CRISE DU CORONAVIRUS : Le sport africain à l’épreuve de l’épidémie

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Des précautions sont prises par différents organismes sportifs continentaux pour se prémunir contre l’épidémie de coronavirus. Des événements sportifs sont annulés, d’autres reportés ou menacés. Le Maroc, par exemple, n’a pas voulu prendre le moindre risque avec l’épidémie. Alors qu’un seul cas a été officiellement recensé dans le Royaume, les autorités ont annulé purement et simplement le Grand Prix de Rabat de judo et le Tour du Maroc cycliste.


On n’est pas surpris que le royaune prenne cette décsion radicale. On se souvient qu’en 2014, il avait déjà appliqué un principe de précaution quelque peu similaire, avec Ebola. Il avait notamment renoncé à organiser la Coupe d’Afrique des nations 2015 de football aux dates prévues pour éviter tout risque d’arrivée du virus sur son territoire. La CAF avait tapé du poing sur la table, et finit par refiler la compétition aux dates initiales à la Guinée-Equatoriale, et suspendu le Maroc pendant deux ans.
On ne sait pas si la Fédération Internationale de karaté aura la chance de maintenir à Rabat la Premier League, un tournoi qualificatif pour les Mondiaux, prévue du 13 au 15 mars. Elle est dans l’expectative.
La Fédération internationale de tennis, par contre, n’avait pas prévu d’empêcher les play-offs de la Coupe du monde masculine par équipes (Coupe Davis) de se dérouler à Marrakech (Maroc-Vietnam) ou que des sélections africaines ne se déplacent à l’étranger (Lettonie-Égypte, Guatemala-Tunisie, etc.) les 6 et 7 mars.
Au Sénégal, la Ligue nord-américaine (NBA) qui co-organise la Basketball Africa League (BAL) a annoncé son report prévu le 13 mars à cause du premier cas de coronavirus détecté au pays de la Téranga.
Des confédérations confiantes
Malgré la menace, le Covid-19 ne semble pas susciter la peur à certaines confédérations africaines. La Confédération africaine de handball (CAHB) garde ainsi confiance en l’Algérie pour accueillir la Super Coupe d’Afrique le 30 mars, ainsi que le Championnat d’Afrique des clubs féminins vainqueurs de coupe, du 31 mars au 9 avril. La Confédération africaine de volley-ball (CAVB), elle, souhaite que le Championnat d’Afrique féminin des clubs se déroule comme prévu au Caire en Egypte du 3 au 10 avril, alors que ce pays est l’un des premiers touchés sur le Continent.
Et la Confédération africaine de football (CAF), la plus grande d’entre elles? Elle se montre également vigilante sans toutefois dramatiser. Son vice-président Constant Omari s’est ainsi exprimé sur le sujet: «Bien sûr, on réfléchit à cette situation», a-t-il répondu sur RFI. «Mais l’Afrique n’est pas encore trop frappée par le Coronavirus. En termes de prévention, la CAF est en train de réfléchir aux dispositions à arrêter. Ce sera proportionnel à l’ampleur de la propagation. Il y a une semaine, l’Afrique en était presque exempte. On commence à peine à recenser des cas», a-t-il ajouté.
C’est comme si le football était un cas à part en Afrique. Il y a de nombreuses rendez-vous: quarts de finales des coupes d’Afrique de clubs (6 au 8 mars), éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2021 (25 au 31 mars)… Certains impliquent des sélections ou clubs des pays touchés par le Covid-19. Mais aucun report ou aucune annulation ne semble à l’ordre du jour. De même qu’à un mois du coup d’envoi du Championnat d’Afrique des nations (CHAN 2020), qui se déroulera au Cameroun du 4 au 25 avril, la prudence reste de mise au sein de la Confédération africaine de football où les dirigeants, certes attentifs, se contentent seulement de solliciter l’avis de l’équipe médicale. «Peut-être ne sont-ils pas au courant que le virus n’épargne pas le continent africain», ironise Gérard Dreyfus sur son site destiné au football africain. Pour ce journaliste français attaché au ballon rond africain bien que retraité, la CAF ne peut pas rester silencieuse face à la menace Coronavirus, surtout que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déjà évoqué la question, sans apporter une réponse très claire, il est vrai.

Jean ZENGABIO

 

 

 

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