Plaidoyer au Proder 3, pour la reprise des travaux de la route Nguela-Kibouendé

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C’est avec beaucoup de bonheur et d’espoir que les populations du district de Kinkala (département du Pool) avaient appris l’annonce de la réhabilitation de l’axe routier qui va de Nguéla, un village sur la route nationale n°1, à Kibouendé, gare ferroviaire du C.f.c.o, en desservant les villages Mbamou et Manieto. Considérée comme stratégique, à l’instar d’autres routes dans le pays, cette route, longue de 31 Kms, reliant la route nationale n°1 à la voie ferrée, desservait, jadis, plusieurs villages qui avaient vocation à approvisionner Brazzaville, mais aussi Pointe-Noire en produits agricoles et avicoles.


Axe routier stratégique, parce que faisant aussi la jonction entre la route nationale numéro 1 et le chemin de fer, de Nguéla à Kibouéndé, comme par ailleurs les routes Mayitoukou/Goma Tsé-Tsé, et Koubola/Kibossi, qui font aussi la jonction entre la route nationale numéro 1 et le chemin de fer.
Malheureusement, les événements douloureux qui ont sévi gravement dans le département du Pool, à la fin des années 90 et au début des années 2000, ont eu raison de la vocation agricole de cette zone s’étendant dans les districts de Kinkala et de Goma Tsé-Tsé, d’autant que certains de ces villages pourvoyeurs de vivres, ont, purement et simplement, disparu et les acteurs qui les animaient, décédés ou déplacés, du fait des violences armées et de l’insécurité qui y avaient régné durant la période critique. Conséquence: l’enclavement avancé  des villages desservis par ces routes carrossables qui étaient devenues impraticables.
Dans sa vocation de promouvoir l’agriculture, le Fida (Fonds international de développement agricole) via le Proder (Projet de développement rural) a vu juste, en songeant à la réhabilitation de la route Nguela/Kibouendé, afin, par la même occasion, de booster la renaissance des villages situés tout le long de cet axe et ainsi, assister au retour des vocations perdues.
Seulement, pour les usagers de cette route, la réalité, aujourd’hui, n’est pas à la hauteur des espoirs suscités par l’annonce de cette réhabilitation dont les travaux avaient commencé en juin 2013 dernier, à Nguéla, sans vraiment rassurer les observateurs, en raison de la qualité très douteuse des engins mis à disposition.
Tous les dalots ont été construits ainsi que le pont sur la rivière Madzia. Seulement, la route, elle-même, est restée à l’état initial. Pire, les engins entretemps positionnés dans les encablures des villages Mountota et Mbamou, ont, tout simplement, été retirés, au grand dam des populations qui s’interrogent sur le sort réservé aux travaux de réhabilitation de cette route.
On ne le dira jamais assez que la route est un facteur de développement, de par les diverses possibilités qu’elle offre à acheminer les produits des zones rurales vers les zones urbaines. Le fruit des durs labeurs des paysans et autres opérateurs des secteurs agricoles, avicoles, piscicoles ou, tout simplement, ceux du commerce de base.
La route est aussi un facteur de développement touristique. A ce titre, cet axe donne accès à plusieurs sites pittoresques qui n’attendent qu’à être aménagés ou à être revalorisés, dans l’intérêt de la promotion du tourisme. Parmi les plus connus, il y a le trou de Dieu, à Nguéla, le petit séminaire catholique, à Mbamou (qui a la réputation d’avoir formé des grands cadres civils et ecclésiastiques de notre pays), mais aussi, la haute montagne, appelée le chemin de la croix, à Maniéto.
C’est pour dire que les regards sont tournés vers le Proder, pour la reprise des travaux de réhabilitation de cette route. Car, la tournure prise par les travaux de réhabilitation inquiète. Ils entretiennent, tout de même, un brin d’espoir sur la possible finalisation des travaux de cet axe routier très important. C’est la raison pour laquelle ce plaidoyer en direction du Proder en faveur des  milliers de Congolais qui attendent que ce projet salutaire aille jusqu’à son terme. Le Proder a fait preuve de bon sens et de détermination, en ayant achevé quasiment tous les dalots de cet axe routier. Il n’y aurait donc aucune raison que le reste des travaux ne soient pas finalisés.
Nous avons évoqué les principales localités situées tout le long de cet axe routier dont la réhabilitation ferait un grand bien aux populations, sans compter toutes ces autres localités non situées directement sur cette voie, mais dépendant, directement, de celle-ci. Aussi, faudra-t-il signaler qu’au bout de cet axe routier, c’est quand même la toute nouvelle communauté urbaine de Kibouendé, avec une mairie et d’autres infrastructures de base dont la route aiderait bien à sortir de la dépendance du seul train pour rejoindre Brazzaville qui est seulement à trois heures de route, et à bien moins que cela par le chemin de fer.
La route, en général, est un facteur de développement, par sa capacité à permettre l’acheminement des produits agricoles, mais aussi à favoriser les échanges commerciaux et les affaires. Avec cette route, les structures de micro-finances s’installeront et donc quelques emplois pourront être crées. Les sociétés de télécommunication mobile, qui ont des sites relais dans cette partie du pays, assureront la maintenance de leurs équipements et le réapprovisionnement en carburant de leurs sites, plus facilement qu’aujourd’hui. Les nouvelles Technologies de l’information et de la communication (T.i.c) s’installeront aussi, sachant qu’aujourd’hui, elles sont incontournables dans le processus de développement. Les localités revivront, grâce à la mobilité des personnes et des biens. Autant de bonnes raisons pour que les travaux de réhabilitation de cet axe routier aillent à leur terme.
L’histoire n’oublie jamais. Elle retiendra que grâce au Proder, des villages entiers se sont relevés de leur agonie, capables de rebondir, et de reprendre leur destin en mains. Les populations ont leurs yeux rivés sur vous. Cordiales salutations, et profondes gratitudes.

D. M.

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