Encore des drames en perspective à Brazzaville avec la nouvelle saison des pluies

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A l’orée de la saison des pluies qui a déjà commencé, certains Brazzavillois vivent déjà les calamités qui, dorénavant, accompagnent les précipitations sous le ciel de la ville capitale: des gigantesques marres d’eau boueuse des rues de Moungali et Poto-Poto, franchissables que par des véhicules tout terrain, aux dramatiques glissements de terrain, inondations, érosions, torrents urbains emportant même des vies humaines, le menu des calamités brazzavilloises en saison de pluie est généralement varié et plutôt alarmant.


Et pourtant, de grands travaux d’aménagement des voiries urbaines de Brazzaville ont été réalisés, afin d’améliorer la qualité de la vie urbaine des habitants de la capitale. Parmi les plus importantes aux effets bénéfiques les plus visibles, on peut citer: l’aménagement et la construction des berges du collecteur naturel de la rivière Madoukoutsékélé, qui coule du Nord au Sud en traversant les quartiers populaires de Ouenzé, Moungali et Poto-Poto, avant de se jeter dans le fleuve Congo.
Jadis, offrant une faune aquatique très variée parmi lesquelles des poissons de toutes sortes, des grenouilles, etc, le ruisseau Madoukoutsékélé était devenu, après la disparition de cette faune, une source de grands maux à ses riverains, causant non seulement une forte insalubrité, parce que devenue un réservoir géant à moustiques distribuant allègrement la malaria,  mais aussi sortant souvent de son lit lors des grandes pluies, pour inonder les habitations riveraines. Son aménagement est sans conteste un progrès de ce point de vue.
Mais et malheureusement, ces travaux d’aménagement des voiries souvent mal finis sont à l’origine de nombreuses blessures et parfois de pertes de vies humaines. La nuit, quand les lampadaires sont défaillantes pour diverses raisons, l’avenue des Trois Martyrs, à Moungali et Ouenzé, pour ne citer que cette partie, et les berges de Madoukoutsékélé deviennent de véritables dangers publics: de nombreux piétons se fracturent les membres, en se prenant les pieds dans les avaloirs, grilles, trapillons ou autres accessoires de collecte et d’évacuation des eaux pluviales mal finis, inachevés ou inadaptés.
Chaque saison de pluie tue dans la zone de Jane Vialle: l’avenue Boueta-Mbongo et l’avenue des Trois Martyrs, transformées en torrent, emportent régulièrement les vies de citoyens et surtout d’enfants qui, par inattention, posent les pieds là où un caniveau a perdu sa dallette de protection. Dans cette zone de Jane Vialle, on compte environ 5% de ces dallettes perdues, mal positionnées ou jamais posée, endeuillant ainsi des familles; certaines ne retrouvant même pas les corps de leurs défunts!
Même chose pour les Brazzavillois qui ont élu domicile dans les quartiers de la capitale dit zones à risques, qui vont encore subir les conséquences dramatiques des érosions et glissements de terrain, puisque rien n’y a été fait: les hauteurs de Ngamakosso, dans le 6ème arrondissement, Massengo dans le 6ème et 9ème arrondissement, La Base dans le 7ème arrondissement, etc. Et nous avons commencé à revoir, comme des voyeurs, une fois de plus, dès le début de cette saison de pluie, sur notre petit écran, les tristes images des habitations inondées, des maisons emportées, des rues et avenues défigurées par les érosions, etc. Les pouvoirs publics, particulièrement la mairie sont impuissants, devant le drame social qui se déroule sous leurs yeux.
Le Ministère des affaires, de l’action humanitaire et de la solidarité n’aura qu’à distribuer aux sinistrés, vivres, couvertures et autres objets comme réconfort. Simplement traitement symptomatique. Mais, qui doit donc s’attaquer à la racine du mal?
Rien ne peut-il donc être fait par les pouvoirs publics, pour éviter à ces compatriotes et d’autres de subir toutes ces calamités naturelles que de venir assister, impuissants, à ces drames comme à une veillée mortuaire? Ces fractures de membres et ces morts sont pourtant des coups et blessures et des homicides résultant des voiries mal finies, inachevées, inadaptées ou pas entretenues. Involontaires sûrement, mais coups et blessures et homicides certainement. Par ailleurs, si les autorités publiques ne peuvent pas supprimer les risques inhérents aux quartiers dits à risques, ils ne devraient pas laisser les gens s’y installer. Or, de nombreux Congolais, on imagine qu’ils n’ont pas le choix, continuent, pourtant au vu et au su de toutes les autorités qui laissent faire, d’investir ces quartiers à risques. Qui en est véritablement responsable? Le maire de Brazzaville et les administrateurs-maires d’arrondissement sans conteste. Faut-il rappeler qu’ils sont pénalement responsables, dans le cadre de leurs fonctions de gestion de patrimoine et services de la municipalité, notamment ici dans le fonctionnement défectueux des ouvrages de voirie urbaine ou de sécurisation des citoyens de la ville?

Tsengué-Tsengué

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