Après les dialogues de Sibiti et Diata, pourquoi pas un forum, pour faire l’unanimité?

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Après le dialogue de Sibiti et celui de Diata, le président Denis Sassou-Nguesso devrait annoncer un forum, pour rechercher l’unanimité sur le respect de l’ordre constitutionnel et la préservation de la paix au Congo. C’est ce qu’on peut souhaiter, après la tenue, en l’espace d’un mois, de deux dialogues portant sur les mêmes thèmes, à savoir le Constitution et la gouvernance électorale.

Ces deux rendez-vous ont pu se tenir dans notre pays, comme pour prouver à la face du monde qu’il s’agissait là de deux sujets qui divisent profondément les Congolais. En effet, loin d’apporter un apaisement dans l’esprit des Congolais, ces deux assises semblent, désormais, constituer le terreau favorable au déchirement et à l’embrasement du tissu social national. Du coup, la paix est, une fois de plus, menacée.
Pendant que la majorité présidentielle invite, au plus vite, le chef de l’Etat à organiser le référendum sur le changement de la Constitution du 20 janvier 2002, l’opposition, pour sa part, brandit l’appel à la résistance et à la désobéissance civile, si l’ordre constitutionnel venait à ne pas être respecté. A Sibiti, comme à Diata, tout semble avoir été fait et dit dans l’intérêt du Congo, sans pourtant qu’aucun consensus n’ait été obtenu.
Dans un tel contexte, les sociaux-démocrates congolais, membres de l’Alliance progressiste d’Afrique centrale et de l’Internationale socialiste, sont, plus que jamais,  convaincus de ce que  la recherche d’un vrai compromis politique, positif et constructif, demeure la seule voie susceptible de préserver la paix au Congo et de mettre ainsi le  peuple congolais à l’abri de nouveaux soubresauts tragiques et sanglants. C’est, donc, en toute responsabilité que nous suggérons très fortement au président de la République, qui s’apprête  à livrer son message du 15 août, à la Nation, de tout mettre en œuvre, pour continuer à entretenir le fil du vrai dialogue, constructeur de la vraie paix et garante de la vraie concorde nationale.
Un forum de l’unanimité nationale pour la préservation de la paix ne serait-il pas le meilleur moyen d’atteindre ce compromis politique positif et constructif dont le peuple a si grand besoin aujourd’hui, face aux extrémismes de tous bords qui alimentent dangereusement ce climat ambiant d’incertitudes pour notre avenir commun, à court et moyen termes?
Pourquoi donc vouloir sacrifier le Congo sur l’autel de l’égocentrisme et des intérêts partisans? Peut-on, aujourd’hui, affirmer, très sincèrement, que les arguments du dialogue sont, désormais, épuisés totalement au point de ne plus avoir comme seule option que celle des solutions extrêmes du genre «référendum ou désobéissance civile», deux alternatives qui prennent le peuple congolais en otage et qui menacent dangereusement la paix intérieure et la stabilité régionale?
En réalité, ces deux alternatives sont l’expression d’une lutte pour la  conservation ou la conquête du pouvoir. Pour avoir géré le pays  pendant plus de 14 ans, le P.c.t et ses affidés se considèrent comme les gestionnaires les mieux outillés pour le pouvoir  et estiment, à ce titre, qu’ils devraient rester au pouvoir indéfiniment, en s’appuyant notamment sur l’argument du changement de la Constitution.
L’opposition, de son coté, se considérant marginalisée, réaffirme son attachement à la démocratie et au respect de l’ordre constitutionnel et nourrit, de ce fait, son aspiration au pouvoir, en s’appuyant notamment sur les articles 58, 185, 186 et 187 de la Constitution du 20 janvier 2002. Dans ces conditions, avec des positions aussi tranchées, il est difficile d’accorder les violons des protagonistes.
Pour préserver la paix et éviter que le pays ne s’embrase de nouveau, les sociaux démocrates  du Congo, réunis au sein de l’Alliance Progressiste d’Afrique centrale, appellent le président de la République, une fois de plus, à respecter son serment constitutionnel, en se plaçant, de manière non partisane et avec la plus grande sagesse, au dessus de la mêlée, pour être le garant de la paix, de l’unité et de la concorde  nationales.
Que le message à la Nation, à l’occasion de la fête nationale, ne soit pas le message de la confirmation de nos divisions mais celui de la confirmation de notre volonté partagée de vivre ensemble, par la recherche permanente du compromis politique, positif et constructif, dans le règlement de tout conflit, à travers le monde. En l’absence de tout consensus au stade actuel sur la question de la  Constitution, il est évident que le statu quo devrait être la règle, c’est-à-dire, le respect de l’ordre constitutionnel existant.
La gouvernance électorale devrait être une priorité aujourd’hui, à cause de l’importance et de l’imminence de l’élection présidentielle de 2016, un évènement majeur à travers lequel notre pays et sa classe politique devront prouver leur maturité politique et leur attachement aux principes universels de la démocratie pluraliste.

Bonaventure MBAYA
Vice-président de l’Apac (Alliance progressiste d’Afrique centrale);
Président de l’A.s.d.c (Alliance social-démocrate du Congo);
Président de la Convergence citoyenne;
Ancien ministre.


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