Père Romano Gambalunga, postulateur de la Cause de béatification du Cardinal Emile Biayenda : «La préparation de la Positio dont je suis responsable, avance à un bon rythme»

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De passage à Paris du 12 au 19 février 2018, le père Romano Gambalunga, postulateur de la Cause de béatification du Cardinal Emile Biayenda, a bien voulu nous dire à quel point en sont les procédures canoniques.

 

* Bonjour padre! Votre dernier passage à Paris remonte au 6 mai 2017 à l’occasion de la célébration eucharistique du 40e anniversaire de la mort du Cardinal Emile Biayenda, en la basilique de Saint-Denys, messe présidée par Mgr Anatole Milandou et que vous avez concélébrée. Quel souvenir gardez-vous de cette cérémonie, après ce que vous avez vu à Brazzaville?
**Je garde un très beau souvenir de cette célébration festive. Elle m’a fait comprendre encore mieux combien la mémoire de Biayenda est vivante et combien sa figure est importante pour la vie de beaucoup de personnes.
*Un de vos noms est Transfiguration, étrange, non? Puis il y a votre appartenance à l’ordre des Carmes Deschaux. Pourriez-vous nous parler de cet ordre religieux, et de l’origine de votre vocation sacerdotale puis monastique?
**Ma vocation est née en connaissant les Pères Carmes du Sanctuaire de la Vierge de Laste, qui se trouve près de la maison de mes parents, sur la coline de Trente, dans le Nord de l’Italie. Il était donc facile, en fréquentant ce couvent dans lequel vivaient des jeunes qui commençaient leur expérience de vie religieuse (postulants et novices), et en cherchant la miséricorde de Dieu pour qu’Il remplisse mon coeur de jeune assoiffé de vie.
*Depuis quand êtes-vous à la Congrégation de la Cause des Saints? Comment l’instruction de la Cause du Cardinal Biayenda vous est-elle tombée dans les bras? Et comment s’organise le travail dans ce grand dicastère?
**Je collabore avec la Congrégation des Causes des Saints depuis juin 2012. J’assume la Cause du Cardinal Biayenda après le retour dans sa terre natale du précédent postulateur, Père Ildefonso Moriones. Le travail à la Congrégation est complexe et surtout, on pourrait employer un fonctionnaire de plus, parce qu’il y a beaucoup de Causes à examiner. Le cardinal préfet est aidé par un évêque secrétaire, d’un sous-secrétaire et du promoteur de la Foi. A ceux-là s’ajoutent les rédacteurs qui suivent le travail de préparation de la Positio (Orientation ou voie à prendre, Ndlr), qui sera examinée par les historiens, les théologiens et les évêques. Lorsqu’il y a un miracle, c’est une équipe de médecins, des théologiens et des évêques qui l’instruit. Vous pouvez l’imaginer: coordonner plusieurs personnes n’est pas facile.
*Vous arrive-t-il de sentir le poids de cette charge au regard de l’attente des Eglises locales qui vous confient ces dossiers?
**Si une Cause est vivante, c’est-à-dire est présente dans le coeur des gens qui prient le Serviteur de Dieu, qui demandent et reçoivent des grâces et se sentent aidés dans son chemin de vie, alors je sens plus forte ma responsabilité de ne pas trahir la confiance de tant de personnes et cela m’aide à bien faire mon travail.
*Dans votre travail, vous arrive-t-il de douter de la personnalité du candidat préposé?
**Toutes les Causes ne sont pas toujours de belles Causes, parce que le candidat à la canonisation n’a pas toujours une grande réputation de sainteté. Quelquefois une Cause est ouverte plus pour le prestige d’un groupe que pour un véritable coup de fouet de l’Esprit qui souffle dans l’âme d’une portion du peuple de Dieu, en l’inspirant à se souvenir du Serviteur ou de la Servante de Dieu et à lui demander des grâces. D’ordinaire le postulateur conseille, suggère, peut pousser ou freiner selon son discernement, mais après, la décision est prise ensemble avec l’Auteur de la Cause, ou souvent directement par la Congrégation, peut-être parce qu’il y a un problème insoluble qui surgit durant l’instruction de la Positio.
*Au sujet de la Cause du Cardinal Emile Biayenda, où en sont les choses? Je sais votre droit de réserve. Permettez-moi de vous demander si vous maintenez ce que vous nous avez dit le samedi 6 mai dans la chapelle des pères de la Rue Lhomond, je vous cite:  «Commencez à économiser pour le billet de Brazzaville». Cette parole est-elle toujours d’actualité?
**Commencer à économiser et à mettre de côté l’argent pour le billet d’avion est un conseil que je peux répéter, en espérant qu’il n’y ait pas des problèmes durant l’instruction de la Positio du Cardinal Biayenda (NDLR. Depuis quelques années, les cérémonies pour la Béatification se déroulent dans le pays d’origine du futur Bienheureux). Cela je ne peux pas le savoir maintenant et ne dépend pas de moi, mais je peux dire que le travail pour la préparation de la Positio pour lequel je suis responsable, avance avec un bon rythme.
*Permettez-moi de vous remercier au nom de l’Eglise du Congo-Brazzaville pour ce travail combien passionnant et exaltant que vous accomplissez jour après jour pour la Cause de cette grande figure de l’Eglise d’Afrique et de l’Eglise universelle. Que Dieu vous bénisse.
**A l’Association (Association Cardinal Emile Biyenda, ACEB-France, Ndlr), je peux dire deux choses et je le fais avec tout mon cœur: la première chose, c’est de continuer à prier le Cardinal Biayenda pour qu’il aide le peuple congolais et toute l’Afrique à s’ouvrir à l’Evangile de la miséricorde et de la justice de Dieu. La deuxième, c’est de maintenir vivante sa mémoire, mieux le connaître en lisant ses écrits, ses homélies et le faire connaître au plus grand nombre possible. Que le Seigneur vous bénisse et que la Sainte Vierge vous protège!

Propos recueillis par
Gabriel SOUNGA-BOUKONO Président de l’Association
Cardinal Emile Biayenda-France
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