Lettre ouverte aux autorités et parlementaires de la Sangha sur les crimes Kata-Kata

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Voici un an, jour pour jour, que la population de la Sangha en général, et celle de Ouesso, en particulier, attend fermement, le procès sur les crimes d’assassinats en série de femmes, commis par ceux qu’on appelle, alors, les Kata-Kata. On se souvient que cette affaire a endeuillé la population de Ouesso, durant trois ans (2011, 2012 et 2013). Certains présumés assassins et leurs commanditaires ont été arrêtés par la police et présentés à la justice, d’autres, qui ont trempé dans cette affaire sordide, parce qu’assoiffés de sang humain et connus des services de police, courent toujours.

Depuis que l’affaire est arrivée à la justice, les populations sont désolées de constater que c’est, désormais, le silence qui règne. Plus personne n’en parle. Dans un silence de cimetière et dans une complicité qui ne dit pas son nom, les autorités locales et parlementaires de la Sangha tentent, par tous les moyens, d’étouffer cette odieuse affaire dans laquelle la population de Ouesso a payé un lourd tribut: près d’une dizaine de femmes assassinées, crapuleusement.
Les commentaires vont bon train, en citant et fustigeant les autorités qui semblent être le cerveau penseur et commanditaires de ces assassinats volontaires de femmes. Toutefois, on pense que la population de Ouesso ne peut prétendre se lever contre ces crimes, au risque d’être taxée de «xénophobe ou de repli identitaire», termes familiers et exhibés par les détracteurs de ce département. Le plus étonnant, c’est que les parlementaires de la Sangha, dûment élus et peu représentatifs des attentes de la population, brillent par un comportement blâmable qui renvoie à la peur et à la démission, mettant à nu la défense de leurs intérêts personnels et égoïstes, abandonnant ainsi les populations à leur triste sort. Certains d’entre eux disent que la sanction de ces crimes honteux et barbares relève du «haut sommet» et qu’ils n’ont aucune responsabilité d’en parler où de chercher à savoir ce qui se passe, car, ils restent fidèles à la ligne de leurs différents partis politiques. Nous disons que l’affaire Kata-Kata est une menace à la paix et relève du droit commun pénal. Les familles éprouvées et la population de Ouesso restent unanimes et solidaires, pour qu’un procès public se tienne et que les auteurs soient connus et fortement châtiés. Il est plus que temps de se rappeler qu’un peuple qui subit l’injustice finit toujours par être rebelle, si l’injustice dont il est victime n’est pas réparée. La population de Ouesso, traitée à tort ou à raison, de xénophobe et de «kwil», doit avoir droit à la justice. C’est pourquoi, le procès sur l’affaire kata-kata est attendu, avec impatience. Les élus du peuple, les autorités locales doivent travailler pour que ce procès ait lieu, dans les plus brefs délais, car on a trop longtemps attendu. La session criminelle de la cour d’appel de Ouesso devrait s’ouvrir au plus vite, pour juger cette affaire.
C’est pourquoi, la population de la Sangha exige des autorités et des parlementaires locaux d’exhumer et de faire juger, par un procès public, les criminels de l’affaire Kata-Kata. Autrement, les orphelins, les parents et les hommes de bonne volonté se constitueront partie civile, pour porter cette affaire de crimes volontaires et de crimes contre l’humanité, devant les tribunaux internationaux et les associations de droit de l’homme.

Bémoz De MESSONG
Journal Sangha-Eveil

Informations supplémentaires