Lettre ouverte à la Mairie de Brazzaville : «J’accuse pour non-assistance à populations en danger à Brazzaville»

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Cette nouvelle saison de pluies a commencé, à l’instar des précédentes, à faire ses ravages à Brazzaville. Déjà, des familles endeuillées, de nombreuses autres sinistrées et d’importants dégâts matériels dans les ménages occasionnés par la toute dernière grande pluie du 24 novembre dernier. Comme vous le savez,  les quartiers dits à risques  subissent, d’ores et déjà, les conséquences directes du manque de tact de vos services : Mama Mboualé et les hauteurs de Ngamakosso, dans le 6ème arrondissement, Massengo, dans les 6ème et 9ème arrondissements, La Base, dans le 7ème arrondissement.

Une situation d’autant plus préoccupante que ces calamités sont  devenues  monnaie courante, depuis plus d’une décennie!
Faut-il vous rappeler que les avaloirs, grilles, trapillons et autres accessoires de collectes des eaux pluviales, inexistants, mal posés, inachevés ou inadaptés, réalisés dans le cadres des travaux d’aménagement des voiries urbaines, ne cessent d’infliger à de nombreux Brazzavillois, des blessures, notamment lorsqu’ils ne sont plus visibles, pendant les nuits noires -faute d’éclairage public, à cause des délestages dont nous sommes devenus coutumiers- ou parce que largement submergées par les eaux, comme lors de la dernière grande pluie? Du point de vue des Brazzavillois, les «Grands travaux» et les exécutants de ces travaux ne sont pas du tout responsables, mais la mairie et le conseil municipal, sans aucun doute.
Trop souvent, en ce qui concerne les calamités subies par les populations brazzavilloises des quartiers dits à risques, les pouvoirs publics se sont payé une dose de conscience pour tenter de se dédouaner à bon compte. En effet, ils en déchargent la responsabilité sur les occupants dont la faute serait, selon eux, de s’être installés, d’avoir déboisé et construit dans des zones impropres aux habitations. Pis encore, pourquoi laisse-t-on d’autres  Brazzavillois investir ces quartiers à risques? N’est-il pas du devoir de la mairie, en pareilles  circonstances, d’user de toutes les capacités que lui confère la loi, d’épargner les Brazzavillois de ce genre de catastrophes? Lesquelles, soit dit en passant, n’épargnent aucune nation sur cette planète, mais avec des dégâts matériels et humains bien moindres dans les villes où les services municipaux n’attendent pas d’assister, impuissamment, aux effets de ces catastrophes, mais les anticipent, en mettant en place une veille et de véritables dispositifs de riposte appropriée.
Les Brazzavillois conviendraient avec moi qu’il est du ressort du maire, dans le cadre de ses fonctions de gestion de patrimoine et services de la municipalité, d’assurer le bon fonctionnement des ouvrages de voiries urbaines et la sécurisation générale des citoyens de la ville-capitale. A défaut, nous sommes, manifestement, en insécurité. En conséquence:
- J’accuse la mairie de coups et blessures et homicides sur des citoyens brazzavillois;
- J’accuse la mairie de laisser, sciemment, les citoyens s’exposer à des risques qui menacent gravement leur vie et leurs biens;
- J’accuse la mairie d’accuser, injustement, certains citoyens d’être, par leurs comportements, à l’origine de ces calamités occasionnant tant de sinistrés dans la population brazzavilloise. S’il en était ainsi, les services municipaux n’auraient, certainement, pas manqué d’engager des poursuites judiciaires à l’endroit de ces citoyens brazzavillois contrevenants?
Je demande, donc, à la Mairie de Brazzaville l’indemnisation des sinistrés résultant de ces manquements graves à son devoir.
Il est de notoriété publique que les changements climatiques vont accentuer les phénomènes climatiques extrêmes, en d’autres termes et plus simplement, dans notre cas, les pluies diluviennes seront, de plus en plus, fréquentes et intenses, occasionnant, en conséquence, des sinistres de plus en plus graves.
A la lumière des graves manquements constatés, à ce jour, dans les circonstances actuelles et prenant en compte l’accentuation des phénomènes climatiques extrêmes à venir, Brazzaville a besoin d’une véritable action des pouvoirs publics, et tout particulièrement de la mairie, pour relever le défi de nous sortir de ces graves fléaux qui s’abattent sur nous, à chaque saison de pluie, et qui, manifestement, ne vont que s’aggraver. Oui, une mairie qui, avec une vision partagée avec ses citoyens, anticipe, dans une démarche prospective, les effets de ces catastrophes.

TSENGUE-TSENGUE
Citoyen de Brazzaville

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