Lettre ouverte au président des Etats-Unis d’Amérique

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Monsieur le président,
A la tête de la nébuleuse communauté internationale, votre pays a poursuivi Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi d’une haine tenace, presque pathologique. Du fait de l’intrusion aussi intempestive qu’inopportune de vos forces alliées en Syrie et en Lybie, ces pays, disloqués, sont dans un état de déliquescence avancée et votre impuissance à y faire face, avérée.

Si c’est ce sort funeste que vous envisagez pour le Congo, je vous dis: Halte! La République du Congo est un Etat souverain. La preuve, il a su, souverainement, régler ses problèmes post-conflits, sans l’appui de votre fameuse communauté internationale, véritable pompier pyromane.
Le changement de la Constitution de janvier 2002 procède d’une nécessité largement reconnue, sauf par des trublions, au passé récent sulfureux et des transfuges frustrés. A titre personnel, j’ai combattu cette Constitution inique. Certes, le timing de son changement peut poser un problème moral, mais il est vital pour l’expérience démocratique congolaise. Je m’en réjouis, parce qu’il vise, ce changement, une rénovation institutionnelle largement souhaitée, en vue de l’instauration d’une République plus juste, plus solidaire, plus équitable, assise sur un autre type de gouvernance, pour un bien-être partagé de tout le peuple congolais. Au surplus, ce changement devrait ouvrir la voie à une possibilité d’alternance dans un environnement politique rénové. Le référendum n’est-il pas la voie démocratique, par excellence, en l’occurrence,  pour trancher une question qui engage la vie de la Nation? Je vous en laisse la réponse. Au plan moral, je note, simplement, que Guantanamo n’est pas le meilleur exemple de morale en politique.
C’est une vérité aussi vieille que la démocratie, le président sortant, même dans nos pays décriés, n’est pas toujours insubmersible. Le Nigeria vient de nous en donner la preuve ultime. Le président actuel du Congo, avec une élégance rare, a quitté le pouvoir après sa défaite en 1992. Ce qui n’a pas empêché, après lui, la démocratie de l’intimidation, aux conséquences que l’on sait.
Nous avons payé notre tribut à la guerre. Ça suffit! Halte à l’ingérence dans les affaires intérieures de notre pays qui a déjà souffert des turpitudes de ses hommes politiques. De grâce, n’en rajoutez pas! Le peuple congolais veut vivre dans la paix et en paix. Que les forces politiques en présence ne se défaussent pas sur une certaine communauté internationale. Qu’elles démontrent, sur le terrain, leur réelle implantation et leur capacité à nous mobiliser, nous, électeurs, lors de la campagne sur le référendum. Monsieur le président, ne vous trompez pas de combat. Laissez les Congolais régler leurs problèmes, comme ils en ont l’habitude. Merci de votre compréhension.

MFUMU DI FUA DI SASSA
Journaliste, ancien Conseiller municipal

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