Vous avez dit «biens mal acquis»!

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La ligne éditoriale adoptée par la presse française, soutenue activement par certains O.n.gs du type Transparency international, Survie, Sherpa et autres est de crier haro sur les chefs d’Etat de certains pays d’Afrique centrale. Le point de cristallisation se manifeste par ce que l’on appelle communément «biens mal acquis». Le reproche qui est fait aux chefs d’Etat de ces pays est «d’acquérir des biens mobiliers et immobiliers aux frais du contribuable de leur pays».


L’outrecuidance est poussée même jusqu’à faire les poubelles et/ou la ronde de certaines boutiques pour vérifier les achats faits par ces chefs d’Etat ou leur famille, lors de leur séjour en France. Cette traque qui ne dit pas son nom est systématisée et trouve une oreille attentive, voire complaisante auprès de la justice française présumée indépendante.
Quelle est la réalité? Les chefs d’Etat des pays d’Afrique centrale, visés par cette procédure, sont-ils les seuls à posséder des biens mobiliers et immobiliers en France? Si une telle procédure est justifiée, alors pourquoi la justice française ne s’inquiète-t-elle pas de l’utilisation de l’argent du contribuable qatari, russe, saoudien, etc., faite par leurs dirigeants en France? Comment peut-on applaudir les investissements faramineux consentis par certains émirs et oligarques dans l’acquisition des clubs européens, français notamment, des palaces, des magasins de luxe... sans sourciller le moins du monde et s’acharner uniquement sur trois ou quatre chefs d’Etat africains?
Une certaine presse prompte à faire les gorges chaudes d’une telle situation ne perçoit pas, tout comme une soi-disant opposition réelle, les arrières pensées qui guident un tel état de fait. En somme, ceci n’est ni plus ni moins qu’un déni de l’indépendance de nos Etats, un retour rampant du diktat d’une certaine intelligentsia française.
Les hérauts de ce combat d’arrière-garde nous assènent des leçons de bonne gouvernance, mais en même temps, font mine d’oublier, malgré l’appellation d’une des O.n.gs, Transparency international, de publier leurs comptes, la liste de leurs généreux donateurs. Somme toute, ils professent la transparence pour les autres et se gardent bien de se l’appliquer à eux-mêmes.
Par ailleurs, nous attirons l’attention de certains membres de l’opposition dite réelle de faire preuve de plus de circonspection, car contrairement à ce qu’ils pensent et si on s’en tient à la logique de leurs affidés français, ils ne sont pas blancs comme neige et risquent de connaître le triste sort de l’arroseur arrosé.
L’histoire fourmille de tellement d’exemples de ce genre, surtout lorsqu’on s’amuse à s’appuyer principalement sur des forces extérieures plutôt qu’internes. A l’heure où la préoccupation, dans ce monde globalisé, est de promouvoir la culture du gagnant-gagnant, les Etats africains devraient, en priorité, sauvegarder leur indépendance, faire les choix bénéfiques au bonheur de leur population et se détourner de tous ces donneurs de leçons qui n’ont jamais eu le moindre scrupule à s’enrichir sur le dos des peuples africains. Nous revendiquons et défendrons bec et ongles le respect dû à nos populations, à nos dirigeants et à nos nations.
 
Raoul TCHITAMBALA