Les états généraux de la nation sont devenus inéluctables

  • Imprimer
Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Les états généraux de la nation s’imposent à nous, aujourd’hui, pour affranchir 2016 dans la paix et dans la stabilité démocratique. Pour donner suite à notre inquiétude exprimée dans une tribune libre publiée dans le numéro 3323 du mardi 10 septembre 2013 du bihebdomadaire d’information et d’action sociale, La Semaine Africaine, et intitulée: «Sans les états généraux de la nation, 2016 risque d’être un scrutin de tous les dangers», nous proposons une esquisse des états généraux de la nation intitulée: «Proposition pour la mise en place des conditions  de réalisation des états  généraux  de la nation».


Les états généraux de la nation dont on parle tant et que d’aucuns redoutent, fort, certainement, à cause d’une insuffisance d’éclairage (ou par manque de lisibilité), quant à son contenu, ne sont pas un prétoire devant lequel chacun viendrait se défouler. Les états généraux de la nation se veulent, plutôt, un grand moment de notre histoire politique pendant lequel, tous, nous devons redoubler d’ingéniosité, afin de faire converger nos vues, au-delà de nos craintes et contraintes, vers une nouvelle utopie sociétale.
Comment  pouvons-nous alors envisager les modalités du bon déroulement des états généraux de la nation, sans courir le risque des débordements d’une assise nationale qui aura pour but de rassembler, afin de créer les conditions de l’unité nationale? Et quels peuvent en être  les tenants et les aboutissants?
En effet, en faisant cette proposition, nous tendons la main au président de la République, en sa qualité de père de la nation, afin qu’il puisse saisir cette occasion comme celle d’un ultime instant de rassembler les filles et fils du pays, de crainte que notre cher beau pays, le Congo, ne puisse sombrer, à cause des déchirements politiques, dans une situation dans laquelle il n’y aurait ni vainqueur ni vaincu. Nous nous en remettons, pour cela, à son expérience, à sa sagesse et à son inspiration, pour en  décider de l’urgence. Parce qu’il n’y a rien de supérieur que de se réconcilier avec le peuple, en  respectant ce qu’on a cru juste pour lui. Tel est, d’ailleurs,  le leitmotiv de toutes les démarches ayant conduit à l’initiation de la constitution du 20 janvier 2002.
Nous pensons que le Congo-Brazzaville, au regard de sa situation globale actuelle, marquée par une léthargie généralisée, doit rentrer, avant l’élection présidentielle  prévue en 2016, dans une phase intermédiaire de dialogue, de réconciliation, sans pour autant bousculer l’organisation institutionnelle. Les états généraux de la nation pouvant  se dérouler  en deux temps, se présentent comme la panacée, pour sortir de la léthargie actuelle. Le premier temps est celui des états généraux de la nation, ne pouvant  pas dépasser le mois dans son déroulement, et ce de la manière suivante:
- pas de débats en plénière, mais des déclarations d’intention sous forme de motions; dans ces motions, pourront être abordées toutes les questions, même celles  pouvant  paraître tabou, comme celle de la modification ou du changement de la Constitution du 20 janvier 2002;
- le deuxième temps est celui au cours duquel sera mis en place un organe de suivi (Commission nationale) des recommandations des états généraux de la nation, dans laquelle seront constitués des groupes de travail dont les tâches seront définies aux états généraux de la nation. Ces groupes seraient chargés d’initier des travaux de réflexion dans le but de produire des documents qui serviront de base de travail pour toutes les actions de réajustement à court, moyen et long terme, afin de maintenir les conditions de continuité de l’Etat, en permettant des élections honnêtes et libres, dans un contexte de compétition loyale comme l’exigerait un véritable jeu démocratique, à l’exemple des élections de 1992. Ce deuxième temps est celui de la consolidation des institutions qui poseront les fondements définitifs de la construction de la nation congolaise.
Que le Dieu de nos ancêtres, de nos pères et des innocents bénisse, enfin, les hommes politiques du Congo, pour les libérer de la malédiction qui consiste à détruire notre trésor commun, le Congo. Amen… Fraternellement.

Raoul Ludovic LOUBELO
La Convention des Patriotes Congolais pour le Changement
(Groupe de réflexion de la société civile). France.