Pour Denis Sassou-Nguesso, rien ne doit compromettre la paix, la sécurité et la stabilité de notre pays

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Le message de vœux de nouvel an du président Denis Sassou-Nguesso démontre ses vertus de démocrate. Et pour cause… Décryptage. Dans son message de vœux à la Nation, le président Denis Sassou-Nguesso, toujours au-dessus de la mêlée, privilégie le triomphe du droit sur l’arbitraire. Pour lui, le débat sur la Constitution n’est pas tabou:

«Que les opinions différentes et divergentes s’expriment librement. Que les convictions les plus assurées s’opposent à de pertinentes objections. Qu’il y ait un coup qui préconise les solutions alternatives et un autre qui prône le statu quo; c’est cela la démocratie», a-t-il dit.
Pondéré, serein et égal à lui-même, Denis Sassou-Nguesso jette, depuis la nuit des temps, son dévolu sur le respect de l’autre, acceptant la divergence dans la diversité, au grand dam des intérêts égoïstes. Pour mémoire, à la Conférence nationale souveraine de 1991, il avait décidé, quoiqu’il advienne, de laisser tourner la roue du destin. Pour lui, le multipartisme devait marquer la fin de tous les sectarismes et les petites intrigues politiciennes. Il avait, en outre, invité tous ceux qui ont participé à cette Conférence nationale souveraine, à élaborer une nouvelle Constitution, un code et un calendrier électoraux, une loi sur la presse et sur les libertés individuelles. Tout cela, bien sûr, dans le seul intérêt du Congo et des Congolais, pour l’avenir du Congo, dans le respect des opinions de chacun.
C’est ainsi qu’il avait laissé les opposants statuer sur son sort. Quoi de plus noble, mais qui n’était pas sans danger. En toute chose, il faut se fixer des objectifs clairs et se doter des moyens nécessaires, car il n’est point besoin de suspecter quoique ce soit. Comme disait André Gide, dans un monde où chacun triche, l’homme vrai fait figure de charlatan.
Loin s’en faut, Denis Sassou Nguesso a une vision sur l’avenir du Congo. Il avait déjà amorcé les couleurs, le 5 février 1979, et ses mots de l’époque sont porteurs de rêve. Devant les délégués du P.c.t, alors parti unique à l’époque, il avait dit que «le Congo est notre bien à tous et aucun d’eux ne peut se l’approprier ou en faire sa chose». «Si nous voulons que cette terre vive et prospère, nous devons, tous, peuple et dirigeants, suivre le même chemin, celui de la paix, de l’unité nationale, du respect de l’autre. Chacun a la place qu’est la sienne», avait-il martelé.
Pour Denis Sassou-Nguesso, il fallait agir, pour le bien de la collectivité, afin que les enfants de demain soient fiers de ce qu’on leur lèguera. Ces propos qui datent de 1979, devenus comme un leitmotiv, rappellent que la construction est l’affaire de tout le monde. Personne ne doit rester au bord de la route.
Denis Sassou-Nguesso, qui reste constant dans sa logique, estime qu’il faut construire un Congo meilleur, plus juste, plus solide. Et c’est en ces termes qu’il avait demandé que le comité central du P.c.t lui accorde sa confiance pour la réussite de ses idéaux. Sa vision était de faire du Congo un pays émergent. A propos de la Constitution, 36 ans plus tard, il s’en remet toujours au peuple. «Nous bannissons le désordre et la violence, parce que nous connaissons l’enchaînement», a-t-il dit dans son message de vœux à la Nation. «Il est évident que les affaires des Congolais seront réglées par les Congolais eux-mêmes, de préférence par la dialogue. Et si des divergences persistent entre responsables politiques, seul le peuple souverain sera appelé à trancher par le vote. Il ne saurait en être autrement. Bref quelle que soit l’issue, la souveraineté ne doit ne aucun cas, être aliénée. Cela doit être le point de convergence de nos différences», a-t-il précisé.
Toute proportion gardée, Denis Sassou-Nguesso n’est jamais arrivé à la magistrature suprême par appétit du pouvoir. Sa seule conviction, c’est le bien du Congo, car il s’est toujours fait le serment de consacrer toute son énergie au service du pays.
Pour lui, commander n’est pas une gloriole. Mais, une responsabilité qui lui incombe. Comme disait Château Briand, la morale va au-devant de l’action et Denis Sassou-Nguesso en fait son violon d’Ingres. Car sa politique s’est toujours fondée sur de idées-forces qui reposent sur un triptyque: vérité, justice et réalisme.
Si le souverain primaire constate que la Constitution de 2002 est devenue caduque, iconoclaste et fait montre d’une morosité politique, c’est le peuple, seul, qui tranchera au cours d’un référendum. Loin des querelles intestines.
Il faut plutôt construire le bien-être du peuple. Il est temps de se mettre totalement au service des Congolais, de passer aux actes et de les mettre en conformité avec son idéal. A l’évidence, il ne faut pas se payer des mots au détriment de l’efficacité. Il faut plutôt travailler, car la seule efficacité qu’on veuille est celle du travail.
La chronologie parle d’elle-même: «J’assume». C’est le maître-mot.
Depuis la Conférence nationale souveraine, l’histoire se répète et Denis Sassou-Nguesso emprunte les mêmes formules. «En quête permanente d’amélioration des conditions de vie des Congolais, l’œuvre d’industrialisation et de modernisation  de notre pays se poursuivra. C’est Le chemin d’avenir. C’est le choix de l’efficacité dans la réponse aux défis socio-économiques auxquels est confronté le Congo». Ces propos de son message de vœux au peuple congolais, le 31 décembre 2014, sont identiques à ceux qu’il avait prononcés à la Conférence nationale souveraine. «Chers compatriotes, que signifie la conférence nationale que nous avons voulue? La grande introspection qu’elle représente doit, avant tout, la réconciliation et la reconstruction nationale».
Pour Denis Sassou-Nguesso, il s’agit de panser les plaies et non de provoquer de nouvelles déchirures: «Favorisons cette réconciliation qui, seule, permettra à notre peuple de se tourner vers l’avenir», confirme-t-il. «Il en va de notre destin collectif. Faut-il enjamber d’autres corps pour arriver à la démocratie?». «Ma réponse est non. Bien évidemment non. Car, l’on ne construit jamais l’unité et l’avenir, sur les déchirements et la haine».
En sa qualité d’homme de paix, Denis Sassou-Nguesso avait considéré tous les propos tenus à la Conférence nationale souveraine comme étant d’engagement à effacer le passé dans ce qu’il a eu de pervers, pour aller de l’avant avec de nouvelles valeurs, de nouvelles idées, de nouvelles conceptions, de nouvelles pratiques. C’est ainsi qu’il avait assumé. «Il ne reste donc que moi, aujourd’hui, dernier chef d’Etat la démocratie pluraliste a trouvé, pour répondre en leur nom, de la gestion de notre pays par le système monopartite. Des compagnons de grande expérience et de profonde conviction vous ont dit leur part de vérité et tout le bien qu’ils ont fait. Le mal, je suis donc seul à l’assumer. Je l’assume à titre collectif et individuel, au nom de tous les dirigeants de ce pays qui ne sont plus», dixit Denis Sassou-Nguesso.
Dans son message de vœux au peuple congolais, le 31 décembre 2014, Denis Sassou Nguesso considère et retient que rien ne doit compromettre la paix, la sécurité et la stabilité de notre pays, recouvrés au prix du sang des Congolais. «Aujourd’hui, les uns et les autres parlent de l’avenir institutionnel du Congo. Que cela soit dans leur droit ou non, je les entends. Personne n’a le droit d’empêcher une telle confrontation des idées de prospérer; personne n’a le droit de mener cet exercice démocratique à la dérive et au désordre».
Comme disait la juriste belge Marie-Françoise Rigaux, «le droit lui-même est conçu comme un ensemble de règles susceptibles de changer. Elles peuvent être abrogées, modifiées; elles peuvent être suspendues d’application, faire l’objet de régimes transitoires».
Bref, le débat sur la Constitution devrait interpeller les uns et les autres à faire usage de la force des arguments et non des arguments de la force. Point n’est besoin de raisonner comme Machiavel qui estime que la force crée le droit. Comme disait le philosophe autrichien Karl Popper: «Pour tirer la matière querellée, il faut écouter attentivement l’argumentaire de son adversaire» et Denis Sassou-Nguesso l’a compris, en demandant aux populations de s’approprier le débat pour en tirer des leçons. Aux pillards de faire attention pour ne pas l’entraver!

Jean-Louis KOMBO
(Journaliste)

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