A cinq mois de la CAN de handball féminin : Que peut faire Thierry Vincent?

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Un entraîneur français de handball a débarqué le 4 juillet dernier à Brazzaville. Son nom: Thierry Vincent. Il a été déniché à Toulon par la Fédération congolaise de handball (FECOHAND) qui lui a prescrit une mission précise: hisser les Diables-Rouges dames sur le podium de la Coupe d’Afrique des Nations féminine (Challenge Edith Lucie Bongo Ondimba) que le pays abritera, du 2 au 12 décembre 2018.


Thierry Vincent (58 ans) a une expérience d’entraîneur vieille de 36 ans. Il a entraîné pendant dix ans Toulon Saint-Cyr Var, l’une des meilleures équipes françaises avec laquelle il a presque tout gagné: championnat de Division 1 (2010), Champion’s League (2010), Coupe des Coupes (2010 et 2012), Coupe de France (2011).
Quand on lui a proposé de venir au Congo pour quelque temps, il a sauté sur l’occasion! «Nous nous sommes mis d’accord très rapidement, car j’avoue que j’étais très attiré par l’idée de m’occuper de l’équipe du Congo. Une équipe qui va accueillir la Coupe des Nations, c’est tentant, cela m’a attiré beaucoup», dit-il.
D’aucuns pourraient avancer des chiffres faramineux pour expliquer la décision soudaine du coach français de venir tenter sa chance à Brazzaville. Jean-Claude Ibovi, président de la FECOHAND, le défend et annonce: «J’ai été étonné qu’il se soit détaché des problèmes d’argent. La première chose qui l’a préoccupée est son projet et son plan qu’il nous a présentés.»

Je connais le handball africain
Thierry Vincent n’est pas dépaysé en venant au  Congo. Il avoue: «Je connais déjà le handball africain. De 2007 à 2011 j’ai été détaché pour entraîner la Côte d’Ivoire avec laquelle j’ai rencontré le Congo deux fois et réussi de bonnes performances: médaille de bronze aux Jeux africains 2007; médaille d’argent à la CAN 2008; qualification pour le Championnat du monde en Chine en 2009; médaille de bronze à la CAN 2010; championnat du monde 2014 au Brésil». Il compte bien renouveler ces hauts faits au Congo.
L’ex-entraîneur de Toulon a un plan de bataille. Un tournoi international va se dérouler à Brazzaville, du 18 au 22 juillet à Brazzaville (Angola, Congo, probablement le Cameroun et la RDC). Il y a mieux. «Grâce à mes réseaux et mes entrées, j’ai déjà conclu un stage qui débutera le 20 septembre et finira le 30 septembre en Hongrie avec plusieurs matches à disputer», précise Thierry Vincent.

Carte blanche
Le Français est formel concernant sa liberté des choix: «On m’a, évidemment, laissé carte blanche pour le choix des joueuses. Le président a du caractère; c’est un homme de conviction, mais il aura en face de lui un manager pareil à qui on n’imposera pas les joueuses».
Le nouveau patron des Diables-Rouges dames peut-il être le faiseur de miracles que tous attendent à cinq mois du coup d’envoi de la compétition?
En sa faveur, un passé qui plaide pour lui, une assez bonne connaissance du handball international, une sincérité apparente et un désir de bien faire.
Contre lui peut-être: le temps, trop court, même s’il se targue d’être l’homme de la situation. «Si je suis là c’est que je pense  que le podium est possible. Evidemment, si on avait eu un an et demi, ç’aurait été mieux, deux ans, ç’aurait été encore mieux. On n’a que cinq mois. Ce n’est pas un challenge qui me fait peur, mais je ne vous dis pas aujourd’hui qu’on sera champion. Mais on va travailler pour essayer d’être champion d’Afrique ou vice-champion ou numéro 3, puisque j’ai compris que n°4 il ne fallait pas. Je me donnerai les moyens de réussir»
En vérité, il faut au handball féminin congolais un chef de commando pour l’opération «CAN». Thierry sera-t-il celui qui réussira à dynamiser une équipe qui court après sa gloire passée depuis 1985? Réponse le 12 décembre…

Guy-Saturnin MAHOUNGOU

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