CAN 2019 DE FOOT : L’Afrique cherche son roi en Egypte

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On y est! La compétition reine du continent démarre ce vendredi 21 juin en Egypte, pays désigné au pied levé il y a six mois à peine et frappé au début de cette semaine par la mort de son ancien  président, Mohamed Morsi. La compétition se jouera  dans un format new-look à 24 équipes et «en été». L’épopée se conclura au Caire le 19 juillet prochain par la désignation du successeur du Cameroun,  détenteur du trophée remporté au Gabon en 2017.


Mais ça n’est pas une première pour le pays des Pharaons. Il a déjà accueilli la CAN  à quatre reprises. En  1959, avec trois participants, en 1974 et en  1986 avec un quota porté à huit, et enfin, en 2006, dans le format à seize qui a prévalu de 1998, au Burkina Faso, à 2017, au Gabon.
Pourtant, à quelques heures du coup d’envoi de la compétition, difficile de savoir à quoi ressemblera exactement le millésime 2019 de l’épreuve. L’Egypte n’a eu que 158 jours pour se préparer à l’événement. Pour rappel, le 30 novembre 2018,  la CAF avait décidé de retirer l’organisation de l’événement au Cameroun, pays initialement désigné pour l’abriter, à cause de retards dans les travaux d’infrastructures, mais aussi à cause des menaces de Boko-Haram. Après un nouvel appel à candidatures, celle de l’Egypte a été préférée au détriment de celle d’Afrique du Sud qui faisait pourtant figure de favori.
Bien sûr, l’Egypte dispose d’infrastructures sportives, hôtelières et un réseau de transport parmi les plus modernes du continent. Six stades sont retenus, sans compter les terrains d’entraînement quotidien des équipes. Mais affirmer qu’il n’y aura pas de problème serait mentir. Il y a vingt-quatre équipes, cinquante-deux matchs, des centaines d’officiels, d’invités et de délégués et au moins un millier d’envoyés spéciaux.

La sécurité,  un enjeu

Au-delà de la logistique, la sécurité restera un axe majeur de l’organisation de la compétition. La situation en Egypte n’est pas particulièrement apaisée. Depuis 2013 et la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi (décédé lundi 17 juin 2019 à la suite d’un malaise devant un tribunal du Caire), le pays doit faire face à des groupes extrémistes très actifs, dont l’Etat islamique, principalement dans la péninsule du Sinaï au nord-est de l’Egypte. Déjà que le football est aussi facteurs de violence dans les stades du pays. Il n’y a qu’à se rappeler des heurts ayant fait au moins 74 morts au stade de Port-Saïd en 2012. Le retrait de la ville de Port-Saïd parmi celles retenues pour le déroulement de la compétition reflète l’ensemble de ces préoccupations.
Même si ces derniers temps des efforts sont mis sur la sécurité, qui peut prédire si les foules se déplaceront en masse quand l’Egypte ne joue pas… Et si elle ne dispute pas la finale?
C’est dans cet environnement que l’Egypte accueille la première Coupe d’Afrique des nations à 24 équipes, à une période où ses villes connaîtront de fortes chaleurs (pics de 40°) avec probabilité de pluies.
On souhaite malgré tout que cette CAN soit une réussite, et sportivement à la hauteur. Que le spectacle commence! Et que le meilleur gagne!

Guy-Saturnin
MAHOUNGOU