Un Dimanche en paroisse: Archidiocèse de Brazzaville : Notre-Dame de Fatima de Mpila

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Le Seigneur glorifié pour ses guérisons aux malades
La messe du dimanche 11 février 2018, à la paroisse Notre-Dame de Fatima a connu un grand engouement, les fidèles chrétiens se sont mobilisés en grand nombre. Celle-ci a été célébrée par le révérend père Jean-Marie Bukasa Malu, curé de la paroisse et concélébrée par l’abbé Freddy Okamba, chancelier du diocèse de Ouesso. L’animation a été assurée par la chorale Cœur Sacré de Jésus Motéma qui a émerveillé l’assistance par ses cantiques.

Dans son homélie libérée en lingala et basée sur les textes liturgiques du jour, le révérend père Bukasa Malu a glorifié le Seigneur pour ses guérisons aux malades. Il a exhorté les fidèles à ne pas oublier chaque jour et chaque soir de dire le chapelet, de réciter la prière de Marie. Et d’ajouter que c’est Dieu qui fabrique chaque parent en lui confiant une mission précise et spécifique. «Et la mission que tu as, est une mission de Dieu»

Contexte, historique et présentation de la paroisse

La paroisse Notre-Dame de Fatima doit son nom à Fatima, un village situé géographiquement dans la région centrale du Portugal. Cette bourgade portugaise est devenue célèbre depuis l’année 1917. Elle est marquée, au plan international par deux faits majeurs à savoir:
− La poursuite de la première guerre mondiale (1914-1918) ;
− Le triomphe de la révolution socialiste en Russie (octobre 1917) qui peu à peu a transmis au monde la négation des valeurs spirituelles de la personne humaine et les principes de l’athéisme, à travers sa théorie;
− Le matérialisme.
C’est dans ce contexte social et politique difficile, et face à l’incertitude qui planait sur l’avenir du monde, que la Vierge Marie est apparue à trois petits bergers de Fatima (les 13 mai, 13 juin, 13 juillet, 19 août, 13 septembre et 13 octobre) où elle livra à toute l’humanité des messages de paix et d’espérance: «vous devrez beaucoup souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort» «Récitez votre chapelet tous les jours pour obtenir la fin de la guerre et la paix du monde»; «quand vous récitez le chapelet, après chaque dizaine, dites: Ô Jésus pardonnez nous, délivrez-nous du feu de l’enfer, attirez au ciel toutes les âmes, spécialement celles qui en ont le plus besoin». Les trois petits bergers: Lucie Do Santos (10 ans), François Marto (9 ans) et Jacinthe Marto (7 ans) ont été proclamés Bienheureux, le 13 mai 2000, par le Pape Jean Paul II.
La paroisse Notre-Dame de Fatima de Mpila, a été à l’origine, une chapelle construite à l’initiative de la communauté portugaise au Congo. Inaugurée en 1954, elle est placée de 1954 à 1976, sous tutelle de la basilique Sainte – Anne du Congo, avant d’acquérir le statut de paroisse, par décret N°01/77/EB du 1er janvier 1977, du cardinal Emile Biayenda, alors archevêque de Brazzaville. En 1991, la paroisse s’est vue annexer la chapelle Saint-Louis des Français, jadis une souscription du gouvernement français auprès des militaires de la garnison de Brazzaville. Celle-ci a été transformée en entrepôt d’armes de guerre, puis en centre d’alphabétisation pour les personnes âgées, au temps fort du marxisme léninisme au Congo.

Depuis 1977, année d’acquisition de son autonomie, la paroisse Notre-Dame de Fatima a connu six curés: révérend père Jean Morizur, abbé Félix Bekiabeka, révérend père Gabriel Serrano, révérend père Jean Claude Kunangidi, révérend père Roger Dunya, révérend père Jean Marie Bukasa Malu.

Père Jean Marie Bukasa Malu, curé : Construire un bâtiment à deux niveaux à Fatima


*En prenant vos fonctions en tant que curé, comment avez-vous trouvé la paroisse?
Et comment se présente t- elle aujourd’hui?
**Je saisi cette opportunité pour dire toute ma gratitude à mes prédécesseurs curés qui ont porté chacun leur pierre à cette édifice paroissiale, ce qui m’a permis de continuer cette œuvre de Dieu jusqu’à ce jour. Pour plus de clarté, notre réponse à cette question s’articule en deux points: pastorale paroissiale et notre liturgie aujourd’hui.
Pastorale paroissiale, notre paroisse se veut une pastorale de proximité qui travaille dans une dynamique de confiance, qui prend racine dans un accompagnement à travers le dialogue, l’accueil des chrétiens selon les genres de problème qu’ils présentent. Je me suis fait le devoir d’organiser la catéchèse allant de la préparation aux sacrements, telle que le diocèse nous l’exige jusqu’à celle personnalisée selon les personnes et leurs cas particuliers. Nous avions trouvé les mouvements d’apostolats comme la supplique, les chorales, les enfants de chœur aujourd’hui nous en comptons une trentaine comme mouvements d’apostolat et de liturgie. En plus de la célébration de la messe de certaines réunions et de répétition de chants par les chorales et de cérémonie par les enfants de chœur nous y ajoutons:
− L’adoration populaire du Saint-Sacrement toute la journée et qui finit par une messe avec prière d’intercession et de louange tous les jeudis à partir de 15h30;
− Le chapelet communautaire qui réunit tous les fidèles sur la «Place de la miséricorde» Chaque premier samedi du mois à partir de 7h30. A ces activités à caractère obligatoire se joignent d’autres organisées selon les circonstances et le temps. C’est le cas de: la Neuvaine à «Marie qui défait les nœuds»; les processions avec la statue de la Vierge Marie, à travers quelques artères de la paroisse (Brazzaville-Central); la campagne d’évangélisation sous le patronage du Renouveau charismatique; les compétitions sportives (Football et Nzango) entre les groupes de la paroisse, parfois entre ceux d’autres venant d’ailleurs; les marches sportives, dites de santé, à travers des artères de Brazzaville-Centre; les pèlerinages nationaux et internationaux à l’instar du récent pèlerinage en Terre-Sainte organisé dans le cadre des activités du 60e anniversaire de la paroisse; création de l’association «Afrika Telema» par le curé, père Jean-Marie Bukasa Malu, parrainé par Mgr Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, afin de promouvoir les valeurs de paix et de développement en Afrique et dans le monde (Afrique Lève-Toi). Aujourd’hui, nous prenons notre temps pour préparer et soigner nos liturgies. Chacun à son niveau fait de son mieux pour faire prier les autres et leur faire aimer nos célébrations, nous pensons ici à l’équipe sacerdotale qui prépare en plus des homélies des sessions de formation pour nos fidèles chrétiens. Avec l’augmentation du nombre des chrétiens à Fatima, après Saint-Louis des Français, nous avons aussi augmenté le nombre de célébration de messe de deux au trois. Nous mettons l’accent sur la formation des chrétiens en vue de l’amélioration de la vie chrétienne, voilà pourquoi nous organisons des sessions de formations en dehors de celles que nous propose le diocèse. Une messe pour nous est célébrée par tous les groupes d’apostolat en vue de favoriser la cohésion entre les membres de nos différents groupes. Nos registres paroissiaux sont à votre disposition afin de constater le pas fait dans la célébration de différents sacrements, avec des chiffres à l’appui pour chaque sacrement.

*Quelle innovation avez-vous apportée?
**Beaucoup d’éléments ont été déjà cités ci-haut dans la partie de ce que j’ai fait par rapport à ce que j’ai trouvé. Mais cependant, je citerai quelques cas isolés tels que: l’agrandissement et l’embellissement de la paroisse Notre-Dame de Fatima; l’aménagement de la place dénommée «Place de la miséricorde» à Fatima; l’érection d’un monument de Saint-Michel Archange; l’aménagement d’un local à usage de magasin d’objets sacrés (petite procure) qui s’est envolé avec l’incendie; la construction d’une église à Saint-Louis des Français aujourd’hui détruite par les événements du 4 mars 2012, de triste mémoire; le mur de clôture de l’église; un poste de santé pour les premiers soins.

*Avez-vous quelques projets pour l’avenir?
**Concernant cette question de perspectives d’avenir pour notre paroisse, trois projets sont au centre de nos préoccupations. Il s’agit entre autres de: la reconstruction de l’église Saint-Louis des Français; la construction d’un bâtiment à deux niveaux à Fatima, qui abritera, les bureaux des prêtres et du Conseil pastoral paroissial et qui prévoit aussi les salles de catéchèse et les chambres pour les visiteurs; la réhabilitation de l’Ecole maternelle brûlée par l’incendie.

Pascal AZAD DOKO
Journaliste de La Semaine Africaine

 

Informations supplémentaires