Communauté rwandaise au Congo : Messe en souvenir des Présidents Habyarimana, Ndadaye et des victimes du génocide

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Etablie dans la communauté urbaine de Kintelé, au Nord de Brazzaville, dans le Département du Pool, la communauté rwandaise au Congo a organisé une messe solennelle, dimanche 9 avril dernier, dimanche des Rameaux, en souvenir des victimes du génocide rwandais de 1994 et des Présidents rwandais Juvénal Habyarimana, et burundais Melchior Ndadaye.

Présidée par le Frère Francisco Galvez Perez, prêtre de l’Ordre des frères mineurs de la communauté des Frères franciscains de Kintelé, cette messe a été célébrée à l’occasion du 23ème anniversaire du génocide rwandais. Elle a eu lieu dans la chapelle du camp qui abrite les réfugiés rwandais à Kintelé, depuis bientôt vingt ans. Paix, réconciliation, pardon et unité ont été les maîtres mots prononcés par le frère Francisco, qui a passé quatre ans au Rwanda et qui a vécu la douloureuse période du génocide qui a dévasté ce pays des Grands-Lacs.

Les membres de la communauté rwandaise au Congo ont placé la messe des Rameaux à Kintélé, sous le signe du souvenir des victimes du génocide et des Présidents Habyarimana, et Ndadaye qui avaient trouvé la mort dans un accident d’avion le 6 avril 1994. Cette messe était symbolisée par les rites liturgiques de la procession d’entrée et de sortie avec des palmes et par la lecture de la Passion du Christ en lingala.
Animée par la Chorale Saint-Paul de la Paroisse Saint Jean-Marie Vianney de Mouleké, cette messe a permis aussi de se souvenir des évêques du Rwanda qui ont péri pendant la tragédie du génocide jamais connue par le peuple rwandais, notamment Mgr Vincent Nsengiyumva, archevêque de Kigali, Mgr Thaddée Nsengiyumva, évêque de Kabgayi, président de la Conférence épiscopale du Rwanda, et Mgr Joseph Ruzindana, évêque de Byumba. Sans oublier les différentes victimes du camp des déplacés de Kibeho et les Rwandais réfugiés à Bukavu, Mbandaka et d’autres localités en RD Congo y ayant trouvé la mort.
Prêtre espagnol, le frère Francisco Galvez Perez de la Communauté des franciscains de Kintelé a travaillé pendant 4 ans au Rwanda avec d’autres missionnaires de son pays. Il a quitté le Rwanda il y a 19 ans. Depuis, il évolue au Congo. Pendant l’homélie, il s’est appesanti sur un extrait de son homélie prononcée en 1996, à Butare, dans la commune de Mbazi, près de Sabe, la première paroisse fondée au Rwanda par les Pères blancs en 1900, où il s’occupait entre autres des prisonniers, en aménageant un centre de détention, avec l’appui du gouvernement. Sa prédication a particulièrement tourné autour de la paix, la tolérance, l’accueil réciproque, en fustigeant l’horreur qu’il a vécue lors de cet épisode sombre de l’histoire du Rwanda.
Evoquant les condamnations à mort prononcées dans les procès relatifs au génocide, il n’a pas caché sa vive critique de la peine de mort, dont il plaide la suppression pure et simple, martelant que Dieu, seul, a le pouvoir de disposer de la vie. C’est lui, le seul juge et c’est lui seul qui peut retirer à tout un chacun la vie. Il a par ailleurs relevé la place des droits de l’homme, afin qu’à la personne humaine soient reconnus ses droits, même lorsqu’il s’agit d’un prisonnier sa dignité et ses droits doivent être respectés. «La paix, toujours la paix, nous devons la construire à base de ces gestes d’accueil, de fraternité, de pardon», a-t-il conseillé.
Notons que la communauté rwandaise au Congo, qui a pour président Aloys Bayingana, est forte de 10.273 personnes, sans compter les demandeurs d’asile au nombre de 479 personnes. En mai prochain, elle totalisera 20 ans de présence au Congo, pays qui a décidé, de concert avec le H.c.r (Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés) de ne plus leur reconnaître le statut de réfugiés à partir de l’année prochaine.

Aristide Ghislain NGOUMA

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