Clôture de la Session pastorale annuelle de la Conférence épiscopale du Congo : Les évêques réaffirment la nécessité de mieux contrôler l’action des Commissions et structures d’Eglise

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Ouverts le lundi 9 avril 2018, dans la salle de réunion de la Commission épiscopale de l’éducation catholique (CEEDUC), au Centre interdiocésain des œuvres (CIO), à Brazzaville, les travaux de la Session pastorale annuelle des évêques du Congo, l’un des trois rendez-vous ordinaires de l’année, placé sous les auspices de Mgr Daniel Mizonzo, évêque de Nkayi, président en exercice de la Conférence épiscopale du Congo (CEC), se sont achevés jeudi 12 avril, dans une parfaite communion fraternelle.

Et cela en présence de NN.SS Victor Abagna Mossa, évêque d’Owando, Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala, Bienvenu Manamika Bafouakouahou, évêque de Dolisie, Miguel Angel Olaverri, évêque de Pointe-Noire, Urbain Ngassongo évêque de Gamboma, Yves Marie Monot, évêque de Ouesso, Jean Gardin, évêque d’Impfondo et Anatole Milandou, archevêque métropolitain de Brazzaville. Sans oublier, les membres du secrétariat de la CEC, les responsables et délégués des Commissions épiscopales, les membres du Conseil national de l’apostolat des laïcs du Congo (CNALC) et les délégués des bureaux nationaux des mouvements d’apostolat.

Pendant trois jours, les évêques ont consacré leur temps à l’écoute à l’échange, à l’analyse et au suivi de diverses communications présentées par les responsables des différentes Commissions épiscopales et autres structures d’Eglise, telles que: C.e.edu.c, Cemir, Caritas-Congo, Justice et paix, Commission famille, Commission doctrinale, La Semaine Africaine et Radio Magnificat, Imprimerie Saint Paul, Commission jeunesse et enfance, Commission pastorale de la santé, Commission liturgique, Renouveau charismatique, Evangélisation et catéchèse, Apostolat Biblique. Ces différentes structures ont fait le tour d’horizon des difficultés qui sont les leurs, en vue d’apporter des solutions idoines.
Outre les Commissions épiscopales, un regard a été porté sur les trois séminaires (Propédeutique, Philosophat et Théologat), les aumôneries universitaires, militaires, les cadres et les hommes politiques, les Œuvres pontificales missionnaires (OPM).

Des médias à la peine
La situation de La Semaine Africaine, Radio Magnificat et l’imprimerie Saint Paul, trois entités des moyens de communications sociales de l’Eglise confrontées à d’énormes difficultés financières, a retenu l’attention des participants. Le bihebdomadaire La Semaine Africaine, selon son directeur de publication, M. Albert S. Mianzoukouta souffre de moyens financiers qui, comme tant d’autres presses, peinent à vivre. Si La Semaine Africaine est dans certains sens un dispositif pour l’évangélisation, elle doit nécessairement bénéficier d’un financement conséquent et permanent émanent des paroisses, diocèses, mouvements d’apostolat et de la Conférence épiscopale du Congo. A sa création le 4 septembre 1952 par le père Jean Legal, missionnaire spiritain, l’objectif était de se doter d’un outil de communication sociale pour la pastorale d’évangélisation sous l’appellation de bihebdomadaire d’information et d’action sociale de l’Afrique Equatoriale Française (A.E.F). D’où, le cri de cœur de son directeur de publication qui sollicite l’implication des évêques pour lui venir en aide, ainsi que les personnes de bonne volonté. A cela s’ajoute, la mise en place d’un service de correspondants dans tous les diocèses pour la vulgarisation du journal. Les évêques quant à eux, ont apprécié les changements intervenus, notamment dans le contenu des articles, leur présentation avec différentes rubriques, surtout celle intitulée «Un Dimanche en paroisse» qui fait de plus en plus d’échos dans les paroisses. Aussi encouragent-ils cette réforme et invitent-ils les Commissions épiscopales, les diocèses et les mouvements d’apostolat à s’approprier cet outil de communications sociales. Cependant, les biens meubles et immeubles sont une propriété de La Semaine Africaine et aucun n’a le droit de s’en approprier, ont tenu à rappeler les évêques.
L’imprimerie Saint Paul, aujourd’hui avec plus de dix mois d’arriérés de salaires des agents, illustre bien la crise profonde que traverse cette entité. Mais, plusieurs raisons expliquent une telle crise, parmi lesquelles la question financière avec pour corollaire la crise économique qui sévit au Congo. Elle mérite une innovation technologique intégrée et d’un renouvellement des machines à même de proposer des produits de qualité pour affronter la concurrence dans un monde à double vitesse où seules les technologies traditionnelles de l’information battent de l’aile. D’ailleurs, son directeur par intérim, André Fouka, fait le plaidoyer pour que les évêques du Congo prennent des mesures salvatrices allant dans le sens de l’amélioration des conditions de survie de cette structure, dont les activités sont arrêtées depuis près d’une année.
Pour la Radio Magnificat, celle-ci était au départ une propriété de la Conférence épiscopale du Congo et qui est devenue une propriété de l’archidiocèse de Brazzaville. Sa délocalisation de son ancien site du CIO est imminente, affirme l’archevêque.
Un catéchisme unique devra être élaboré pour tous les diocèses du Congo, tenant compte des normes doctrinales de l’Eglise, afin d’éviter les dérapages constatés dans l’animation de la pastorale catéchétique, a fait savoir la Commission doctrinale. Quant à la Commission famille, elle aussi, devra élaborer ou étudier la possibilité de mettre sur pied une méthode concernant l’animation de la prière des malades et de guérison, afin de recadrer ce ministère. Pour la CEEDUC, il a été initié une opération «l’école verte» à travers l’opération de planting d’arbres dans quelques établissements scolaires des diocèses. Tout ceci, pour lutter contre la déforestation et l’exploitation anarchique du sol congolais.
Dans les perspectives, il va falloir redynamiser les commissions diocésaines, moraliser les élèves en proie à des actes de vandalisme dans les établissements scolaires, par l’enseignement de la morale chrétienne qui complète l’instruction civique. La Commission de la Santé a répertorié 55 centres médicaux tous genres confondus, recensés dans tous les diocèses et qui sont tenus pour la plupart par les religieuses. S’agissant de la Commission de liturgie, plusieurs formations ont été organisées en faveur des prêtres et autres laïcs à Dolisie, Pointe-Noire, Ouesso, Owando, Kinkala. A cela s’ajoutent celles des catéchistes animateurs organisées à Brazzaville au cours de cette année, à raison de trois participants par diocèse. Là aussi, pour éviter tout dérapage, un directoire liturgique devra être élaboré pour tous les acteurs intervenant dans ce secteur, notamment, les chorales, car tous les chants religieux ne sont pas forcément liturgiques. Le rapport fait par l’Alliance Biblique a concerné la traduction de la Bible (Ancien et Nouveau Testament) en langues locales: lari, kituba, vili, téké, mbochi, dont le travail est suffisamment avancé.
En définitive, toutes les Commissions épiscopales et autres structures relevant de la Conférence épiscopale du Congo souffrent d’un manque de financement pour se mouvoir sur le terrain et leur permettre l’organisation des différentes activités.
Clôturant les travaux, Mgr Daniel Mizonzo a exprimé sa profonde gratitude à l’endroit de tous les participants pour la qualité des interventions et les contributions apportées au cours de cette session qui s’est tenue au moment où l’Eglise du Congo célèbre le 135e anniversaire de son évangélisation. «A travers les diverses interventions et les échanges, analyses et objections du vécu ecclésial, nous nous sommes rendus compte de l’urgence de la conformité du message évangélique aux circonstances nouvelles liées au devenir incessant du monde, tant au niveau spirituel, pastoral, liturgique, économique, social, moral que politique. Les différents exposés nous ont enseigné que de nombreuses activités programmées ont été réalisées, en totalité ou en partie, alors que d’autres ne l’ont pas du tout été, faute de financement ou pour d’autres raisons. Parmi les difficultés les plus récurrentes empêchant le bon fonctionnement de nos Commissions épiscopales, figurent entre autres: la non-coordination des bureaux nationaux des mouvements d’apostolat avec ceux des diocèses; l’harmonisation des activités au niveau national; la structuration de différentes aumôneries; les finances dans nos Commissions épiscopales, faute de production et d’un véritable projet de développement et d’autonomie financière. Dans la logique des finances, nous en appelons à une gestion saine, transparente et responsable. Ainsi, nous recommandons vivement la mise en place des équipes de contrôle et de suivi budgétaire et la formation préalable des responsables de gestion dans différentes Commissions qui possèdent quelques ressources. Les difficultés soulignées sont réelles et nécessitent un examen d’ensemble en profondeur, depuis la base jusqu’aux évêques, en passant par les cadres et intellectuels, le clergé et les personnes consacrées pour pouvoir proposer des voies de solutions durables pour un lendemain pastoral qui chante», a dit le président de la CEC.
La fin des travaux a été marquée par la lecture d’un rapport synthèse de la session que nous publions ci-contre.

Pascal BIOZI KIMINOU

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