une équipe de coordination et en y envoyant des étudiant(e)s; *Achever les travaux de construction de Moukondo afin d’offrir aux jeunes en formation un espace adéquat; *Programmer deux sessions de formation permanente afin d’aider les religieux à réfléchir sur le vécu des vœux en contexte africain; *Avancer dans l’étude pour la réalisation du projet du Centre hospitalier à Lifoula dont la gestion pourrait être confiée à une congrégation qui a ce charisme.
Le Bureau des supérieur(e)s majeurs(e)s veillera à l’exécution de ces orientations.

Frère Stéphane
BIVOUMBOUKOULOU, fca

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