L’urgence de sortir de la sous-information dans les chaînes publiques

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Malgré les efforts déployés par le gouvernement de la République, pour doter la télévision et la radio nationales d’un nouveau siège et des équipements performants, l’information livrée par ces organes de presse n’est pas à la hauteur des attentes du public. Celui-ci est mal servi et moins informé et donc sous-informé. Pour preuve: les nouvelles internationales échappent, aujourd’hui, aux téléspectateurs de Télé-Congo.

Cette chaîne de télévision bénéficie, pourtant, des nouvelles techniques de l’information mises à sa disposition. Mais, ces derniers temps, les téléspectateurs de la chaîne Télé-Congo sont privés des nouvelles internationales, se contentant de comptes-rendus d’audiences ministérielles, des séminaires et ateliers livrés à Brazzaville et dans les départements de la République, avec une qualité de produit qui laisse à désirer.
Pourtant, depuis quelques mois, l’actualité internationale est abondante, avec les crises observées en RCA, au Mali, en RDC, en Syrie, en Egypte, les menaces de frappes aériennes sur la Syrie par les pays occidentaux, etc. Ces nouvelles méritent d’être suivies et traitées par des journalistes spécialistes de l’actualité internationale, qui, à leur tour, ont l’obligation d’informer et d’éclairer le public, par des analyses pertinentes.
Malheureusement, on a l’impression qu’au Congo, l’information relève du sur place. Après le grand journal télévisé de 20h, qui développe, généralement, les titres des activités de Brazzaville et des départements, certains téléspectateurs avertis restent sur leur soif d’informations et se trouvent obligés de s’orienter vers des chaînes étrangères, pour être informés de l’actualité internationale.
Le samedi 7 septembre 2013, à Niamey, au Niger, l’équipe nationale de football, les Diables-Rouges, ont livré un match d’un grand intérêt dans le cadre des éliminatoires de la coupe du monde 2014. Faute de retransmission de ce match en direct par Télé-Congo, les téléspectateurs ont suivi ce match en direct sur d’autres chaînes étrangères. Pire, au journal télévisé de 20h du 7 septembre 2013, aucune information n’a été livrée sur ce match. Est-ce le manque d’intérêt ou la paresse professionnelle?
Du reste, on peut constater que cette passivité a atteint tous les médias congolais. Les décideurs sont interpelés pour améliorer la qualité professionnelle de nos médias. Si possible, il faut leur proposer une feuille de route, pour un meilleur suivi et un traitement vraiment professionnel de l’actualité nationale et internationale. Le journal ne devrait pas se limiter aux comptes-rendus d’audiences et de séminaires. Il doit inclure le traitement de l’actualité internationale, les analyses et les commentaires, en plus des émissions de débats sur tous les sujets de la vie nationale, qui doivent alimenter le programme des émissions des chaînes de radio et de télévision nationales.
Le journalisme est un métier noble qui mérite d’être soutenu et organisé. A ce titre, l’information doit être livrée par des professionnels des organes de presse dignes de ce nom et le Congo devrait lever le défi sur le plan de la communication.

Xavier MPOUGALOGUI

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