Cinquième Dimanche de Pâques -A- «Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie» Textes: Ac 6, 1-7; Ps 32 (33); 1P 2, 4-9; Jn 14, 1-12

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Chers Frères et Sœurs,
La prière d’ouverture de ce cinquième dimanche de pâques stipule ce qui suit: «Dieu qui as envoyé ton Fils pour nous sauver et pour faire de nous tes enfants d’adoption, regarde avec bonté ceux que tu aimes comme un père; puisque nous croyons au Christ, accorde-nous la vraie liberté et la vie éternelle».

Au regard de cette prière, nous allons retenir deux expressions à savoir, «vraie liberté» et «vie éternelle». Ces deux expressions rythment, à tout bien considéré, la Liturgie de la Parole de ce dimanche.
Dans la première lecture, en effet, devant le dilemme qui opposait les frères de langue grecque à ceux de langue hébraïque au sujet d’une répartition équitable des secours distribués quotidiennement aux veuves, les Douze convoquèrent l’assemblée des disciples. Soucieux de se livrer en toute liberté à la prière et à l’annonce de la Parole, les Apôtres choisissent, sous l’action de l’Esprit Saint, sept hommes estimés de tous, qui les aideraient dans le service quotidien. En leur imposant les mains, ils les chargèrent d’une part de ce service, le ministère des tables. Il nous faut ici insister sur le fait que c’est en raison d’être totalement libres intérieurement et extérieurement, la vraie liberté, dans l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut au cœur de ce monde que les Apôtres instituent les diacres chargés du service juste et équitable des biens. Ceci nous invite tous à une répartition équitable des biens de la terre, véritable praxis de la justice sociale, au lieu de voir une ethnie, une caste ou un lobbying de puissants qui accaparent, décident et dévorent comme des vampires les richesses du monde.
En agissant dans cet esprit de service rendu à la justice sociale pour le bien de tous, nous serons, comme le souligne saint Pierre dans la deuxième lecture, «les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus», car nous sommes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu.
Le peuple qui appartient à Dieu aura part à la vie éternelle, deuxième expression forte de notre prière d’ouverture. Mais c’est quoi la vie éternelle? En Jean 17, 3, Jésus, dans sa prière sacerdotale, définit la vie éternelle en ces termes: «la vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ». Dans la page d’Evangile de ce dimanche, Jésus nous invite à le connaître davantage quand il se présente comme étant «le Chemin, la Vérité et la Vie».
Jésus est le Chemin. Il n’est pas un chemin (article indéfini) mais le Chemin (article défini). Il est le Chemin qui nous conduit au Père. C’est pourquoi, personne ne va vers le Père sans passer par lui. Cependant, Jésus ne se contente pas d’être le Chemin mais il nous montre aussi comment prendre ce Chemin qui conduit au Père. C’est en prenant sa croix sur le chemin du calvaire, la via dolorosa. Un chemin est une voie que l’on suit pour aller d’un lieu à un autre. Le Christ-Chemin nous fait passer des ténèbres à l’admirable lumière, de la passion à la gloire, mais une gloire précédée de la croix. Il n’y a pas de dimanche de pâques sans vendredi saint. La croix précède la gloire. Suivons donc le Chemin du Ressuscité. A l’époque du Christianisme naissant, l’Eglise est appelée la Voie (Ac 9, 2). Les premiers chrétiens étaient convaincus d’avoir trouvé la véritable voie, le véritable chemin, le véritable enseignement qui affranchit l’homme de tout esclavage avilissant. Mais ce chemin, cette voie était plus qu’une doctrine mais une personne, Jésus-Christ. Dans sa parole et ses œuvres transparait la Vérité.
Jésus est la Vérité. Il est la Vérité dans la mesure où il nous révèle pleinement le Père: «Celui qui m’a vu a vu le Père» dans un processus d’identification ontologique. Le Christ-Vérité nous révèle le Père à travers son obéissance filiale, à travers sa conformité à la volonté de Dieu. C’est la raison pour laquelle il est venu dans le monde: «Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité vient à moi» (Jn 18, 37). Dès lors, le chrétien est appelé à se consacrer dans la vérité (Jn 17, 17) en devenant «coopérateurs de la vérité» (3 Jn 8) à l’opposé du mensonge. C’est dans cette optique que l’Eglise du Dieu vivant demeure la colonne et le fondement de la Vérité (1Tm 3,15) qui donne Vie.
Jésus est la Vie. Il est la Vie parce qu’il est dans le Père et le Père – l’Auteur de la Vie – est en lui. La Vie du Père est en lui puisqu’en lui habite toute plénitude. C’est la raison pour laquelle il peut donner la Vie. Sa vie, nul ne la prend mais c’est lui qui la donne (Jn 10, 18) à travers les sacrements. Et cette vie prélude à la vie éternelle. Aussi, comme Bon Berger, le Christ-Vie donne par amour sa vie pour ses brebis (Jn 10, 11). A l’instar du Psalmiste, disons de tout cœur au Seigneur, «ton amour soit sur nous, Seigneur, comme notre espoir est en toi».

­Abbé Mathias Cédric LOUHOUAMOU
Foyer Abraham

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