Mauvais temps à la CAF : Le président Ahmad Ahmad sur un siège éjectable !

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La Confédération africaine de football (CAF) est secouée par une série de très graves dysfonctionnements qui menacent sa crédibilité. Le mandat de son président, le Malgache Ahmad Ahmad, interpellé récemment à Paris par la police judiciaire pour une affaire de corruption présumée, n’est pas loin d’un coup de K.O, et il risque, à tout moment, d’être mis hors-course.


On a évoqué il y a quelques mois les dérives du président Ahmad Ahmad, accusé de corruption, d’autoritarisme et même de harcèlement sexuel. La série a continué. Le directeur financier de l’institution a été relevé de ses fonctions par Ahmad Ahmad au prétexte qu’il aurait refusé de se rendre à Rabat, au Maroc, avec toute la comptabilité de la CAF pour analyse par le président de la Commission des finances. Cette démarche n’est pas prévue, semble-t-il, dans les statuts.
Autre déviation, la Commission des finances ne s’est réunie qu’une seule fois depuis 2017. Est-ce pour ne pas mettre le doigt sur les agissements dispendieux du président de la CAF comme le soupçonnent ses adversaires? Peut-être.
Ce n’est pas fini. La part belle faite aux dirigeants marocains et le fait d’avoir créé le poste de coordonnateur confié à un Marocain, alors que cette fonction ne figure pas dans les statuts, attisent aussi des suspicions à Ahmad Ahmad. De même le fait de s’être entouré de proches ayant des démêlées judiciaires dans leurs pays pour crimes financiers, à l’exemple du 1er vice-président, un Nigérian.
Il faut souligner que les Marocains sont présents dans toutes les commissions permanentes. Les adversaires du patron de la CAF voient d’un mauvais œil leur présence massif dans l’organigramme de l’instance faîtière du football continental.  
Mais les dirigeants marocains, eux-aussi, soupçonnent le  président de la Commission des arbitres, un proche du Malgache, bien sûr, de favoriser les clubs tunisiens dans les compétitions continentales. Ils sont confortés dans leurs convictions par la décision de la CAF de rejouer la finale de la Ligue des champions. Pour maints observateurs, au-delà de son caractère insolite, c’est une décision qui peut créer un précédent dangereux dans le milieu du football africain. Si l’interruption du match avait été due à un cas de force majeure, l’on aurait encore pu comprendre. Mais que cela soit venu par suite de contestation et de refus de poursuivre la partie alors qu’il existe des textes en la matière, c’est un précédent qui peut faire jurisprudence et ouvrir la porte à bien des abus.
Alors, les contempteurs du président de la CAF s’interrogent: «Va-t-on longtemps encore laisser le football africain s’embourber dans les bas-fonds?» Ils en appellent à l’intervention de la FIFA, dont il n’est un secret pour personne qu’elle a pesé de tout son poids dans les élections à la tête de la CAF, en mars 2017, dont celle d’Ahmad Ahmad comme président. Pour eux, c’est à elle maintenant de prendre les choses en mains. «La situation est grave, très grave. Elle (la FIFA) doit exercer son droit et son devoir de tutelle, désigner un comité provisoire de direction pour une période de six mois et surseoir aux élections au Comité exécutif prévues le 18 juillet au Caire, à la veille de la finale de la CAN 2019», proposent-ils.
A signaler aussi que le dépôt des candidatures aux six postes à pourvoir fixé au 31 mai dernier n’était pas conforme aux statuts. L’article 18, paragraphe 5 stipule en effet que ces candidatures doivent parvenir au plus tard quatre-vingt-dix jours avant la date du scrutin. Or, entre le 31 mai et le 18 juillet, on n’en compte que quarante-huit! Voilà une violation de plus, argumentent-ils, qui milite pour le départ d’Ahmad Ahmad.

Jean ZENGABIO