Philibert Malonga, secrétaire national à l’organisation et à la mobilisation du M.c.d.d.i : «J’ai décidé de ne plus cautionner la gestion anti-statutaire et anti-démocratique du parti par le secrétaire général»

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Aujourd’hui, la crise qui couvait au sein du parti depuis plus de douze mois vient d’éclater au grand jour. Cela est frustrant et honteux, car notre parti est encore porteur de tant d’espoir pour de nombreux compatriotes. Au regard de ce que j’ai personnellement observé et vécu au sujet de la gestion du parti, ma conviction est que le secrétaire général, Guy-Brice Parfait Kolelas, est le premier responsable de la crise qui prévaut au sommet du M.c.d.d.i ...

et qu’il a donné la preuve de son incapacité d’être le garant de l’unité du parti, d’être un rassembleur et de gérer démocratiquement le parti, sur la base des statuts et du règlement intérieur qu’il viole délibérément lui-même, frustrant ainsi les dirigeants et militants avertis, y compris ceux qui l’ont aidé à prendre les rênes du M.c.d.d.i.

Le président-fondateur, Bernard Kolelas, n’étant plus là aujourd’hui pour forger son opinion sur toute situation au sein du parti, chaque militant doit avoir pour «boussole», les statuts et le règlement intérieur du M.c.d.d.i, afin d’apprécier objectivement les actes politiques des uns et des autres. Il ne s’agit pas de choisir d’être derrière tel ou tel responsable du parti, par sentiment ou par fanatisme béat. A l’instar de Bernard Kolelas, chaque dirigeant du parti passera. C’est le respect des statuts par tous qui va assurer la pérennité du parti. Chaque responsable qui aime réellement le M.c.d.d.i doit œuvrer en sorte que le parti lui survive, afin que les générations montantes et à venir puissent, à leur tour, utiliser cet outil politique pour contribuer, effectivement et utilement, à la gestion de notre pays, pour la satisfaction des besoins du plus grand nombre. Le respect des statuts et du règlement intérieur du parti s’impose à tous les militants, le secrétaire général y compris.
Le problème est que cette crise éclate au moment où, grâce à ses dernières déclarations bruyantes, démagogiques (du déjà vu) dans les médias, le secrétaire général jouit de la sympathie des personnes non averties qui s’embrouillent et se comportent en simples fanatiques, car ils sont mal informés sur les causes réelles de cette crise, parce qu’elles ignorent les normes de fonctionnement démocratique du M.c.d.d.i prescrites par ses statuts.
Or, pour être constructif, c’est sur cette base que chaque militant doit apprécier les actes de tout dirigeant et de tout membre du parti et non sur la base des accusations mensongères, calomnieuses à son encontre.
Pour camoufler aux yeux de ceux qui ne connaissent pas les statuts du M.c.d.d.i, le secrétaire général Guy-Brice Parfait Kolelas véhicule l’information mensongère selon laquelle que ceux qui s’opposent à sa gestion égocentrique du parti sont des traites qui sont pour le changement de la Constitution. Qui ne sait pas que la position du parti à ce sujet a été décidée par le Congrès et que nul n’est au-dessus du congrès? Puisque la liberté de pensée, d’expression et d’opinion est garantie par les statuts (article 15), il ne faut donc pas confondre le point de vue personnel d’un militant (qui n’engage pas le parti) et la position politique du parti sur tout sujet qui est de la compétence, dans l’intervalle des sessions du comité national, du Bureau exécutif national et non du secrétaire général seul (article 55 des statuts).
La question du changement de la Constitution est, donc, un faux problème. C’est un prétexte pour diaboliser arbitrairement les dirigeants qui osent manifester leur désapprobation, face aux dérives despotiques, aux violations des statuts et du règlement intérieur du parti par le secrétaire général Guy-Brice Parfait kolelas.
Personnellement, dans l’intérêt supérieur du parti, j’ai décidé de ne plus cautionner la gestion anti-statutaire et anti-démocratique du parti par le secrétaire général. J’ai compris, avec une forte dose de déception que ce frère que je croyais être démocrate comme son père, est fondamentalement animé par des visées despotiques et par une intolérance politique caractérisée, qui l’ont conduit à plonger le parti dans une crise statutaire grave par des violations délibérées et inacceptables des statuts et règlement intérieur du M.c.d.d.i. Les entrevues que j’ai eues avec lui à huis clos à ce sujet, n’ont rien donné. Voici quelques exemples de violation des textes fondamentaux du parti:
1- Au cours du congrès ou de la convention nationale, le secrétaire général est élu pour un mandat de cinq ans (article 35 des statuts), les membres du comité national sont élus pour un mandat de cinq ans (article 42 des statuts), les membres du Bureau exécutif national sont désignés pour un mandat de 5 ans (article 56 des statuts). Le secrétaire général n’a aucun droit statutaire d’écourter le mandat des membres du Bureau exécutif national. Il peut pourvoir tout poste vacant au sein du bureau exécutif national en cours de mandat, sur la base d’un rapport de la C.n.d.c. Or, c’est en violation des statuts qu’il a arbitrairement remplacé un B.e.n en cours de mandat (mis en place en décembre 2012 à l’occasion de la convention nationale tenue à Kinkala) par un nouveau Ben (le 5 juillet 2015) en session du comité national. Pour faire passer cette imposture sans débat, le secrétaire général a procédé par une intimidation voilée des membres du comité national, par la présence dissuasive, dans la salle, «des jeunes partisans de la violence politique», non-concernés par les travaux.
La conséquence est que maintenant, il y a à la tête du parti, un bureau exécutif national légitime mis en place conformément aux statuts et dont le mandat prendra fin en décembre 2017, et un bureau exécutif national sans légitimité statutaire mis en place en violation des statuts et dont le mandat va prendre fin en juillet 2020, comprenant en outre des militants qui ne sont pas membres du comité national (une autre violation des textes fondamentaux du parti).
En fait, le bureau exécutif national sans légitimité statutaire n’a pas qualité de diriger le parti. Tous les actes qu’il pose ou prend sont nuls et de nul effet.
2- Le B.e.n illégitime du 5 juillet 2015 compte parmi les secrétaires nationaux, le président de la Commission nationale de discipline et de contrôle (C.n.d.c). C’est contraire aux statuts du parti et cela traduit la volonté du secrétaire général Guy-Brice Parfait Kolelas, de faire de la C.n.d.c un organe à sa dévotion, dirigé par son suppléant. On comprend, d’ailleurs, pourquoi cet organe s’illustre par une complaisance et une complicité coupable devant les actes anti-statutaires du secrétaire général qui, nous le savons, lui dicte les sanctions à prendre à l’encontre de tel ou tel dirigeant qu’il ne tolère plus.
3- C’est le bureau exécutif national qui a la compétence de «négocier les accords/alliances politiques avec d’autres formations politiques...». (Article 29 du règlement intérieur). Or, le secrétaire général a signé les derniers accords politiques qui engagent le parti en violation flagrante des statuts et du règlement intérieur. Même Bernard Kolelas, président-fondateur du M.c.d.d.i, leader charismatique, s’était plié à cette exigence statutaire en 1992, au sujet de l’alliance M.c.d.d.i-P.c.t. Il avait pour la circonstance convoqué une réunion extraordinaire du B.e.n élargie aux parlementaires du parti. Pourquoi le secrétaire général Guy-Brice Parfait Kolélas ne suit pas l’exemple de son père? Quelle est la légitimité statutaire des accords politiques conclus à l’insu des organes dirigeants habilités du parti? Cette situation n’est-elle pas grave? Le rappel au règlement ne s’impose-t-il pas? Faut-il laisser le secrétaire général continuer à engager le parti dans telle ou telle direction, sans en avoir reçu mandat? A quoi servent alors les organes dirigeants du parti? Engager le parti sans en avoir reçu mandat est une faute grave même pour le secrétaire général. (Article 148 du règlement intérieur).
4- Le dernier congrès a ancré le M.c.d.d.i dans la majorité présidentielle, tout en recommandant au bureau exécutif national de renégocier, pour des raisons évidentes, les termes de l’accord M.c.d.d.i-P.c.t. Aujourd’hui, au regard des activités publiques décidées et menées par le secrétaire général, en violation des statuts et du règlement intérieur du parti, de nombreux militants s’interrogent sur le positionnement actuel du M.c.d.d.i sur l’échiquier politique national. L’esprit des conclusions du congrès a été trahi par la volonté d’un seul homme, le secrétaire général qui se comporte comme si le M.c.d.d.i était «sa propriété privée». Ce dernier se comporte comme s’il était le seul qui connaît et aime le parti. Il ignore qu’il ne peut pas décider seul sur toute affaire qui engage le parti. Cela est frustrant et énervant, car il n’a pas fait sur le terrain de la pratique pour «bâtir et entretenir la maison M.c.d.d.i» autant que tous les anciens du parti qu’il traque aujourd’hui. Son projet machiavélique qui consiste à purger du B.e.n, par des prétextes fallacieux, les anciens cadres politiques du parti est contre-productif, sauf pour ses intérêts égoïstes. Il ne doit pas aboutir sinon le parti sera pris en otage par des arrivistes, opportunistes.
5- Répondant à l’invitation du chef de l’Etat à l’occasion de la consultation des forces vives de la Nation, prélude au dialogue national de Sibiti, le secrétaire général y est allé sans avoir réuni préalablement le bureau exécutif national, pour arrêter la position politique du parti au sujet des questions soulevées par le président de la République. Ce qui a été dit, fait, déposé au nom du parti au président de la République n’a pas respecté les prescriptions statutaires. (Article 55 des statuts). Par ce fait, le secrétaire général a outrepassé ses missions réglementaires, ce qui est considéré comme faute grave au sein du parti. Il est impérieux de le forcer à se conformer aux statuts et au règlement intérieur, dans sa manière de diriger le parti.
6- Sans considération des dispositions de l’article 56 du règlement intérieur de l’assemblée nationale, violant les dispositions du règlement intérieur du M.c.d.d.i relatives aux critères à respecter pour assurer objectivement la promotion des militants aux différentes fonctions administratives et/ou politiques, le secrétaire général a imposé arbitrairement son suppléant à la tête du bureau du groupe parlementaire du M.c.d.d.i à l’assemblée nationale. Un suppléant qui dirige des députés titulaires, dans quel parti démocratique cela est-il possible? La conséquence en est que depuis le début de cette mandature, ce groupe parlementaire n’a tenu aucune réunion. Cela ne mérite-t-il pas une motion de carence? Fallait-il continuer à supporter cette situation qui entrave le bon fonctionnement des élus nationaux du parti? Qui aime le parti et qui ne l’aime pas?
7- Le secrétaire général s’illustre par une gestion financière opaque et personnelle des fonds du parti provenant des donations. Evoquer cette question est perçu comme «un crime de lèse-majesté». Lui seul doit connaître le montant des sommes perçues, lui seul doit décider du montant à décaisser... Même les fonds destinés au fonctionnement du groupe parlementaire du M.c.d.d.i à l’assemblée nationale empruntent une voie inconnue des autres députés. Le M.c.d.d.i ne doit pas être utilisé comme fonds de commerce.
Bref, bien d’autres cas inacceptables de gestion despotique, anti-statutaire et anti-démocratique du parti par le secrétaire général peuvent être évoqués.
Puis, à l’orée des échéances électorales, un chef de parti sage peut-il faire ce que fait notre secrétaire général? C’est par la division, la marginalisation des autres qu’il va conduire le bateau M.c.d.d.i à bon port? Devant la gravité de cette crise statutaire, que faire dans l’intérêt du parti?
Premièrement: tous les dirigeants du parti doivent avoir à l’esprit et respecter les trois dernières volontés/recommandations exprimées par le président-fondateur Bernard Kolelas, à l’endroit des militants: «Tenez fermement le parti, cultivez inlassablement l’entente fraternelle entre vous; soyez unis et vous serez forts (mika mia mboua)»;
Deuxièmement: tous les militants, notamment les dirigeants de tous les niveaux du parti doivent faire des efforts pour traduire dans la pratique les paroles (la prière) de l’hymne du M.c.d.d.i: «Que le Seigneur nous aide à mieux nous comprendre, à transcender tout ce qui peut bien nous perdre...».
Pour ce faire, deux options sont envisageables:
1- Que les sages du parti se mettent, enfin, debout, pour remplir la mission réglementaire qui leur incombe, en pareilles circonstances, conformément à la vision de Bernard Kolelas sur la gestion des désaccords entre dirigeants: le B.e.n de l’O.n.s.d.i «joue en cas de besoin le rôle de médiateur au sein du M.c.d.d.i. A ce titre, il initie et entreprend des démarches conciliatoires visant la résolution à l’amiable de tout désaccord notoire nuisible entre dirigeants, en vue de sauvegarder et renforcer l’unité ou la cohésion dans le parti, nonobstant toute procédure disciplinaire réglementaire». (Article 29, point IV, alinéa 4 du règlement intérieur de l’Organisation des notables et des sages pour le développent intégral (Onsdi).
Il s’agira de s’entendre sur le respect des statuts et du règlement intérieur du parti par tous, sur le renforcement de la démocratie interne au parti notamment au sujet de la prise des décisions qui engagent l’organisation, sur la jouissance par tout militant de sa liberté de pensée, d’expression et d’opinion (cf. Article 15 des statuts), sur la question du devenir du parti et de la stratégie y relative, sur les critères objectifs réglementaires à observer, pour la promotion des militants dans les organes dirigeants du parti de niveau national et aux différentes fonctions administratives ou politiques, sur la manipulation, en dehors des structures statutaires du parti, «des jeunes partisans de la violence politique», contre d’autres dirigeants (sur fond d’intimidation, des menaces), ce qui fait courir au M.c.d.d.i le risque d’être dissous conformément aux dispositions des articles 5 et 6 de la loi sur les partis politiques du 21 août 2006. Ces derniers doivent savoir qu’il est de leur intérêt de défendre le parti et non un homme dans le respect de la loi et des textes fondamentaux du M.c.d.d.i.
2- Si le secrétaire général n’adhère pas à la première option présentée ci-dessus, s’il s’entête dans son attitude du «plus commun diviseur du parti», s’il maintient sa logique antidémocratique et anti-statutaire de purger le parti des anciens qui ont inlassablement travaillé avec Bernard Kolelas pendant les temps difficiles, alors que lui et ses acolytes se contentaient d’être dans les coulisses, nous allons tirer la conclusion que Guy-Brice parfait Kolelas n’est plus digne de présider aux destinées du parti, alors pour ne pas trahir l’idéal et la vision politiques du président-fondateur Bernard Kolelas, l’élite du M.c.d.d.i devra se mobiliser pour désigner démocratiquement et mettre un démocrate à la tête du parti.
Le M.c.d.d.i doit cesser d’être une sorte de chefferie traditionnelle où le chef a toujours raison et les autres ne sont que des moutons de panurge. Mon intégrité vis-à-vis du M.c.d.d.i demeure intacte, car j’aime mon parti où j’ai été immatriculé exceptionnellement au numéro 54 par Bernard Kolelas.

Philibert
MALONGA
Secrétaire National à l’organisation et à la mobilisation;
Membre du BEN légitime du MCDDI.

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