Diocèse d’Owando : La paroisse Christ-Roi a fêté ses 70 ans

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Dimanche 20 novembre 2016, en la fête du Christ Roi de l’univers, les chrétiens de la paroisse Christ-Roi d’Owando, ont célébré le 70ème anniversaire de la fondation de leur paroisse. L’événement a donné lieu à une célébration solennelle par l’évêque du lieu, Mgr Victor Abagna-Mossa, qui était entouré de ses confrères NN.SS Daniel Mizonzo et Yves Marie Monot, respectivement évêque de Nkayi, président de la C.e.c (Conférence épiscopale du Congo) et évêque de Ouesso.

Des personnalités politiques ont rehaussé de leur présence l’éclat de cette fête animée par les brillantes prestations de la chorale de la paroisse. Les ministres Gilbert Ondongo et Rosalie Kama Niamayoua, le député Daniel Owassa étaient de la partie.

De même, le préfet de la Cuvette, Jean-Pierre Lekoba, l’ambassadeur Bonaventure Engobo y compris les commandants des zones militaires d’Owando et de Gamboma, le professeur Jean-Alexis Elira Dokekias, ancien élève de la mission catholique, ont pris part à cette messe concélébrée par de nombreux prêtres dont l’abbé Guy-Noël Okamba, recteur du Grand-séminaire de philosophie Mgr Georges Firmin Singha, des curés et vicaires des paroisses du diocèse, alors  que dans l’assistance, on relevait la présence des communautés religieuses du diocèse.
Au début de la messe, l’abbé Paul Ndongba, vicaire général du diocèse, a fait un aperçu sur la fondation de la paroisse Christ-Roi de Fort Rousset ainsi que son évolution jusqu’à nos jours. Pour l’histoire, on peut retenir que le père Jean Jean visita le poste de Fort-Rousset en 1912. Les chrétiens et les catéchumènes allèrent à Boundji ou à Liranga et à Makoua (1930). Les pères Scheer et Noter implantèrent un poste à Linnengué (1939 mission Sainte-Thérèse ainsi qu’à Okouma). La chapelle en bois implantée à Linnengué fut rongée par des termites, sauf la cloche qui orne encore le clocher de Christ-Roi.
En 1945, le père Raymond  Defosse, capitaine en retraite parce que blessé à la bataille de Koufra, reçut à Makoua, la mission d’ouvrir une paroisse. Elle ne fut pas implantée à Linnengué ou à Okouma, mais au poste chef-lieu de la Likouala-Mossaka. L’entreprise ne fut pas si simple, car les frères Trechot, concessionnaires de la Likouala-Mossaka et de la Sangha étaient les propriétaires des sols, des sous-sols, des habitants et de leurs biens.
Le père Defosse, par ailleurs géomètre, réussit à délimiter l’espace de la mission et s’installa le 15 mars 1946, dans une petite case en chiendent, sous le pied d’un Okoume se situant dans l’actuel complexe scolaire Emile Verhile.
Le père Raymond Defosse resta à Fort-Rousset de 1945 à 1948 avant de rentrer en congé, laissant la mission au père Galodé arrivé de Boundji. En 1949, il est rejoint par les pères Martin Bodewes de la paroisse de Ouesso. Les pères Auzanneau et Ollichet furent affectés également à Fort-Rousset. Ce dernier y resta peu de temps, puis s’en alla à Makoua, chargé de l’école des moniteurs de l’enseignement catholique et de la direction du Petit-séminaire Saint Pie X.

Christ-Roi fut l’œuvre de Mgr Verhile
Il fallut attendre l’érection du vicariat apostolique de Fort-Rousset, en 1950 et la nomination d’Emile Verhile, en 1951, comme vicaire apostolique et plus tard comme évêque, pour voir modifier l’aspect de la paroisse en terre battue. Beaucoup de choses furent entreprises, grâce au matériel et outils que ramena de ses congés le père Martin Bodewes. Il est parti de Fort-Rousset en 1955, pour l’Oubangui-Chari, nommé préfet apostolique de Bangassou. Les constructions des presbytères, de la cathédrale et de la résidence furent menées par les frères Quentin Bénard et Clément Tekstar.

L’action éducative
En 1951, le père Pierre Veyrand arriva à Fort-Rousset, pour s’occuper de l’enseignement catholique. Il parcourait le diocèse en compagnie de son chauffeur, Fernand Akira. Inspecteur des enseignements, il organisa même des examens préparatoires au C.e.p.e (Certificat d’études primaires et élémentaires) dont lui-même corrigeait les copies. Travailleur intrépide, il laissa le souvenir d’un vrai patron de l’éducation. On vit donc à Makoua, l’installation du collège Champagnat et du Juvenat tenus par des Maristes.
La première école catholique fut érigée à Linnengué, en 1948. Celle d’Elingossayo fut ouverte en 1949, son cycle allant jusqu’au C.e.2. Des écoles à cycle court virent le jour à Endeké, Boua et Manga. Leurs élèves passèrent le C.e.2 à Linnengué.
En 1954, l’école de Fort-Rousset enregistra un échec cuisant au C.e.p.e. C’était pour la première fois qu’elle présentait des élèves au C.e.p.e. En 1955, l’école enregistra des succès au C.e.p.e, grâce aux actions conjuguées du père Ernst et de M. Sita Gabriel. Désormais une espèce de compétition s’installa entre l’école laïque et l’école catholique. Les élèves des écoles catholiques ne furent pas acceptés dans les lycées publics (Lycées Savorgnan De Brazza et Victor Augagneur). Il en fut de même pour les filles fréquentant Mouyondzi et les garçons à Raymond Paillet de Dolisie. Il y eut une espèce de discrimination entre les jeunes Congolais.

L’action missionnaire
Les structures des villages chrétiens facilitèrent le travail d’évangélisation. Les travailleurs de la C.f.h.b.c (Compagnie française du haut et du bas Congo) allaient au catéchisme à Linnengue-mission.
Dans les villages chrétiens, un catéchiste assurait l’enseignement de l’évangile, faisait réciter le chapelet et chanter; parfois c’était un ancien de Boundji. Une croix plantée  dans le village, au lieu de la prière, montrait que la pratique chrétienne était de rigueur.
Les prêtres grâce aux catéchistes assuraient l’évangélisation. Le père Marcel Joly, pilote de Mgr Verhile, parcourait les quartiers, surtout qu’il parlait correctement koyo. Les premiers catéchistes de la paroisse furent Philippe Ossoka, remplacé par Lucien Ndouemba, du village Okouma. A Linnengue papa Okombi prit la relève de papa Malo. Les pères Ernst et Bierling s’attelèrent à sillonner les gros villages de l’hinterland.

Les prêtres et
missionnaires ayant œuvré dans la
paroisse Christ-Roi
Le père Defosse; le père Bodewes fut par la suite nommé préfet apostolique à Bangassou (Oubangui Chari, actuelle Rca, République centrafricaine) Mgr Emile Verhille, Mgr Gassongo, évêque auxiliaire de 1965 à 1968; les pères Galodé, Gabriel Ollichet, Pierre Veyran, Marcel Joly, les pères Le Solliec, Jean-Baptiste Schoeffel, Bierling, Martin Josten, Paul Ondia, Pauwels, l’abbé Okoumou, les pères Polonais Adalbert, Stanislas, Bronislas, (tous, fidei donum).
Les abbés Théogène Ossete, Joseph Ndinga, Victor Abagna-Mossa (comme Pro-vicaire général puis vicaire général de Mgr Georges Firmin Singha et de Mgr Ernest Kombo, anciens évêques d’Owando, l’abbé Marcel Gambou Douniama, le père Joseph Letsaka, les abbés Appolinaire Tuta Mompana, Lambert Djokouelé (curé de la paroisse et vicaire général de Mgr Ernest Kombo), Justin Singha (lui aussi curé de la paroisse et vicaire général de Mgr Ernest Kombo et de l’administrateur apostolique  Mgr Louis Portella Mbuyu), Jean-Blaise Bifingou, Godefroy Ondave, Boris Mokelé, Jean Obakani et aujourd’hui, les abbés Trésor Elvis Tandet et Emmanuel Ndinga.
Mgr Georges Firmin Singha affecté à Pointe-Noire sera remplacé par Mgr Ernest Kombo, d’abord comme administrateur en 1988, puis comme évêque de 1990 à 2008. A sa mort, le diocèse d’Owando fut administré par Mgr Louis Portella Mbuyu jusqu’en 2011, année du sacre de Mgr Victor Abagna-Mossa.
Les derniers prêtres spiritains à Fort-Rousset furent les pères Schoeffel, Moysan et Bierling.

La liste des prêtres fils de la paroisse cathédrale Christ-Roi d’Owando
Abbé Julien Ndinga, abbé Appolinaire Ntuta Mupana, abbé Rodrigue Ngassaki, abbé Mesmin Okemba, abbé Gaëtan Pily Ngouembé, abbé Ghislain Mingouessi, abbé Urbain Ikonga, abbé Parfait Elenga, abbé Freddy Obeko, abbé Maslov Okongolonga, abbé Davy Ibara Okemba, abbé Carl Ondongo, abbé Freddy Omangui.
En conclusion, la fête était belle et a démontré la présence catholique à Owando. Sous la direction de l’architecte Clément Mbono, des aménagements restent encore à faire, pour que la cathédrale accueille plus de 600 personnes.
Le présent article rédigé grâce à la collaboration du vicaire général d’Owando, donnera lieu à l’élaboration d’une brochure pour donner une image plus complète de la paroisse Christ-Roi, entourée désormais d’un mur et d’un beau et grand portail.

Julien Lecas A. M.

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