CAN DE FOOT 2019 : Qui va danser et qui va pleurer le 19 juillet ?

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La 32e Coupe d’Afrique des nations de football attendait ses finalistes. Ils s’appellent Sénégal et Algérie. On les a eus dimanche 14 juillet au sortir de demi-finales on ne peut plus mouvementées qui leur ont permis de se défaire respectivement de la Tunisie (1-0) et du Nigeria (2-1). Ils en découdront pour la conquête du trophée vendredi 19 juillet au Stade international du Caire.


Les deux demi-finales se sont révélées fort intéressantes. A Alexandrie, le Sénégal est passé au terme d’une rencontre au scenariuo incroyable: un penalty raté de part et d’autre, un penalty sifflé en faveur de la Tunisie, puis annulé par l’arbitre après avoir revu  les images à la VAR. C’est en prolongation qu’il a fait la différence en bénéficiant d’un but marqué contre son camp par un défenseur tunisien, consécutif à une bourde de son portier, ruinant du coup les espoirs des Aigles de Carthage (l’équipe nationale de Tunisie). C’est dire que la Tunisie lui a posé d’immenses problèmes avant de s’incliner.
L’on attendait, la nuit, au Caire, la deuxième demi-finale. Algérie-Nigeria a été aussi un long et dangereux suspense. Les Fennecs d’Algérie peuvent remercier Riyad Mahrez, auteur d’un magnifique coup franc à la dernière minute de jeu, alors que les deux formations étaient à égalité (1-1) et s’acheminaient vers une prolongation.
Revoilà donc le Sénégal encore en finale, après son unique finale disputée et perdue aux tirs au but face au Cameroun, en 2002 au Mali. Son espoir est de figurer pour la première fois au palmarès de la CAN.
L’hystérie collective s’est emparée des supporters des Lions de la Téranga qui ont fait la fête toute la nuit. Mais le parcours de leurs champions ne surprend guère. Bien avant le coup d’envoi de la compétition, ils étaient favoris malgré eux, en raison d’un effectif de haut niveau, un encadrement de qualité et d’un parcours sans faute lors des qualifications. Mieux, le Sénégal est la première nation africaine au classement FIFA.
Terminée aussi la traversée du désert pour l’Algérie. Vingt-neuf ans après sa dernière finale victorieuse (l’unique aussi), à domicile, en 1990. Pourtant jamais Coupe d’Afrique des nations n’avait aussi peu passionné les Algériens, réputés pour leur amour du sport-roi. Ils étaient plutôt engagés dans une autre bataille: dégager le régime politique en place et instaurer un régime plus démocratique dans leur pays. Au final ce n’était peut-être pas une mauvaise chose car l’équipe s’est sentie libérée d’une pression. On comprend aussi pourquoi les Algériens de Paris et de Marseille ont envahi  les Champs-Elysées et le Vieux port de la Canebière. Ils étaient ivres de joie, comme leurs compatriotes à Alger, Annaba ou Constantine! Jamais ces deux places n’avaient reçu autant d’Algériens par la passé. Succès oblige. L’étonnant? L’immense discipline dont ces masses de piétons et d’automobilistes victimes d’hystérie collective ont fait montre. Contrairement à l’autre jour où leur célébration a dégénéré après la qualification aux dépens de la Côte d’Ivoire. Ils ont fait des jaloux, dans l’Hexagone même. Ces derniers ont tenté de noircir leurs manifestations et demandé qu’elles soient interdites.
On ne sait pas ce qui va se passer le 19 juillet au Caire, mais l’on sait une chose: Sénégalais et Algériens ne dissimulent plus leur ambition de remporter le trophée. Le Sénégal acceptera-t-il encore une défaite, lui qui a perdu en match de poule devant le même adversaire et est vierge de tout titre continental? Mais l’Algérie n’entend pas moins relever lui aussi le défi. Pourvu que le football africain en sorte grandi et très auréolé…
Mais elle était inattendue, cette finale!

Jean ZENGABIO

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