CAN DE FOOT 2019 : L’Algérie redevient un géant de l’Afrique

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Après un mois de compétition, la 32e Coupe d’Afrique des nations de football a désigné son vainqueur vendredi 19 juillet au Stade international du Caire. Il s’agit de l’Algérie, pourtant arrivée en Egypte sur la pointe des pieds. Tout un peuple attendait ce titre continental, le deuxième de son histoire après celui obtenu chez lui voilà 29 ans. En revanche pour les Sénégalais, la malédiction se poursuit. Pour un premier sacre, il leur faudra encore patienter…


Un but surprise inscrit au bout de 79 secondes seulement de jeu a permis à l’Algérie de remporter aux dépens du Sénégal la finale de la CAN 2019. L’on n’a pas voulu croire que l’Algérie serait capable de cet exploit. Tous les pronostics ne la réinstallaient guère sur le toit de l’Afrique. Elle était plutôt donnée pour moribonde il y a encore deux ans, parce que chassée de la CAN 2017 au Gabon dès le premier tour. Son entraîneur de l’époque, un Belge, avait fini par rendre son tablier et remplacé par l’Espagnol Lucas Alcaraz. Sans succès, lui aussi. Appelé à la rescousse, Rabah Madjer, le capitaine de l’équipe victorieuse en 1990, sera à son tour limogé sous la pression de la rue.  
Ce qu’a réalisé en Egypte l’entraîneur actuel, Djamel Belmadi, et ses joueurs relève de l’exploit. Après avoir vécu des années fastes entre 1982 et 1990, le  football algérien avait sombré, à l’image de nation. Dieu merci, son étonnant et brillant parcours l’y a catapulté. Aucune défaite! Il n’a véritablement tremblé qu’en quarts de finale devant la Côte d’Ivoire en concédant un match nul transformé en succès aux tirs au but. Donc, rien que des victoires! Mieux, des victoires convaincantes. Car l’Algérie est l’équipe qui a pratiqué le meilleur foot. Un football offensif (13 buts inscrits), plaisant, mais aussi qui a montré qu’elle pouvait très bien défendre (2 buts seulement encaissés). Longtemps, l’Algérie avait surtout la réputation d’avoir un jeu surtout technique. Cette année, elle possède une défense très solide, avec des défenseurs eux aussi techniques. Donc, l’Algérie a mérité amplement son titre.
Certains Algériens voient dans ce succès le signe du destin: en 1990, lors de la première victoire, l’Algérie était en pleine transition démocratique. En 2019, les Algériens sont mobilisés depuis cinq mois pour obtenir un changement pacifique du régime. On comprend pourquoi aussi, en Algérie comme en France (De Marseille à Lyon en passant par Paris, Lille, Montpellier ou Strasbourg), des centaines de milliers de supporters des Fennecs descendus dans les rues pour célébrer la victoire des leurs avaient dans la bouche des slogans s’attaquant au régime.
La clôture de cette 32e CAN est l’occasion de faire les comptes. Cette édition est de loin la plus offensive (102 buts inscrits), devant celle de 2008 (90 buts). Le record des buts inscrits est donc tombé en Egypte. Conséquence logique de l’augmentation du nombre des matchs dû au passage de la compétition à 24 participants (52 matches) contre 16 d’ordinaire (32 matches). Mais la moyenne de buts par match est faible (1,96) cette année, la plus forte demeurant celle de 2008 (3,9).
L’Algérie a enfanté aussi le meilleur joueur de la compétition, en l’occurrence le milieu de terrain Ismaël Bennacer. Le titre de canonnier n°1 revient au Nigérian Odion Ighalo, auteur de 5 buts. Loin du record absolu du Congolais de RDC Ndaye Mulamba (9 buts en 1974, en Egypte). Le Sénégal, lui, a donné à la compétition, le meilleur jeune, Krépin Diata. Enfin, il faut signaler qu’en match de classement pour la troisième place, le Nigeria a dominé la Tunisie (1-0).
Le Stade international du Caire s’est endormi. Les Algériens, ivres de leur victoire, sont rentrés à Alger. Au Cameroun, pays qui abritera la prochaine édition, on commence déjà à rêver d’une revanche. Ainsi va la Coupe d’Afrique des nations…

Guy-Saturnin
MAHOUNGOU     

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