INFRASTRUCTURES URBAINES : Stades Eboué et Marchand: patrimoines en péril!

  • Imprimer
Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Les deux enceintes sportives ne vivent plus au rythme des cris des supporters; les herbes  sauvages y poussent. Et pour cause: les gestionnaires de ces patrimoines sportifs sont confrontés à de sérieuses difficultés, notamment financières, pour l’entretien de ces lieux chargés d’histoire ! Classé équipement sportif de rang B, le stade Marchand par exemple, est aujourd’hui gérant de sa propre destinée.

Le terrain a vu ses dimensions se raccourcir à cause de la construction d’un mur d’enceinte par la société chinoise chargée des travaux  des nouveaux locaux du Parlement. Elle y a carrément  installé une  base vie. Des vanniers aussi occupent  un coin de stade  pour la fabrication de leurs œuvres . On y trouve même un restaurant  tenu par un membre du secrétariat  des Diables noirs. Cette équipe habituée des lieux, notamment les séniors et le U20, s’y entraine malgré l’état du terrain.
Selon un des responsables qui a requis l’anonymat, ceux qui occupent  ces lieux font office de gardiens pour sécuriser les installations.
Concernant les Chinois, c’est le fruit d’un accord entre le ministère des Grands travaux et celui des Sports. Ce stade, une fois réhabilité, pourrait être remis à la fédération congolaise de rugby, a t-il confié. Et  les bâtiments de la base vie des Chinois pourraient  abriter  un centre de formation des jeunes enfants au football. «Le stade Marchand est grand, on peut y créer d’autres espaces pour le basket Ball et le volley Ball.Ce sont des propositions que nous faisons qui  ne sont pas encore examinées et acceptées», ajoute t-il.
Pour sa part, le stade Félix Eboué appartient à l’archidiocèse de Brazzaville, mais il  montre aussi un visage désolant. Etablissement  privé d’intérêt  général à caractère sportif, social et culturel, ce lieu qui a abrité des éditions  du Festival panafricain de musique (FESPAM), accueille  aujourd’hui  les chrétiens de Brazzaville pour les grandes messes. Il sert  d’espace d’entraînement au  club de football Patronage Sainte- Anne. Il demande à être réhabilité pour retrouver sa vocation de haut-lieu de rencontre.
Pour ce faire, un comité de gestion chargé d’organiser et de gérer son  fonctionnement  et  son exploitation a été mis en place. C’est une décision  conjointe prise par l’Eglise catholique, la mairie de Poto-Poto, le ministère de la Culture et le ministère des Sports en 2011. Des  travaux de réhabilitation y avaient démarré  entre 2006 et 2007; ils ne sont pas arrivés a leur  terme. Résultat: le stade est dans un état de dégradation avancée.
Pendant la saison des pluies, il ne peut abriter les rencontres sportives de deuxième division, parce que le terrain est souvent inondé. A cette difficulté s’ajoute le problème financier. Il a contraint le comité de gestion à rechercher des fonds, notamment  dans la tenue des kermesses pendant la période des fêtes et des vacances ,mais cela ne suffit toujours pas .
Un revers de cette situation force le comité à envisager  de mettre fin à l’organisation des foires qui deviennent des lieux de vente de boissons alcoolisées non conformes à l’éthique catholique basé sur la conscientisation de la jeunesse. Le comité envisage ainsi de renouer avec l’organisation des compétitions sportives pendant la saison sèche.  
Le stade Félix Eboué est lui aussi confronté au problème d’occupation anarchique de son espace. A cet effet, le comité a pris de l’avance avec un partenaire en construisant des boutiques du côté de l’avenue de la Paix. Elles  seront mises  en location et les fonds collectés serviront àl’entretien.
Ulrich Billor Lekaka, président du comité de gestion du stade Félix Eboué rappelle: ‘’L’église, en construisant ce stade, avait pour but de toucher les jeunes par des  activités sportives et culturelles’’. Mais l’objectif n’a pas toujours été atteint. D’autant que le  manque d’électricité en fait une zone de danger pour les riverains. ‘’Nous attendons la fin des travaux des boutiques pour mettre des projecteurs, pour palierle  problème d’insécurité autour du stade’’, a t-il fait savoir.
Une fois entretenus, ces deux stades, par ailleurs joyaux historiques et  architecturaux, pourraient représenter des atouts dans le développement touristique  que le Gouvernement a l’ambition de lancer.

Jeannette Laure MAVOUNGOU
(Stagiaire)