N.d.l.r (Note de la rédaction).

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Au nom de la liberté d’expression, nous avons fait l’honneur à M. Michaël Mizidy, de diffuser son point de vue sur la crise qui secoue l’Observatoire anti-corruption, en ne censurant de son texte qu’une phrase pouvant être qualifiée de diffamatoire. Le procès qu’il fait des articles de La Semaine Africaine sur cette affaire, souffre, malheureusement de la méconnaissance de la science journalistique.

En effet, les articles publiés, jusque-là, par le journal sur cette affaire sont des articles d’information (compte-rendu de reportage) et non de commentaire pour que le journal soit amené à donner sa position sur cette affaire. On comprend l’émotion de M. Michaël Mizidy qui n’a pas pu voir que, même dans le compte-rendu de la conférence de presse de M. Bopaka, le journaliste reporter s’est arrangé à donner la réaction de M. Ikongo Logan qui, pourtant, n’était pas associé à cette conférence de presse. Nous lui recommandons de relire l’article, pour comprendre que le journal a continué à faire preuve du même souci d’impartialité dans une affaire qui divise une institution en deux camps.
Enfin, M. Mizidy nous appelle à un devoir de militantisme chrétien qui nous commanderait de nous jeter totalement dans le combat pour soutenir un chrétien placé «arbitrairement» en prison. Nous lui disons, simplement, que pour que la démocratie marche, il faut que chacun joue son rôle. Si la presse peut dénoncer l’injustice, les atteintes aux droits de l’homme, etc elle n’est pas là pour faire la justice, encore moins pour faire respecter la loi. Ce n’est donc pas à la presse d’empêcher M. Bopaka de tenir ses conférences de presse.
Si les preuves de l’innocence de M. Mapakou existent, ce n’est pas parce qu’on les aura publiées dans la presse qu’elles produiront leur effet dans la procédure judiciaire (même si c’est important d’informer l’opinion pour obtenir son soutien), mais c’est bien parce qu’on les aura produites dans la procédure, qu’elles auront leur effet (rôle des avocats).
La SA n’a pas une longue tradition de défendre les droits des gens de la société civile, elle a, plutôt, une longue tradition du combat pour la justice sociale, cet engagement de construire une société basée sur la justice et l’égalité des droits et où se manifeste la solidarité collective. Ce journal n’a pas été créé pour être foncièrement contre les institutions nationales ou les pouvoirs publics. Aux associations de se mobiliser pour défendre la cause de M. Mapakou et compagnie, comme dit l’auteur, et nous ferons écho de leur mobilisation.
M. Mizidy parle d’une «vraie justice». Chacun peut y aller de son qualificatif. Nous sommes d’avis qu’il y a des imperfections, que de nombreuses situations démontrent que notre justice n’a pas encore atteint le niveau d’indépendance souhaitable, en tant que pouvoir à l’abri des influences d’autres pouvoirs. Mais, où est-ce que la justice des hommes est parfaite? N’a-t-on pas vu, aux Etats-Unis, pays de grande démocratie, le jugement du tribunal de Stanford, en Floride, ayant acquitté, en juillet dernier, un jeune Blanc poursuivi pour meurtre d’un jeune Noir, Trayvon Martin, scandaliser une grande partie de l’opinion, jusqu’au point de faire descendre les gens dans la rue, manifester leur indignation et leur mécontentement? Devant la colère et l’émoi suscités par ce verdict, le président américain, Barack Obama, avait eu ces mots: «Je sais que cette affaire a suscité des passions intenses. Au lendemain du verdict, je sais que ces passions pourraient s’intensifier. Mais nous sommes un Etat de droit, et un jury a parlé». Dire que tout Afro-américain qu’il est, il n’a pas pris fait et cause pour les indignés, en grande majorité ses frères noirs, peut être étonnant et pourtant, on peut le comprendre.

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