Colloque scientifique sur le Cardinal Emile Biayenda : Sr Marie-Brigitte Yengo a plaidé pour une approche participative de l’engagement chrétien

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Invitée par le comité scientifique du colloque sur le 40ème anniversaire de la mort du Cardinal Emile Biayenda, tenu du 14 au 15 mars 2017, en l’église-cathédrale Sacré-Cœur de Brazzaville, Sr Marie Brigitte Yengo, de la Congrégation des religieuses congolaises du rosaire, présidente de la Foceb (Fondation cardinal Emile Biayenda) a fait une communication sur «l’engagement social du chrétien chez le Cardinal Emile Biayenda: recherche de pistes pour une nouvelle évangélisation dans le contexte congolais».


Dans sa communication, Sr Marie Brigitte Yengo a édifié l’auditoire sur l’intérêt de la doctrine et de la pastorale chez le Cardinal Emile Biayenda. Ces deux concepts ont porté sur la dimension scientifique et sociologique du prélat qui se définissent comme étant la fécondité des valeurs morales, de probité humanitaire et de construction de l’Eglise où le chrétien est appelé à s’engager totalement à être un vrai témoin de la charité au service de Dieu et de son prochain. Faisant le lien entre le chrétien tout court et la personnalité du cardinal, l’oratrice a fait savoir que le prélat était animé d’un zèle apostolique d’une grande humilité et d’un amour infini. La problématique de ce thème fait ressortir l’image des premiers chrétiens selon les Actes des apôtres, qui mettaient en commun leurs biens, afin de venir en aide aux plus démunis.
Pour illustrer ses propos, Sr Yengo a pris appui sur les paragraphes de certaines lettres pastorales du cardinal adressées au peuple de Dieu, ses homélies et ses déclarations diverses lors des différentes cérémonies liturgiques et rencontres de tous genres. «A quoi est-ce que je m’engage quand je me dis chrétien? A quoi est-ce que je m’engage quand je vais à la messe, écouter la Parole de Dieu, recevoir l’eucharistie? A quoi est-ce que je m’engage réellement? A travers ces interrogations, l’oratrice est consciente que ce sont des questions exigeantes et vitales qui sont à la fois passionnantes et délicates».
A la lumière des propos du cardinal, on comprend que le chrétien doit s’engager totalement au service de Dieu, de son Eglise et de son prochain. Voilà déjà une partie de son engagement. Au cours d’une interview accordée sur les antennes de la radio nationale, le Cardinal Emile Biayenda, alors évêque coadjuteur de Brazzaville avec droit de succession, déclarait: «C’est la bonne nouvelle qui nous fait agir vis-à-vis du prochain, au-dessus de toute considération humaine, sans discrimination de régions, de races, de langues et de talents. C’est en cela que le Christ nous demande d’être les témoins partout et en tout temps, pour mieux croire en Dieu, mieux croire en l’homme et en tout ce qui touche l’homme».
Toujours à la lumière des propos du cardinal, l’oratrice a fait une lecture de la situation sociale du pays confronté à la pauvreté. «La faim existe présentement au Congo et le Christ s’empresse de nous dire: Donnez-leur vous-même à manger. Les pauvres meurent de faim. Ces hommes et ces femmes qui viennent à nous, en quête de secours, de justice, d’éducation, de tendresse, d’amour exprimé dans l’action, sont de plus en plus nombreux. Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas que les autres vous fassent. C’est dire que l’engagement social du chrétien est indissociable à la parole et à l’action au cœur des réalités de vie sociale, économique et politique», a-t-elle déclaré.
Selon elle, le cardinal se souciait toujours de la dignité humaine: il faut que chacun considère son prochain, sans aucune exception, comme un autre lui-même. Pour appuyer ses propos, Sr Yengo a donné son propre exemple. «Combien sont-elles ces personnes qui viennent au secours ou en aide aux déplacés du Département du Pool qui errent dans des familles d’accueil ou ailleurs sans une assistance multiforme? La justice et l’amour nous interdissent toute discrimination raciale, culturelle, professionnelle ou régionaliste. Seule, la Foceb que nous avons créée nous-même en janvier 1992, accorde une plus grande attention aux nombreux problèmes de la société, notamment des couches les plus vulnérables, pour accompagner un tant soit peu, ceux qui sont dans le désarroi. En mettant en exergue les qualités humaines et spirituelles du cardinal Emile Biayenda au sein de la fondation qui porte son nom, nous avons l’impérieux devoir de nous faire le prochain de n’importe quelle personne humaine qui se présente à nous, pour le servir activement, qu’il s’agisse de la veuve et de l’orphelin. Nous avons en notre sein deux orphelinats avec plus de 40 enfants abandonnés que nous hébergeons et soutenons, ainsi que des personnes vivant avec handicap, soit deux centres de polios, une école des aveugles, des enfants inadaptés qui sont intellectuellement handicapés. A cela s’ajoute le soutien aux personnes du troisième âge abandonnées dans les villages, surtout avec les déplacés du Pool (enfants, jeunes, adultes, vieillards) chaque fois qu’il y a des troubles dans ce département qui souffre terriblement, laissant derrière lui les villages en proie à des violences armées. Toutes ces personnes affamées ou malades interpellent notre conscience à travers le texte de Matthieu 25, 40 qui stipule que chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait», a-t-elle déclaré. C’est pour dire que tout engagement est un appel suivant plusieurs messages de l’Evangile, avec des exigences condensées dans le plus grand commandement du Christ: celui d’aimer Dieu et son prochain. Une attitude que le Cardinal Emile Biayenda a adoptée jusqu’à son sacrifice suprême. Pour clore sa communication, Sr Marie Brigitte Yengo a lancé un appel aux hommes politiques, aux pouvoirs publics de venir en aide aux populations du Pool sinistrées, de privilégier le dialogue et non le recours aux armes.

Pascal BIOZI KIMINOU


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