Le code du travail congolais est-il respecté par les sociétés étrangères installées au Congo?

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Le Congo est un îlot d’or pour certains groupes internationaux qui y ont installé leurs filiales. Celles-ci évoluent, en effet, dans le non-respect du droit du travail et autres textes réglementaires nationaux, sans craindre d’être sanctionnées ou rappelées à l’ordre. Sur le plan professionnel ou humain dans ces sociétés internationales ou leurs filiales, les cadres, agents de maîtrise et d’exécution ne sont pas considérés à leur juste valeur.

Ce phénomène devient récurrent, même dans les petites et moyennes entreprises évoluant dans le pays. On le remarque aussi dans les groupes panafricains installés au Congo.
Vu la complicité objective ou subjective de certains de nos fonctionnaires, certaines entreprises se comportent encore comme le dernier bastion du colonialisme. Ceci est remarquable dans tous les secteurs d’activités, comme les syndicats sont corrompus et les D.r.h (Directeurs de ressources humaines) sont des bénis oui-oui. Plusieurs managers expatriés sont en territoire conquis et se vantent d’avoir des entrées dans les cercles du pouvoir.
Dans ces filiales, sociétés panafricaines et autres P.m.e dirigées par des expatriés, le climat social pose problème. D’où l’importance du rôle de la police administrative qui, dans le cadre de ses prérogatives, peut lutter contre certains abus, puisque le syndicalisme au Congo est devenu une institution de façade. A titre d’exemple, il y a des sociétés dont tous les postes stratégiques de directions ou de chefs de services ou sections sont aux mains des expatriés.
Pour illustrer nos propos, une filiale d’un grand groupe industriel, à Pointe-Noire, dont le code éthique est la règle de base, est dirigée par un directeur général originaire du Cameroun et ayant une vie sexuelle perverse. La promotion canapé est son atout majeur et il utilise un système machiavélique de management, pour anéantir les agents. Diviser pour mieux régner dans la délation et la pression sans fondement n’est pas particulier à cette entreprise. Le clientélisme devient la règle d’or. Le phénomène est récurrent et en moins de six mois, il y a eu plusieurs démissions. Et selon nos sources au Cameroun, les photos de ce directeur général circulent dans le réseau interne, quelle honte! La direction régionale du groupe trouve le moyen de l’envoyer au Congo, qui fait l’un des plus gros chiffres d’affaires dans la sous-région.
Pourtant, il y a des principes dans le management qui ne se négocient pas. Dans les pays comme le Tchad, le Gabon ou le Cameroun, il y a au moins la fierté nationale ou le patriotisme qui exigent la valorisation des cadres ou travailleurs locaux. Mais, la mondialisation permet des échanges de compétences; mais ça doit être réciproque. Combien de Congolais ont des postes de responsabilités dans la sous-région? Et la régularisation au sein de certaines administrations n’est pas effective, plus précisément: l’inspection du travail; l’O.n.e.m.o (Office national de l’emploi et de la main d’œuvre); la C.n.s.s (Caisse nationale de sécurité sociale), etc.
Notre pays n’est pas une poubelle où l’on doit accepter des cadres expatriés à la moralité douteuse et aux pratiques professionnelles frisant le scandale. Nous sommes un Etat de droit et nos fonctionnaires doivent être respectés et faire leur boulot correctement, dommage que ce n’est pas souvent le cas. Car, notre faiblesse demeure dans le fait que nous aimons évoluer dans l’informel et le petit commerce, on se demande pourquoi?
La dignité d’un pays ne se marchande pas. Nous devons revenir à nos fondamentaux, dans le cadre de la protection ou la valorisation des cadres et autres agents de maîtrise locaux. Cela devrait être une priorité pour le gouvernement. Si nous voulons des échanges d’expériences, il nous faut imposer le principe qu’à compétence égale, on préserve l’emploi local. L’Etat devrait obtenir des filiales des groupes internationaux et autres sociétés étrangères basées au Congo, le respect de ce principe et, partant, de notre code du travail et de nos textes réglementaires qui sont très stricts à ce sujet. Il y a beaucoup de compétences dans notre pays qui ne doit plus être considéré comme un îlot d’or par les groupes internationaux. Il suffit de les mettre en valeur.

Rémi Adolphe ZOUBABELA.

Informations supplémentaires