La paix culturelle est nécessaire dans le débat constitutionnel : Rappel des contributions de l’Association S.o.s Culture pour le présent septennat

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L’expérience démocratique en République du Congo est, très souvent, affectée par des atermoiements entretenus savamment par les hommes politiques qui, pour les besoins de l’observance de leurs intérêts catégoriels, s’avisent strictement à conserver des positions extrémistes, au détriment de l’intérêt de la nation. Nombre d’entre eux s’engagent à préserver, à tout prix, le climat de paix existant, tandis que d’autres font persister la psychose, par l’entremise des propos tendancieux, faisant état des conflits à venir.

En publiant, dans La Semaine Africaine n°2924 du mardi 1er septembre 2009, un article intitulé: «Contribution de l’Association S.o.s Culture pour le nouveau septennat», notre organisation, au regard des dissensions politiques de cette époque, avait exhorté les partisans du vainqueur d’envisager de nouvelles ressources et stratégies susceptibles de tirer les leçons des erreurs du passé, dans l’optique d’améliorer les futures prestations.

Par ailleurs, il s’était également agi d’encourager les différentes tendances à œuvrer dans le sens de la réalisation effective du projet de société du président élu et, d’autre part, de rendre le dialogue permanent, au gré des circonstances.
Pour progresser dans le sens de son développement, le pays devait relever de nombreux défis parmi lesquels la consolidation de la paix, la poursuite de la construction des infrastructures de base, la bonne gouvernance, l’emploi des jeunes, le renforcement de la conscience citoyenne, etc.
L’Association S.o.s Culture avait souhaité, toutefois, que l’homme politique en général puisse ressentir le besoin individuel de se former, de connaître les règles du jeu politique et pour ainsi dire, d’intérioriser la culture démocratique, dans le but d’éviter une position spécifiquement radicale, ne reflétant nullement la volonté communautaire.
En outre, il devait être en mesure d’apporter une contribution efficiente pour le développement de son pays. Par conséquent, il se devait, donc, d’avoir une propension incessible en faveur de la défense d’une paix durable, d’avoir le potentiel de culture de paix dont il était tenu d’en assurer la sauvegarde et la pérennité. C’est dans ce contexte que l’Association S.o.s Culture ne cesse de défendre, dans les médias d’Etat et privés, la thèse essentielle de la paix culturelle qui sous-entend, pour les Congolais, la défense de la paix en toutes circonstances.
A l’endroit de l’Opposition, pour éviter le climat délétère dans la gestion des affaires publiques, celle-ci devait s’efforcer d’être non radicale. Cela signifiait, outre sa mission de servir de contrepoids rationnel contre le pouvoir en place, elle devait aussi savoir collaborer avec lui et garantir l’esprit de concertation, en évitant d’adopter sempiternellement la position du jusqu’auboutisme. Bref, il ne s’agit pas d’exercer une opposition factuelle ou trompe l’œil, mais foncièrement constructive.
Dans cet article, il était également mentionné ce qui suit: «Tant que les maux qui cristallisent les clivages entre opposants ne sont pas battus en brèche, et que ceux-ci ne raisonnent pas en termes de consensus, en ce qui concerne la reconnaissance d’un seul leader, il ne sera pas facile du tout de parvenir au succès déterminant de leurs entreprises».
A l’endroit du pouvoir, celui-ci devait être en mesure d’exploiter et de considérer les aspects positifs qui ont été soulevés par la partie adverse. C’est dire que pour le mandat en question, la tendance cardinale devait être recentrée autour de la poursuite de l’amélioration et le règlement des problèmes sociaux. Une telle motivation devait, par exemple, accroître la conscience sociale et réduire considérablement les mauvaises conduites.
La conclusion de cet article était libellée de la manière suivante: «Toute cette vision prospective ne peut connaître un meilleur dénouement que dans la mesure où les acteurs politiques, toutes tendances confondues, comprennent la nécessité du changement de mentalités, afin d’aboutir à la naissance d’une classe politique dûment responsable et véritablement soucieuse du devenir des Congolais».

En ce qui concerne la réalisation des suggestions formulées
Aujourd’hui, force est de constater que certaines de nos suggestions ont été satisfaites, tandis que d’autres n’ont pas été suivies d’effet par les parties concernées.
Au regard de ce qui précède, il y a lieu d’affirmer que l’acceptation des uns et des autres pourrait paraître problématique pour les raisons préalablement évoquées. Une telle approche jugée peu scrupuleuse est, à notre avis, suicidaire pour tout le monde, dans la mesure où personne ne peut se prévaloir, au plan sociopolitique, du bénéfice de la maîtrise de la situation.

La normalité démocratique va-t-elle intervenir à la suite de l’application escomptée de la disposition constitutionnelle? Sera-t-il possible d’envisager une réforme qui pourrait, éventuellement, décrisper la situation politique actuelle? Peut-on imaginer, un seul instant, que les prochains scrutins puissent se dérouler de la meilleure manière qui soit, sans que la partie adverse ne puisse stigmatiser des fraudes massives? L’existence persistante des divergences politiques peut-elle augurer un meilleur dénouement du processus électoral?

Nous devons apprendre à vivre différemment
La politique doit cesser d’être un métier. L’intérêt individuel ne devrait pas toujours primer sur l’intérêt collectif, comme ce fut le cas depuis plusieurs décennies. Nous devons nous efforcer d’avoir une classe politique émergente, qui ne doit pas être obnubilée par l’activisme politique proprement dit, mais qui doit se doter d’une vision prospective pour notre société.
Cela sous-entend que l’acteur politique doit être en mesure de redonner à la politique son sens le plus noble qui consiste à rechercher d’abord le bien-être de son compatriote, la satisfaction des besoins de celui-ci ainsi que ses droits fondamentaux. Il devrait être en mesure de promouvoir, dans le pays, une culture politique fondée sur le dialogue, la tolérance, la concertation, la paix à l’effet de la sauvegarde d’une nation véritablement citoyenne.
Aussi étrange que cela puisse paraître, l’homme politique ne consent à accepter des compromis qu’à la suite des événements particulièrement regrettables. Plutôt que de se faire un jugement de valeur en amont, de nature à désamorcer une quelconque crise.

La jeunesse est l’avenir de la nation
La jeunesse doit être au cœur de nos principales préoccupations. C’est à elle que nous léguerons nos précédentes expériences et qui aura la mission de préserver les acquis du moment, en vue d’une matérialisation efficiente dans le futur. Il est, donc, nécessaire de songer, dès à présent, à inculquer à nos jeunes, un modèle d’inspiration non conflictuel, afin que nos divergences actuelles ne puissent générer un effet multiplicateur.
De ce point de vue, il est indispensable de garantir au pays une certaine stabilité en matière de paix culturelle, à telle enseigne que les hommes politiques parviennent à éviter de faire persister les démons de la division sur l’autel des victimes innocentes, à fortiori juvéniles.

A propos du changement ou non de la Constitution
A notre avis, il est normal que les Congolais s’intéressent au débat sur la Constitution. A juste titre, ceux-ci ont compris que le débat était ouvert, de sorte que chacun possède, dès lors, l’opportunité d’émettre un point de vue sur cette question fondamentale. De toute évidence, l’intérêt primordial doit être accordé à notre nation qui est une et indivisible. Les hommes politiques ont, donc, la possibilité de prendre la mesure du choix décisif à prendre, en vue de réaliser l’objectif susvisé. Il en est de même des différentes institutions bénéficiaires de certaines prérogatives y afférentes qui leur sont conférées par ladite Constitution. Nous osons espérer que pendant toute cette épreuve nationale, la paix culturelle sera omniprésente dans le pays, pour le bonheur des Congolais en général et de la jeunesse en particulier.

Michel MAKITA-NGUELOLO
Président de l’Association S.o.s Culture Pour le Développement et le Progrès.
Libre penseur et analyste politique.


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