Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et Madagascar : Redynamiser la pastorale des Communautés ecclésiales de base

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Dans le cadre de la célébration en juillet 2019 à Kampala, en Ouganda, de ses 50 ans, le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM) mène une série d’activités à caractère continental. Au nombre desquelles, l’atelier de travail organisé récemment à Cotonou (Bénin), du 8 au 12 mars 2018, consacré aux Communautés ecclésiales de base (CEB), appelées aussi Communautés ecclésiales vivantes (CEV).

Présidée par l’abbé Melchior-Edouard Mombili, premier secrétaire général adjoint du SCEAM chargé de l’évangélisation, la rencontre a réuni les délégués de 13 pays du continent, membres du groupe de travail du SCEAM dans cette pastorale. Au terme des travaux, les participants ont publié un communiqué final.

Initialement voulu à Lomé au Togo en décembre 2017, cet atelier, le 6e du genre a réuni 17 délégués venus des pays membres du SCEAM, en majorité francophones: RD Congo, Congo, Togo, Burkina Faso, Sénégal, Guinée Bissau, Rwanda, Côte d’Ivoire, Cameroun, Gabon, Burundi, Ghana et Bénin. Les travaux en plénière dominés par le partage d’expériences respectives ont permis aux participants d’intérioriser les communications et différents enseignements à travers des carrefours. Ce travail en carrefours a été un haut moment d’appropriation des différentes appellations de cette pastorale selon les pays dans les huit régions épiscopales du SCEAM: Communautés ecclésiales de base (CEB), Communautés ecclésiales vivantes (CEV), Communautés ecclésiales vivantes de base (CEVB), Communautés chrétiennes de base (CCB) ou Communautés chrétiennes catholiques de base (CCCB).
En Afrique francophone, la RD Congo est très avancée dans cette pastorale qui existe dans tous les diocèses du pays. L’initiateur en est le cardinal Joseph Albert Malula qui voulait l’africaniser, et voulait en faire l’affaire des laïcs assistés des prêtres, dans le souci de leur faire prendre une pleine place dans l’Eglise. La rencontre de Cotonou a été l’occasion de mettre en place un noyau des acteurs francophones à l’instar de ce qu’ont réussi les anglophones pour qui les CEVB sont au cœur de la pastorale de l’Eglise. Notamment au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda, en Ethiopie, en Zambie. En d’autres termes, il s’agit d’instituer les CEVB partout, surtout là où il y a le plus besoin. Comme lors des rencontres antérieures, les participants ont convenu que ces communautés reconnues comme l’Eglise du quartier sont des foyers de charité sans frontières, des lieux d’écoute de la Parole de Dieu et d’enracinement de la foi.
Vision réaffirmée par Mgr Roger Houngbedji, archevêque de Cotonou, qui a encouragé les participants.
L’atelier a planché sur de nombreux défis, dont celui de stabiliser les chrétiens au niveau de l’Eglise à cause d’énormes départs de ceux-ci vers d’autres mouvements religieux. Ce qui nécessite une solidarité réelle et l’ambition de créer une synergie, un point d’attraction pour susciter davantage d’adhésions. L’exemple de certains pays pour cela est admirable.
Au Burundi, les CEVB constituent une pastorale de proximité, de présence réelle de l’Eglise. Mais, elle est confrontée aux défis de manque des ouvriers et la nécessité d’y faire participer les prêtres. Font également défaut, la présence d’une mentalité chrétienne qui doit pénétrer les esprits, la paupérisation des populations, les injustices sociopolitiques que traverse le Burundi qui ne favorisent pas la vie des communautés interdites par le pouvoir, la non-participation des jeunes notamment, l’instabilité des membres du comité de base. Tandis qu’au Burkina Faso, pays où on compte deux mille CCB, les défis se résument en manque d’un référentiel formel, de mobilisation, de l’appropriation des fondements théologiques, de la formation à tous les niveaux, du témoignage de la charité.
Si au Rwanda les CEVB aident l’Eglise face aux sectes disséminées dans le pays au nombre de 700 dont le gouvernement a décidé la fermeture, il reste qu’au Cameroun la vitalité des CEVB se fait en plusieurs vitesses. En prime, la diversité linguistique avec environ 250 ethnies.
Pendant cet atelier de travail où le Congo a été représenté par l’abbé Antonio Mabiala, secrétaire général  de l’ACERAC et Aristide Ghislain Ngouma, les délégués des Conférences épiscopales nationales et régionales ont également recentré leur place dans l’esprit des deux synodes spéciaux africains qui ont respectivement débouché sur deux exhortations apostoliques post-synodales que sont Ecclesia in Africa en 1995 avec la notion d’Eglise-famille et Africae munus en 2011, la mission ou engagement de l’Afrique.
Grâce au soutien financier de Missio-Aachen son partenaire qui prône dans son action cette pastorale, le SCEAM avait déjà réussi à organiser cinq rencontres du type: Nairobi (Kenya) en 2012 et 2017, Accra (Ghana) en 2014, Ouagadougou (Burkina Faso) en 2015, Kinshasa (Rd Congo) en 2017. Cette pastorale débute à l’aube des années 60 et fut adoptée par le SCEAM, le 20 octobre 1974.

Aristide Ghislain NGOUMA
Participant

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