Un Dimanche en Paroisse : Saint-Augustin de la Tsiemé (Archidiocèse de Brazzaville)

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

«Nos pensées ne sont pas les pensées du Seigneur»
C’est au cours de la messe dominicale du 24 septembre 2017, 25e dimanche du temps ordinaire de l’Année liturgique «A», que l’abbé Emmanuel Ndinga, du diocèse d’Owando,  célébrant du jour, a invité la chrétienté de Saint-Augustin à méditer sur l’Evangile de Matthieu 20, 1-16 qui stipule: «A sa grandeur, il n’est pas de limite». Le royaume des cieux, a-t-il dit, est comparable au champ d’un maître de moisson partant de grand matin pour embaucher les ouvriers pour sa vigne.


Le célébrant a signifié que les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées. «Faisons de telles sortes que nos projets soient bénis de Dieu, lui qui est Maître de toute chose. La vocation de l’Eglise n’est pas de chasser les personnes, mais au contraire chercher leur conversion. Les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers», a-t-il conclu.

52 ans d’évangélisation, d’espérance et d’édification dans la foi
Fondée en août 1965, par le père Jean-Marie Grivaz, missionnaire de la Congrégation des pères du Saint-Esprit, la paroisse Saint-Augustin est située au n°77, rue Manguenguengue, au bord de la rivière Tsiemé. L’actuelle paroisse s’appelait auparavant Saint Jean-Baptiste de Tsiemé-Talangaï. Le terrain fut acheté le 11 mars 1963 par le père Grivaz auprès du propriétaire terrien Joseph Ngobali, pour un montant de 40.000 F. Cfa. Les conditions de versement et d’acquisition dudit terrain étant réunies, et muni d’un reçu en bonne et due forme, le père Grivaz va construire un bâtiment qui abritera les salles de classe de l’Ecole de la Mission catholique de la Tsiemé, aujourd’hui Ecole de la Tsiemé, afin de garantir l’éducation des enfants du quartier Tsiemé-Talangaï. A l’érection de la chapelle, le missionnaire lance dès le 1er octobre 1965, jour de la rentrée scolaire, les premiers cours dans cette Ecole qui connaîtra par la suite la nationalisation quelques mois plus tard, dans le cadre des réformes amorcées par le gouvernement de la République. Dans son élan missionnaire, il achète encore en avril 1967, un autre terrain de l’actuel site de la paroisse évangélique, située sur la rue Lampama, chez le même propriétaire terrien, pour y bâtir une église dédiée à Saint Jean-Baptiste.
Vu la proximité de ces deux Missions catholiques ayant le même Saint patron, le père Grivaz négocie avec les responsables de la Mission protestante qui occupaient déjà le site de l’actuelle paroisse Saint Jean-Baptiste sur la rue Oboya, pour une permutation de terrain. Cela s’est réalisé, puisque le terrain sur la rue Lampama fut cédé à la Mission Protestante.
La première messe y fut célébrée le dimanche 1er janvier 1966, par le père Jean Marie Grivaz, dans la chapelle Saint Augustin qui, automatiquement devenait annexe de la paroisse Sainte Marie de Ouenzé.
Au cours de la période allant de 1966 à 1975, la paroisse va voir la naissance de ses premiers mouvements d’apostolat, en l’occurrence, la Schola populaire avec comme président M. Emmanuel Bakoua et la Légion de Marie avec pour président M. Jacques Nkouka, tous d’heureuse mémoire. Mais entretemps, à partir de l’année 1970, M. Jacques Nkouka présidera aux destinées du Conseil paroissial.
Afin de s’occuper de sa nouvelle charge de responsable de la paroisse Saint Jean-Baptiste de Talangaï, le père Grivaz confie la responsabilité de la chapelle de la Tsiemé sous la tutelle de la paroisse Saint Jean-Marie Vianney de Mouleké, à d’autres confrères. Dans les années 1972-1975, le père Aimé Porret, de la Congrégation du Saint Sacrement, en sera le curé. Avec lui, la chapelle de la Tsiemé sera érigée en paroisse et prendra la dénomination de Saint-Augustin, évêque d’Hippone.
Le 27 avril 1975, le cardinal Emile Biayenda procède à la bénédiction solennelle de la chapelle. N’ayant pas encore d’autonomie, la paroisse fut de nouveau sous la tutelle de la paroisse Sainte Marie de Ouenzé et du père Jacques Dehais. Ce dernier va initier de nombreux projets, parmi lesquels la construction du mur de clôture.
En 1987, le père Jacques Dehais quitte Brazzaville pour Impfondo, dans le diocèse de Ouesso et est remplacé par le père Yves Marie Monot, l’actuel évêque de Ouesso qui y célébra sa première messe le 18 octobre 1987, accompagné d’une forte équipe très dynamique et comprenant les pères Christian de La Bretesche, Jean Claude Mbemba (X-or), les abbés Ernest Ntunta, Dieudonné Samba, Alain Florent Gandoulou, Nazaire Mabanza, assistés de deux séminaristes en l’occurrence, Jean Jacques Kassanda et Féliche Bertho, ainsi que de M. Antoine Loutangou, président du Conseil paroissial.
Au cours de cette période, le père Yves Marie Monot et toute son équipe procèdent à un vaste programme de construction de certains ouvrages, notamment la passerelle sur la rivière Tsiemé reliant la rue Manguenguengué à la rue Lampama (de l’autre côté de Talangaï), le presbytère, la salle polyvalente, la paillote abritant le Mbongui Sainte Monique, l’électrification des postes de catéchisme le long du mur de clôture de la paroisse. A cela va s’ajouter la mise en place des communautés ecclésiales de base dans les quartiers qui abritent en même temps les postes de catéchisme.
De 1994 à 1996, lors des évènements survenus dans le 7è arrondissement Mfilou-Ngamaba, la paroisse Ndunzia Mpungu a été victime des pillages systématiques. C’est pourquoi le 6 février 1994, les prêtres de la Congrégation des fils de la charité trouvent refuge à la paroisse Saint-Augustin, sous la responsabilité du père Robert Dulatey. Leur arrivée redonne de la vigueur dans l’accomplissement des travaux déjà amorcés par le père Yves Marie Monot, notamment l’achèvement de la toiture de la salle polyvalente, la construction de la grotte mariale, la création de la Minosat (Minoterie Saint-Augustin de la Tsiemé) et de Bopeto (service de ramassage des ordures ménagères), la construction d’un bâtiment abritant la savonnerie et la vannerie dirigée par une association des aveugles, ainsi que la construction du mur du presbytère sur initiative du père Robert Dulatey.
Toutes ces activités ont permis à certains jeunes paroissiens de se procurer du travail et de se prendre en charge. Les événements du 5 juin 1997 ont occasionné des pillages systématiques à la paroisse et les Fils de la charité étaient obligés de se réfugier, une fois de plus, ailleurs. A cette période, quelques mouvements d’apostolat ont vu le jour, à l’instar des Mamans de la charité, la J.o.c (Jeunesse ouvrière chrétienne), l’Archiconfrérie Saint Michel et les Jeunes couples. La nomination de l’abbé Norbert Mbunzu «Le Front» en qualité de curé, a complètement changé la physionomie de la paroisse, et le 15 décembre 1999 est intervenue la cérémonie de pose de la première pierre pour la construction de la nouvelle église, longue de 42 m et 22 m de large, avec une capacité de plus de 500 places, pour une population estimée à près de 3.000 chrétiens. C’est donc l’abbé Marcel Miayoukou, vicaire général de Brazzaville, d’heureuse mémoire, qui procéda à la pose de cette première pierre.
Aujourd’hui, cette église qui trône au bord de la rivière Tsiemé est menacée par les eaux débordantes du ruisseau pendant les crues. Mais l’œuvre de modernisation et d’aménagement s’est poursuivie avec les différents curés, chacun apportant sa touche particulière à l’édifice d’ensemble. On peut citer les abbés Raoul Bitadi, Sébastien Zoubakela, Alain Magloire Mindou, Blaise Parfait Louthé, Servais Moumoko Loupeh et Apollinaire Bounkazi, sous la clairvoyance d’un Conseil paroissial et d’un Conseil pastoral très dynamiques, dirigés tour à tour par M. Barthélemy Niombela et Mme Pauline Nianga Obassi. La tragédie du 4 mars 2012, au camp du régiment blindé à Mpila, a une fois de plus endommagé la toiture de la paroisse, mettant en péril les efforts consentis par la communauté paroissiale.
La paroisse a été tour à tour administrée par les pères missionnaires spiritains, les Sacramentains, les Carmes Déchaux, les Fils de la charité et des prêtres diocésains. Depuis le 1er septembre 2016, une nouvelle équipe presbytérale y est présente, composée des abbés Jean Noël Miambanzila, administrateur paroissial, Aimé Fulbert Malela et Teddy Okemba, vicaires.

Vers le futur
La paroisse compte aujourd’hui 23 mouvements d’apostolat (enfants, jeunes et adultes) dont trois groupes mariaux, une fraternité, deux confréries, deux archiconfréries, quatre groupes de chants liturgiques, ainsi que les groupes jeunes. Il s’agit de: Légion de Marie, Notre-Dame du Perpétuel Secours (Supplique), Notre-Dame du Suffrage, Amis du Rosaire, Fraternité Notre-Dame de Lourdes, Archiconfrérie Saint Michel, Confrérie cardinal Emile Biayenda, Archiconfrérie Saint-Esprit, Confrérie Sainte Rita, Chorales (Elimo Santu, Les Augustins, Ndembama et la Schola populaire), Maranatha, Jeunes de la Lumière, Elisa, Yamboté, Scout et guides, Enfants de chœur, Saint Augustin (composé uniquement des anciens enfants de chœur), foyers chrétiens, Maman de la charité, veuves et veufs, Renouveau charismatique.
Egalement présentes dix commissions qui sont: Justice et paix, catéchèse Caritas, Vocation, liturgie, santé, organisation, patrimoine, discipline et famille. De nos jours, les messes dominicales sont célébrées: dimanche anticipé, samedi à 18h, dimanche à 6h30 et 10h30.
En 52 ans d’existence, la paroisse a donné au clergé du Congo sept prêtres, en l’occurrence les abbés Germain Makouiza, Raoul Bitadi, Destin Mouené Nzorombé, Yannick Nkodia; les pères Ghislain Tsiba, Pauleric Nzalabana, Hector Lipfou. A cela s’ajoutent cinq religieuses et trois séminaristes (deux grands séminaristes et un au petit séminaire).

Informations supplémentaires